KITZ Frank

Né le 7 juin 1849 à Londres ; mort le 9 janvier 1923 à Londres ; socialiste.

L’enfance de Francis Platt (connu sous son nom d’emprunt de Frank Kitz) s’est déroulée dans la pauvreté. Enfant illégitime de Mary Platt et d’un horloger nommé John Lewis, il fait un apprentissage de teinturier-dégraisseur, puis parcourt la Grande-Bretagne en quête de travail, avant de revenir s’installer définitivement à Londres. Dès son jeune âge, il s’était intéressé aux idées radicales et dans les années 1870 il fréquente les clubs avancés de la capitale. En 1874, Kitz est élu secrétaire d’une association démocratique et, l’année suivante, de la Ligue pour le suffrage universel masculin (Manhood Suffrage League) qui vient de se créer. Il est de ceux qui contribuent au glissement de la gauche radicale de Londres vers le socialisme : c’est ainsi qu’il participe au lancement de plusieurs groupes révolutionnaires, le plus célèbre étant la section anglaise du Club social-démocrate de Rose street à Soho qu’il fonde en 1877. Il est aussi un des délégués auprès du Congrès révolutionnaire international qui se tient à Londres en 1881. Cette année-là, on le trouve secrétaire du comité de défense de Freiheit (liberté) fondé par l’éditeur de Die Freiheit, Johann Most, emprisonné pour avoir applaudi à l’assassinat du tsar ; c’est aussi lui qui publie l’éphémère version anglaise de Freiheit. En 1882, il s’associe à Joseph Lane* et à d’autres socialistes de l’East End pour créer la Ligue pour l’émancipation ouvrière (Labour Emancipation League) qui pendant quelques années va occuper une place prépondérante parmi les organisations socialistes de Londres.

Militant actif de ces multiples groupes, il n’adhère pas à la Social Democratic Federation mais en 1885 il rejoint la fraction qui fait sécession pour fonder la Socialist League. Il siège au conseil de la Ligue pendant cinq ans et fait partie de sa fraction antiparlementariste. Actif propagandiste et bon orateur, réputé pour ses écrits de tendance libertaire, adepte des meetings de plein air, il plaide sans relâche pour le droit à la libre parole, pour l’organisation collective et pour l’action directe (il travaille aussi dans la fabrique de William Morris* de Merton Abbey). Pendant trois ans, de 1888 à 1891, Kitz est le secrétaire de la Socialist League et, de 1890 à 1891, le coéditeur du périodique du mouvement, le Commonwealth (Le bien commun). En 1889, c’est Kitz qui représente la Ligue au congrès socialiste international de Paris. Mais à partir de 1891, il se retire de la vie politique. Il réapparaîtra toutefois vingt ans plus tard comme animateur du syndicalisme révolutionnaire, de 1909 à 1912, avant d’achever sa vie dans l’indigence.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75686, notice KITZ Frank, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 7 septembre 2016.

ŒUVRE ET BIBLIOGRAPHIE : « Recollections and Reflections » (Souvenirs et commentaires), Freedom, janvier-juillet 1912 (réédité sous forme de brochure, Londres, 1976). — Mémoires manuscrits de Joseph Lane (Collection Nettlau, Institut international d’histoire sociale, Amsterdam) et d’Ambrose Barker (Musée de Vestry House, Walthamstow, Londres). — Justice, 18 janvier 1923 (notice nécrologique de J[ohn] M[ahon]. — Cf. également la bibliographie de Joseph Lane*, p. 87-88 et John Couail, The Slow Burning Fuse, Londres, 1978.

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