HODGE John

Né le 29 octobre 1855 à Muirkirk, Ayrshire, Ecosse ; mort le 10 août 1937 à Bexhill-on-Sea, Sussex ; trade-unioniste, député.

Fils d’un ouvrier puddleur, John Hodge reçut une instruction très poussée pour son milieu ; il réussit l’examen d’élève-maître, mais son jeune âge (il n’a pas encore treize ans) empêche qu’il soit admis. Pendant plusieurs années, il s’essaie à divers métiers avant de se fixer dans la métallurgie où il devient fondeur.

Hodge a trente ans quand il se lance dans l’action ouvrière. En 1886 est créée la British Smelters’ Association (Association britannique des fondeurs) dont Hodge est le secrétaire bénévole avec l’aide de sa femme, Mary. Au bout de six mois, les fondeurs écossais dans leur très grande majorité ont adhéré à l’association. Jusque-là, les fondeurs travaillaient jusqu’à soixante-dix heures par semaine et leur salaire était calculé sur la base de cinq shillings neuf pence à huit shillings six pence et demi pour une journée de douze heures. Le syndicat remporte sa première victoire en obtenant le remplacement des deux équipes quotidiennes de douze heures par trois équipes de huit heures chacune. Son second succès, c’est l’amélioration des salaires, ceux-ci étant calculés désormais d’après le prix de vente de l’acier. La réussite de l’union en Écosse lui permet de s’étendre en Angleterre et au pays de Galles et même d’intégrer des métiers voisins, tels les étameurs gallois qui s’organisent efficacement.

En 1892, le Congrès du TUC se réunit à Glasgow sous la présidence de Hodge, qui est alors président de la Bourse du Travail de la ville. Cette année-là, la BSA s’installe à Manchester et Hodge la suit. En 1906, il s’établit à Londres lorsque l’Union décidera de se fixer dans la capitale. A Manchester comme à Glasgow, Hodge est membre du conseil municipal.

La Première Guerre mondiale est une période propice à la fusion des divers syndicats de l’industrie du fer et de l’acier et Hodge joue un rôle de premier plan dans ce processus. Il devient le premier président du BISAKTF (British Iron, Steel and Kindred Trades Federation), confédération des métiers de la métallurgie faisant office de mutuelle ; il est aussi à la tête de la confédération du fer et de l’acier (Iron and Steel Trades Confederation) dont l’objet est de conduire les négociations professionnelles et de traiter des problèmes légaux ; il conserve ces deux présidences jusqu’à sa retraite en 1931.

Dès le début de sa carrière de syndicaliste, Hodge avait été un partisan convaincu de la conciliation et de l’arbitrage ; il juge plus profitable de coopérer avec le patronat chaque fois que c’est possible, car il redoute les conflits du travail. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, devenu l’un des grands leaders du trade-unionisme, Hodge se range parmi les modérés. C’est ainsi qu’en 1926, il se montre hostile à la participation de son union à la grève générale – à ses yeux, une grève anticonstitutionnelle. A l’issue du conflit, il déploie tous ses efforts pour réconcilier les syndicats avec le patronat de la sidérurgie, sa force résidant non seulement dans son naturel prudent, mais dans sa connaissance exceptionnelle de l’industrie de l’acier et dans sa croyance en la négociation collective.

Sur le plan politique, Hodge avait été marqué à la fois par le livre d’Henry George, Progrès et Pauvreté et par les idées de Keir Hardie*. En 1900, il joue un certain rôle dans la création du Labour Representation Committee (Comité pour la représentation du travail). Après s’être présenté sans succès à Preston aux élections législatives de 1900, puis dans une élection partielle en 1903, il emporte, en 1906 le siège de Gorton – une circonscription de Manchester – qu’il conserve jusqu’en 1923.

Pendant la guerre, il est le premier titulaire du ministère du Travail créé dans le gouvernement d’union nationale (1916-1917) ; il est ensuite nommé ministre des Pensions (1917-1919). Hodge n’a jamais passé pour un socialiste ardent et il comptait surtout sur une bonne législation et sur les progrès de l’éducation pour faire aboutir ses espoirs.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75651, notice HODGE John, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : Workman ‘s Cottage to Windsor Castle (Du logement ouvrier au château de Windsor), Londres, 1931.

BIBLIOGRAPHIE : A. Pugh, Men of Steel, Londres, 1951. — B.C. Roberts, The Trades Union Congress, 1868-1921, Londres, 1958. — M. Cowling, The Impact of Labour, 1920-1924, Cambridge, 1971. — Dictionary of National Biography, 1931-1940. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. III.

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