HOBSON Samuel George

Né le 4 février 1870 à Bessbrook, près de Newry, comté Down, Irlande ; mort dans les premiers jours de janvier 1940 à Dunstable, Bedfordshire ; théoricien du socialisme de guilde.

À la naissance de Samuel Hobson, son père dirigeait une manufacture de lin en Irlande, mais la famille regagne l’Angleterre au début des années 1880. Du côté paternel l’on était quaker tandis que le grand-père maternel d’Hobson appartenait au méthodisme primitif. Hobson fit ses études dans des collèges quakers. Très jeune, il est influencé par les « Essais fabiens », publiés en 1889 et il adhère à la Société fabienne dès 1891. Deux ans plus tard, on le compte parmi les fondateurs du Parti indépendant du travail (Independent Labour Party), première ébauche du parti travailliste. Hobson collabore étroitement avec Keir Hardie*, personnalité dominante de l’ILP ; il écrit dans le Labour Leader, l’organe de l’ILP et enfin il se présente comme candidat ILP – pour la circonscription de Bristol-Est – aux élections législatives de 1895, mais il est battu comme les vingt-sept autres socialistes présentés par l’ILP (il sera de nouveau candidat malchanceux à Rochdale en 1906). En 1900, Hobson entre au comité exécutif de la Fabian Society ; il en démissionnera dix ans plus tard.

En fait, c’est au « socialisme de guilde » que le nom d’Hobson est surtout attaché. Apparu dans les années qui précèdent la Première Guerre mondiale, le Guild Socialism s’en prend avec une égale vigueur à la bureaucratisation prônée par les fabiens, à l’embourgeoisement du Labour et à la rigidité du collectivisme marxiste. Hobson se lie avec A.R. Orage* et devient un collaborateur régulier de l’hebdomadaire New Age (1907-1914). Pour Hobson la guilde (ou corporation), sorte d’unité de production autogérée, doit remplacer dans l’entreprise le système de production capitaliste qui ne fait qu’opprimer les travailleurs.

Au lendemain de la guerre, Hobson consacre l’essentiel de son activité à tenter de mettre en pratique les principes du Guild Socialism. Par exemple, il est à l’origine du mouvement des guildes du bâtiment. Après l’échec de ce mouvement, Hobson ne renonce pas à l’idée de bâtir une nouvelle démocratie industrielle et il continue d’écrire des brochures et des ouvrages pour propager ses thèses, mais sans trouver d’audience auprès des ouvriers qui ne s’intéressent plus guère, à cette époque, à l’autogestion. Juste avant sa mort, Hobson publie sous le titre de « Pèlerin de la gauche » une autobiographie pleine d’intérêt (1938).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75650, notice HOBSON Samuel George, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : National Guilds : An Enquiry into the Wage System, and the Way Out (Les guildes nationales : enquête sur le salariat et comment en sortir), A.R. Orage, éd., Londres, 1914. — Guild Principles in War and Peace (Les principes de la guilde en temps de paix et de guerre), Londres, 1917. — National Guilds and the State (Les guildes nationales et l’État), Londres, 1920. — The House of Industry : A New Estate of the Realm (Un nouvel État, l’industrie), Londres, 1931. —Functional Socialism (Socialisme fonctionnel), Londres, 1936. — Pilgrim to the Left : Memoirs of a Modem Revolutionist (Pèlerin de la gauche : souvenirs d’un révolutionnaire contemporain), Londres, 1938.

BIBLIOGRAPHIE : G.D.H. Cole, The World of Labour, Londres, 1913. — G.C. Field, Guild Socialism, Londres, 1920. — M. Cole, The Story of Fabian Socialism, Londres, 1961. — W. Martin, The New Age under Orage, Manchester, 1967. — F. Matthews, « The Building Guilds » in Essays in Labour History 1886-1923, A. Briggs et J. Saville eds, Londres, 1971.

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