HEALEY Denis Winston

Né le 30 août 1917 à Mottingham, Kent ; homme d’État travailliste.

Après des études secondaires à la grammar school de Bradford, Denis Healey est admis à Oxford en 1936 comme étudiant de Balliol College. Gagné au socialisme durant ses études universitaires, il s’inscrit même pendant quelque temps au groupe des étudiants communistes. Mobilisé à la déclaration de la guerre, Healey sert dans un régiment du génie et est envoyé en Afrique du Nord, puis en Italie, et termine la guerre avec le grade de commandant. Il se lance alors dans la politique et se présente aux élections législatives de 1945 comme candidat travailliste. Il est battu mais il se voit confier un poste au bureau des affaires internationales du parti où il subit la forte influence de Bevin*. Lorsqu’en février 1952, il est élu député d’une circonscription de Leeds, Healey a déjà répudié ses convictions marxistes et il partage les vues de Gaitskell* qui le prendra comme porte-parole pour les Affaires étrangères dans son Cabinet fantôme en 1959.

Après le succès travailliste aux élections de 1964, Healey reçoit le portefeuille de la Défense. Pendant six ans, il dirige avec succès ce ministère, où il opère une réduction des forces armées de 425 000 à 375 000 hommes, tout en améliorant leur efficacité. Très attaché à la sécurité européenne et à l’alliance Atlantique, il réussit par ailleurs à mettre fin aux engagements britanniques en Asie et en Extrême-Orient (« à l’Est de Suez »).

Au retour des travaillistes au pouvoir en 1974, Healey est nommé chancelier de l’Échiquier — poste de premier plan souvent considéré comme l’antichambre de Downing Street. Mais lorsque Harold Wilson* abandonne son poste de Premier ministre en mars 1976, Healey, candidat à la direction du Labour, est largement battu par Callaghan*. Celui-ci, qui appartient comme Healey à l’aile droite du parti, confirme Healey dans ses fonctions de chancelier de l’Échiquier. A ce poste Healey tente de faire face à l’inflation en pratiquant une politique des revenus. Mais les élections de 1979 sont désastreuses pour les travaillistes et Healey retourne dans l’opposition. Distancé par Michael Foot* pour la direction du parti, il est élu leader adjoint en octobre 1981 à l’issue d’une bataille acharnée contre Tony Benn*.

Mais Roy Hattersley le remplace à ce poste en 1983.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75642, notice HEALEY Denis Winston, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : The Curtain Falls (Le rideau tombe), Londres, 1951. — Neutralism (Le neutralisme), Londres, 1955. — Healey, qui fait partie du mouvement fabien, a publié plusieurs brochures, notamment A Neutral Belt in Europe ? (Une zone neutre en Europe ?), tract fabien n° 311, 1958 et The Race against the H-Bomb (Opposition à la bombe H), tract fabien n° 322, 1960.

BIBLIOGRAPHIE : Current Biography, New York, décembre 1967, 17-19. — B. Reed et G. Williams, Denis Healey and the Policies of Power, Londres, 1971. — L. Minkin, The Labour Party Conference, Londres, 1978. — Who’s Who. — On peut consulter aussi : The Diaries of a Cabinet Minister [R. Crossman], J. Morgan éd., Londres, 1975-1977. — The Backbench Diaries of Richard Crossman, Londres, 1931. — P.M. Williams, Hugh Gaitskell : a political biography, Londres, 1979. — B. Castle, The Castle Diaries, 1974-1976, Londres, 1980. — S. Barnes, Tony Crossland, Londres, 1982.

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