HAINRY Paul, Joseph

Par Jacques Cousin

Né le 22 janvier 1920 à Retiers (Ille-et-Vilaine), mort le 13 janvier 2007 à Angers (Maine-et-Loire) ; instituteur en Mayenne ; militant syndicaliste de la section départementale du Syndicat national des instituteurs ; militant communiste, puis socialiste, maire de Voutré (Mayenne) 1965-1996.

Paul Hainry perdit très tôt ses parents, domestiques dans une maison bourgeoise et fut tuteur de sa sœur cadette pendant dix ans. Après des études primaires de 1926 à 1932 à l’école de Retiers, il effectua ses études secondaires de 1932 à 1936 au cours complémentaire de Janzé (Ille-et-Vilaine), puis à l’école primaire supérieure et professionnelle de Guingamp (Côtes-du-Nord) de 1936 à 1939. Après des débuts comme instituteur intérimaire à Thuboeuf (Mayenne) de septembre 1939 à mai 1940, il effectua toute sa carrière d’instituteur dans le département.

Hainry fut mobilisé en mai 1940, au 507e régiment de chars de combat en garnison à Vannes et mis en dépôt dans une ancienne abbaye désaffectée à Billiers, à l’embouchure de la Vilaine. Fait prisonnier sur parole par des motards allemands, il réussit à s’échapper et revint à pied chez lui où il fut démobilisé par la gendarmerie locale. Après s’être marié, il resta en Mayenne où on lui confia la direction par intérim de l’école de Voutré. Secrétaire de mairie du village à compter du 1er janvier 1942, il participa aux distributions de tickets d’alimentation et à l’accueil des réfugiés de l’Aisne, de Lorient et de Nantes, aidant le maire à minimiser les réquisitions de l’armée allemande, camouflant les réfractaires, fournissant de faux-papiers, fermant les yeux sur les évadés, affichant les tracts clandestins.L’administration académique le sauva du Service du travail obligatoire en l’envoyant au Centre régional d’éducation physique et sportive en Touraine.

Hainry entra alors dans la résistance mayennaise. Il appartenait à un groupe Front-National-Francs-tireurs partisans français de la région de Voutré. Il en prit la tête et participa, avec quelques autres, à des tentatives de sabotage de wagons-citernes transportant du carburant. Le bombardement de Mayenne, le 9 juin 1944, décima sa famille (quatre victimes dont sa première femme). Il participa activement, en tant que FN-FTPF, avec ses amis FFI, à la libération de Voutré, le 8 août 1944, puis collabora avec la police américaine à la récupération d’armes allemandes. Le 1er septembre 1944, il signa avec 25 autres Voutréens un engagement pour la durée de la guerre en France. Ils formèrent une section de la 5e compagnie FFI de la Mayenne. Il suivit ensuite l’école des cadres de Cholet, avec la promotion Guy Môquet qu’il parraina. Il résilia son engagement dans l’armée, au début de juillet 1945.
Hainry, membre des jeunesses communistes de 1936 à 1938, du Parti communiste en 1938, de l’Union de la jeunesse républicaine de France de 1945 à 1950 (groupe Fabien), milita au Parti communiste français jusqu’en 1968. Son influence dans le PCF lui valut de recevoir à Voutré, village à forte population ouvrière, de nombreux élus communistes dans des réunions publiques, notamment en période électorale : Jean Chaintron, sénateur, René Camphin, député du Nord, Dassonville, député du Pas-de-Calais, Daniel Trellu et Alain Signor, députés du Finistère ou Jean Primet, conseiller de la République de la Mayenne. Secrétaire de cellule et membre du comité fédéral (selon son témoignage qui diffère des données des archives du PCF), Hainry quitta le PCF au moment de l’entrée des tanks soviétiques dans Prague. Il adhéra, à partir de 1968, au groupe des élus socialistes et républicains mayennais.

Élu conseiller municipal de Voutré sur une liste d’Union républicaine et résistante en 1945, Hainry resta adjoint de 1947 à 1965 et maire de 1965 à 1996. Après avoir démissionné en 1996, il demeura toutefois conseiller municipal.

Hainry, candidat aux élections au Conseil général dans le canton d’Evron du 20 mars 1949 sous l’étiquette « candidat d’Union républicaine, résistante et antifasciste, de défense laïque », fut battu la première fois par un candidat indépendant paysan. Il fut à nouveau candidat en 1976 et le 14 mars 1982, au nom de la majorité présidentielle et de l’union de la gauche et fut battu par un candidat du RPR.

Membre au SNI depuis 1939, Hainry fut élu au conseil syndical de la section de la Mayenne le 22 novembre 1954, sur une liste unitaire regroupant les trois tendances, mais appartenait au groupe des ex-cégétistes devenu plus tard « Unité et Action ». Il démissionna par lettre de ses postes de conseiller syndical et de correspondant cantonal le 20 octobre 1956 en raison « de ses différentes fonctions dans les amicales et le milieu associatif local ». Il se déclarait alors partisan d’un renouvellement automatique, tous les deux ans, des mandats syndicaux électifs.

Après le décès de sa première épouse pendant les bombardements de Mayenne (Mayenne) par les Américains, Hainry se remaria en avril 1946 à Voutré. Le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75624, notice HAINRY Paul, Joseph par Jacques Cousin, version mise en ligne le 3 janvier 2010, dernière modification le 3 janvier 2010.

Par Jacques Cousin

SOURCES - Arch. Dép. Mayenne, Fonds de la section départementale du SNI-PEGC, La Voix Syndicale. — Francis Robin, La Mayenne de 1940 à 1944, archives départementales de la Mayenne, 1997. — Témoignage de Paul Hainry.

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