LAMPE Maurice [LAMPE Alphonse, Ernest, Maurice] (version DBK)

Par Claude Pennetier

Né le 23 août 1900 à Roubaix (Nord), mort le 13 mai 1979 à Fleury-Mérogis (Essonne) ; ajusteur-mécanicien ; secrétaire de la Région communiste Paris-Ville (1933-1936) ; élu à la commission de contrôle des finances du PCF en 1937 ; commissaire politique des Brigades internationales en Espagne.

Maurice Lampe était le fils d’un chef d’atelier en mécanique de Roubaix, décédé en 1925, et d’une mère ouvrière textile. Ce dernier était, avant 1914, un « guesdiste ardent ». Après sa scolarité primaire il suivit des cours du soir en dessin-mécanique. Il acquit quelques connaissances en allemand. Il commença à travailler en usine en 1912. Il fit son service militaire comme matelot mécanicien breveté 2e classe. En 1919, jeune marin sur le Gueydon en rade d’Arkangelsk lors du blocus de la Russie, il fit partie des soldats qui refusèrent d’utiliser leurs armes contre les adolescents russes qui pillaient les provisions des troupes alliées. Les trois bateaux français présents hissèrent le drapeau rouge et refusèrent de tirer sur le sol russe. Les marins furent incarcérés à leur arrivée en France.

Après son service militaire, il travailla à la STCRP à l’Atelier dépôt des Lilas. Il épousa, le 10 mai 1924 à Saint-Mandé (Seine), Yvonne Bard qui travailla en bureaux puis à l’usine Pathé de Vincennes jusque 1926. Elle adhéra au Parti communiste et fut trésorière de cellule et de rayon avant de cesser de militer pour raisons de santé.

De 1912 à 1932, Maurice Lampe ne cessa de travailler en usine. En 1922, il adhéra au Syndicat unitaire des Métaux de Montreuil dont il devint secrétaire de la section locale puis devint membre en octobre 1924 du Parti communiste à la section de Saint-Mandé après une réunion de sympathisants. Il fut ensuite successivement secrétaire du sous-rayon de Montreuil de 1926 à mars 1932, membre du comité du 2e rayon de 1927 à 1931 et, en avril 1932, secrétaire permanent de ce 2e rayon. Puis il fut désigné par le comité central comme secrétaire permanent de la Région Paris-Ville, nomination confirmée après une conférence régionale par le comité régional. Il travaillait en coopération avec Georges Beaugrand*.

Le congrès d’Arles (25-29 décembre 1937) l’élut à la commission de contrôle des finances.

Il était alors combattant en Espagne. Le 18 novembre 1936, il avait accompagné, au départ de la gare de Lyon, le train spécial qui emmena un millier de volontaires en Espagne républicaine. Lampe joua un rôle de premier plan à Albacete et fut même, de juin au 16 décembre 1937, le successeur d’André Marty* et de François Billoux* à la direction des Brigades internationales. Il partageait cette fonction avec l’Allemand Franz Dahlem*. Pendant son séjour en Espagne, sa femme était permanente au secrétariat de la Région Paris-Ville.

Revenu en France en 1939, Lampe travailla chez Renault d’où il fut licencié le 23 octobre 1939 pour propagande communiste.
Une perquisition à son domicile le 6 mars 1941 est signalée comme infructueuse. Il était alors domicilié rue Tampon à Montreuil.
Il fut arrêté le 7 novembre 1941 à Paris, au cours d’un rendez-vous clandestin, par la première brigade mobile en collaboration directe avec les services de la préfecture de police, en même temps que sept autres militants : Maurice Gunsbourg, Jean Lolive, Gaston Garnier, Louis Frébault, René Sahors, Jean Serres et Émile Kellner.

Il séjourna, semble-t-il, aux prisons de Fontevrault et Blois, puis fut déporté à Mauthausen (Allemagne), le 22 mars 1944 , où il appartint au triangle de direction communiste avec Frédéric Ricol* et Octave Rabaté*. Il fut déporté vers Mauthausen d’où il fut libéré le 22 avril 1945.

Rapatrié le 30 avril 1945, il revint à Saint-Mandé en 1945-1946, avant d’habiter Paris VIe. Laurent Casanova*, ministre communiste des anciens combattants en 1946, le choisit comme directeur de cabinet. Il prit ensuite la direction de la Fédération des déportés. Selon Pierre Daix, il perdit brutalement cette responsabilité en 1950.

Il s’était marié et le 13 janvier 1951 à Paris (XVe arr.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75604, notice LAMPE Maurice [LAMPE Alphonse, Ernest, Maurice] (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 décembre 2009, dernière modification le 18 février 2011.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 19 (autobiographie du 27 juillet 1933 et note de la Commission des Cadres). — Arch. PPo., BA 2447 et activités communistes pendant l’Occupation, carton 11 (Jean-Pierre Besse).—La Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Le livre mémorial...op.cit.
Notice par J. Maitron et Cl. Pennetier, DBMOF.

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