HALLIDAY Thomas

Né le 18 juillet 1835 à Prestolee, près de Bolton, Lancashire ; mort le 24 novembre 1919 à Cardiff ; dirigeant mineur.

Thomas Halliday n’avait pas trois ans lorsque son père mourut victime d’un accident de la mine. Mineur à son tour dès l’âge de huit ans, il travaille au fond pendant dix-neuf ans. En 1863, il participe à la fondation d’un syndicat de mineurs pour le district de Farnworth et Kearsley (Bolton), syndicat dont il devient très vite le permanent. À la fin des années 1860 (1869), on crée le syndicat unifié des mineurs (Amalgamated Association of Miners, AAM) dont Halliday prend la tête et qui entre en concurrence avec l’union nationale des mineurs (Miners’ National Union, MNU) d’Alexander Macdonald*. Plus dynamique, l’AAM prétendait être une organisation militante et centralisée capable de lancer des grèves et de distribuer à l’échelle nationale des allocations aux grévistes.

Au début des années 1870, Halliday mène avec William Brown des campagnes persévérantes dans les vallées minières du sud du pays de Galles. Les circonstances sont alors favorables à l’action ouvrière, du fait de la demande croissante de charbon et des besoins de main-d’œuvre d’où les revendications de salaires, et plusieurs grèves et lock-outs dans lesquels le syndicat joue un rôle actif entre 1871 et 1875. D’autres dirigeants mineurs s’associent au mouvement, notamment William Abraham* (mieux connu sous le nom gallois de Mabon) et David Morgan*. Mais à partir de l’été 1873, c’en est fini de la prospérité des mines qui avait profité aux salariés et à leurs organisations. Du coup la puissance de l’AAM décline. À quoi s’ajoute l’affaiblissement de ses réserves, provoqué par les allocations versées aux grévistes lors de plusieurs grèves successives. En 1875 l’AAM fait banqueroute et est absorbée par la Miners’ National Union. La même année est introduite la pratique de l’échelle mobile des salaires à la place des conventions collectives, ce qui a pour conséquence d’éliminer le syndicalisme des vallées minières du Sud-Galles pour un quart de siècle. Après l’échec en 1877 d’une ultime tentative pour faire revivre l’AAM avec Halliday comme président et Mabon comme secrétaire, il faudra attendre la fondation, en 1898, de la Fédération des mineurs du Sud-Galles (South Wales Miners’ Federation) pour que l’action ouvrière reprenne vraiment dans les bassins gallois. -_

En 1874, Halliday s’était présenté aux élections législatives comme candidat ouvrier dans la circonscription de Merthyr Tydfil : sans réussir à emporter le siège, il obtient 4 912 voix - un total plus qu’honorable pour un candidat du monde du travail. Vers 1877, Halliday se retire de l’action syndicale pour tenter sa chance dans le petit commerce. Il passe les dernières années de sa vie à vendre de modestes fournitures (huile, corde, etc.) autour des puits de mine. Malgré son ignorance du gallois, il a exercé une influence considérable auprès des mineurs du Sud-Galles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75481, notice HALLIDAY Thomas, version mise en ligne le 15 décembre 2009, dernière modification le 15 décembre 2009.

BIBLIOGRAPHIE : N. Edwards, The History of the South Wales Miners, Londres, 1920. — E.W. Evans, The Miners of South Wales, Cardiff, 1961. — R. Harrison éd., Independent Collier : The Coal Miner as Archetypal Proletarian Reconsidered, Hassocks, 1978. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. III.

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