GREVILLE Frances Evelyn comtesse de Warwick

Née le 10 décembre 1861 à Londres ; morte le 26 juillet 1938 à Easton Lodge, Dunmow, Essex ; socialiste.

Née Frances Maynard, « Daisy », Lady Warwick a commencé par une carrière de femme du monde célèbre pour sa beauté et ses succès. Cette riche héritière, mariée à vingt ans à Francis Greville, Lord Brooke (devenu comte de Warwick en 1893) a été pendant plusieurs années la maîtresse favorite du prince de Galles (le futur Edouard VII). Passionnée de vie mondaine, Lady Warwick mène alors grand train, toute aux plaisirs frivoles de la belle époque. Son mari ayant hérité du splendide château de Warwick, elle donne là en 1895 un bal fastueux, dont l’extravagance lui vaut les critiques violentes du Clarion de Blatchford*. Lady Warwick rencontre alors Blatchford et sous son influence se convertit peu à peu aux idées socialistes. Désormais, sans renoncer à son milieu ni à son rang, elle va servir la cause du socialisme. Elle fait en 1903 la connaissance de Hyndman* et adhère à la Social Democratic Federation. Elle apporte au mouvement un important soutien financier et n’hésite pas à prendre la parole dans les réunions publiques.

Parmi les multiples problèmes auxquels elle s’intéresse désormais, on peut citer notamment celui des repas pour les écoliers nécessiteux. Elle joue un grand rôle dans la campagne qui aboutit à la loi de 1906, autorisant les municipalités à ouvrir des cantines scolaires.

Par ailleurs, elle apporte sa caution à son voisin, Joseph Arch*, le pionnier du syndicalisme agricole devenu député libéral dont elle éditera les mémoires. Pour sa part, elle fonde à Dunmow, dans l’Essex, une école technique destinée à fournir à la fois un enseignement de niveau secondaire et une formation agronomique. Elle crée ensuite à Studley Castle (Warwickshire) le premier collège féminin d’horticulture et d’agriculture.

Après la Première guerre mondiale, Lady Warwick se lance dans la politique et se présente aux élections législatives de 1923 comme candidate travailliste pour la circonscription de Warwick et Leamington ; elle est battue par le candidat conservateur, beau-frère de son fils aîné, Anthony Eden. Après la mort de son mari, elle offre au Labour Party, en 1925, la résidence d’Easton Lodge pour y installer une université socialiste internationale, inspirée de Ruskin College à Oxford. Mais le projet échoue car le TUC n’arrive pas à recueillir les fonds nécessaires ; cependant cette résidence continue d’être utilisée par le Labour pour des sessions de formation et des week-end de travail.

Bien qu’elle ait consacré ses dernières années à écrire ses mémoires, Lady Warwick demeure fidèle à ses opinions socialistes et continue d’apporter son soutien aux activités du parti.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75444, notice GREVILLE Frances Evelyn comtesse de Warwick, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 5 août 2016.

ŒUVRE : A Woman and the War (Réflexions d’une femme sur la guerre), Londres, 1916. — Life’s Ebb and Flow (Ainsi va la vie), Londres, 1929. — Afterthoughts (Post-scriptum), Londres, 1931.

BIBLIOGRAPHIE : R.H. Nevill, Life and Letters of Lady Dorothy Nevill, Londres, 1919. — G. Tsuzuki, H.M. Hyndman and British Socialism, Oxford, 1961. — M. Blunden, The Countess of Warwick, Londres, 1967. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. V.

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