GREENWOOD Arthur

Né le 8 février 1880 à Hunslet, Leeds ; mort le 9 juin 1954 à Londres ; député et ministre travailliste.

Fils d’un peintre-décorateur, Greenwood obtient une bourse pour achever ses études secondaires et entre comme élève-maître au Yorkshire College de Leeds (qui deviendra l’Université de Leeds). Diplômé, il enseigne pendant plusieurs années dans diverses écoles avant d’être chargé de cours en 1913 à l’université de Leeds. Pendant toute cette période, Greenwood consacre ses heures de liberté à l’enseignement des adultes et il se passionne pour la Workers’ Educational Association (WEA). On lui confie la présidence du district du Yorkshire. Plus tard, il sera vice-président de la WEA au plan national.

Au cours de la Première guerre mondiale, Greenwood occupe un poste dans le « secrétariat » de Lloyd George ; il est rattaché au ministère de la Reconstruction. A partir de 1920, Greenwood fait partie de l’état-major du Parti travailliste à Londres. Candidat malchanceux aux élections législatives de 1918, il est élu en 1922 dans le Lancashire (circonscription de Nelson et Colne). Quand le premier gouvernement travailliste est constitué en 1924, Greenwood occupe le poste de sous-secrétaire (parliamentary secretary) du ministère de la Santé. En 1929, dans le deuxième gouvernement Labour, il est nommé ministre de la Santé.

Battu aux élections de 1931, Greenwood revient aux Communes l’année suivante comme député de Wakefield (Yorkshire). Favorisé par le fait que le groupe parlementaire travailliste de 1931 à 1935 manque de personnalités fortes, Greenwood acquiert une stature de dirigeant national. Lorsqu’en 1935 Attlee* est élu leader du parti à la place de Lansbury*, Greenwood devient son fidèle second, avec rang de leader adjoint (deputy leader). Au temps de la politique d’apaisement de Chamberlain, il attaque à maintes reprises le gouvernement conservateur. En 1940, quand Churchill forme son gouvernement de coalition où entrent les chefs travaillistes, Greenwood devient ministre sans portefeuille et membre du Cabinet de guerre. Mais il ne réussit guère dans ses fonctions et quitte le Cabinet en 1942. Toutefois, c’est à son action que l’on doit le comité d’enquête qui est à l’origine du fameux rapport Beveridge sur la sécurité sociale.

En dépit de ses défaillances — dues pour une part à un goût trop prononcé pour la boisson — Greenwood est ministre dans le gouvernement Attlee de 1945 mais il démissionne en 1947. Si son absence d’ambition l’a empêché de faire une brillante carrière, sa loyauté envers le parti, sa chaleur humaine, son intégrité personnelle ont fait de lui une des figures les plus respectées du Labour. Elu trésorier du parti en 1943, il devient président de l’exécutif national en 1952. Modéré et conciliant, Greenwood appartenait à l’aile droite du travaillisme.

Il s’était marié en 1904 et avait eu deux enfants, un fils et une fille. Son fils, Anthony Greenwood élu député travailliste en 1946, membre actif de l’exécutif du Labour, a fait partie du gouvernement Wilson* de 1966 à 1970, comme ministre du Logement et des Affaires locales. Il est ensuite élevé de la pairie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75442, notice GREENWOOD Arthur, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : Juvenile Labour Exchanges and After-Care (Bureau d’emploi pour les jeunes), Londres, 1911. — The Health and Physique of School Children (La santé des jeunes et l’hygiène scolaire), Londres, 1913. — The Education of the Citizen (L’éducation civique), Londres, 1920. — The Labour Outlook (Projet travailliste), Londres, 1929. — Why we fight (Pourquoi nous combattons), Londres, 1940.

BIBLIOGRAPHIE : G.D.H. Cole, History of the Labour Party from 1914, Londres, 1948. — B. Donoughue et G.W. Jones, Herbert Morrison : Portrait of a Politician, Londres, 1973. — Who was Who, 1951-1960.

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