GOSLING Harry

Né le 9 juin 1861 à Lambeth, Londres ; mort le 24 octobre 1930 à Twickenham, Middlesex (Greater London) ; dirigeant syndicaliste, député travailliste.

Né en plein cœur de Londres dans une famille où l’on était de père en fils batelier sur la Tamise, Harry Gosling est un cockney typique. Sa mère, institutrice, est morte quand le jeune garçon avait sept ans. L’instruction de l’enfant, dans une école primaire surpeuplée, est restée rudimentaire. Lorsqu’il a quatorze ans et malgré une santé délicate, Gosling suit la tradition familiale et commence un apprentissage de marinier qui dure sept ans. Il travaille dans la corporation (Watermen’s Company) jusqu’en 1887, date où une très longue maladie le condamne à changer de métier. C’est pourtant en 1889 que Gosling s’affilie au syndicat des Bateliers de la Tamise (Amalgamated Society of Watermen, Lightermen and Bargemeri), fondé en 1872, et dont il devient le secrétaire général en 1893. La grève des dockers en 1889 provoque l’enthousiasme et Gosling participe à la longue lutte des dockers et mariniers. Il joue plus tard un rôle important dans la création, en mars 1911, de la Fédération nationale des transports (National Transport Workers’ Federation). Il en est le président et Bob Williams* le secrétaire. Pendant la grève des dockers de 1911, Gosling préside le comité de grève et dirige les négociations avec les patrons. Le succès que remporte à Londres la NTWF provoque la vive hostilité des employeurs et les relations sont tendues. Lorsqu’une nouvelle grève en 1912 éclate, elle est désastreuse pour les dockers.

Gosling s’intéresse aussi à la politique locale. Dès 1895, il se présente comme socialiste aux élections du London County Council. Battu à plusieurs reprises, il obtient en 1898 un siège d’échevin (alderman) et se retrouve avec John Burns* et Will Crooks* dans le petit groupe ouvrier du Parti progressiste (Progressive Party). Très aimé dans sa circonscription de Saint George’s et Wapping, Gosling demeure au LCC pendant vingt-sept ans.

En 1914, Gosling se range parmi les socialistes favorables à la guerre. Ses responsabilités vont s’étendre pendant les années du conflit mondial car le gouvernement apprécie fort ses qualités de négociateur. On le trouve donc dans plusieurs commissions gouvernementales, notamment le Port and Transit Executive Committee, organisme chargé du problème des transports militaires et des encombrements portuaires. Il était déjà l’un des délégués syndicaux auprès du Conseil industriel (dont la fondation remonte à 1911) et auprès de la direction du port de Londres (Port of London Authority). A la même époque l’influence de Gosling au sein du TUC s’accroît. Non seulement de 1893 jusqu’à sa mort il est un participant actif de chaque congrès annuel, mais en 1915 il est élu président du Comité parlementaire du TUC et l’année suivante c’est lui qui préside le congrès.

Au lendemain de la guerre, l’événement le plus lourd de conséquences pour les travailleurs des transports est évidemment la constitution d’un syndicat national unifié, le Transport and General Workers’ Union (TGWU), officiellement fondé le 1er janvier 1922. Gosling en devient le premier et l’unique président puisque ce poste de permanent appointé est supprimé après sa mort. Gosling avait joué un rôle décisif dans les pourparlers qui aboutirent à cette fédération car il avait présidé toutes les réunions préparatoires et avait fait partie du triumvirat qui avait élaboré les statuts. Si Bevin* a été l’homme clé de ce syndicat géant, l’aide apportée par Gosling, dont l’influence dans les milieux syndicaux et travaillistes était très forte, a été décisive.

Gosling est entré au Parlement en 1923, comme député de White-chapel — quartier populaire de l’East End (précédemment, il avait été candidat malchanceux à trois occasions, en 1910, 1918 et 1922). Pendant le bref gouvernement travailliste de 1924, il détient le portefeuille des Transports. Il avait alors démissionné de son poste de président du TGWU et quand les travaillistes se retrouvent dans l’opposition, il entend reprendre ses fonctions. Sous l’influence de Bevin, le comité exécutif du TGWU s’y oppose, mais devant la tempête de protestations qui s’élèvent de partout, le TGWU doit faire machine arrière et Gosling est réintégré dans ses fonctions de président (le conflit manifeste une fois de plus le besoin de Bevin de n’avoir autour de lui que des subordonnés).

Les six dernières années de Gosling sont assombries par la maladie, mais il réussit à écrire et à publier ses mémoires avant de mourir à l’âge de soixante-neuf ans. Les qualités de loyauté, de jugement, de modération, avaient valu à Gosling le respect et l’estime de tous.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75436, notice GOSLING Harry, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : Peace : how to get it and keep it (La paix, comment y parvenir et comment la conserver), Londres, 1917. — Up and Down Stream (Au fil de Feau, histoire de ma vie), Londres, 1927.

BIBLIOGRAPHIE : The Times, 25 octobre 1930. — B. Tillett, Memories and Reflections, Londres, 1931. — B.C. Roberts, The Trades Union Congress, 1868-1921, Londres, 1958. — A. Bullock, The Life and Times of Ernest Bevin, vol. 1, 1881-1940, Londres, 1960. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. IV.

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