GOLLAN John

Né en 1911 à Edimbourg ; mort le 5 septembre 1977 à Londres ; dirigeant communiste.

Issu d’une famille nombreuse demeurant dans un quartier pauvre d’Edimbourg, John Gollan a débuté comme ouvrier peintre. Il se lance très jeune dans la politique et s’inscrit en 1927 aux jeunesses communistes (Young Communist League) où il monte très vite en grade. En 1931, pour avoir diffusé « La voix des soldats » (Soldiers’ Voice), il est inculpé de menées séditieuses et condamné à six mois de prison ferme. Une fois purgée sa peine, Gollan devient permanent du Parti communiste. Nommé en 1935 secrétaire national de la YCL, il entre en même temps au Comité central du CPGB (Communist Party of Great Britain), ainsi qu’au bureau exécutif des jeunesses communistes internationales.

Propagandiste de qualité, bon orateur, Gollan publie en 1937 une importante étude sur la situation des jeunes dans l’industrie (Youth in British Industry). Pendant la Seconde guerre mondiale, il ne relâche pas ses activités et en 1949 il devient vice-président du parti et rédacteur en chef du Daily Worker, le quotidien communiste. C’est lui qui remplace Harry Pollitt en mai 1956 au poste de secrétaire général du CPGB, lors de la crise provoquée par la révélation du rapport Kroutchev (Khrouchtchev). Quelques semaines plus tard, il se rend à Moscou avec Harry Pollitt et Bert Ramelson (futur responsable national du secteur Industrie).

À l’automne de la même année, alors que régnait déjà un malaise profond à l’intérieur du parti, l’intervention soviétique en Hongrie entraîne en l’espace de quelques semaines le départ de sept à huit mille communistes. Même si les partants appartiennent pour la plupart aux milieux intellectuels et à la classe moyenne, bon nombre de militants ouvriers rendent aussi leur carte, à commencer par des responsables des trade unions.

Les années suivantes représentent une période délicate pour le CPGB. Si celui-ci conserve pour l’essentiel sa base ouvrière (qui demeure sans discussion possible la force la plus importante à la gauche du Labour) son autorité intellectuelle et son influence politique se trouvent considérablement diminuées. Il faudra attendre les années 1970 pour assister à une certaine remontée dans ces deux secteurs. D’ailleurs en tant que leader, Gollan n’est pas vraiment l’homme de la situation, et l’on peut dire que son secrétariat général n’a pas été un succès. Remplacé par Gordon McLennan en 1975, il demeure cependant une personnalité de premier rang dans le parti. En janvier 1976, il publie dans la revue théorique Marxism Today (Le marxisme aujourd’hui) un très long article sur le XXe congrès du Parti communiste soviétique : c’était la première fois que le CPGB reconnaissait officiellement la plupart des faits révélés par le rapport Kroutchev ; l’article, qui se réfère largement aux prises de position d’Elleinstein à l’intérieur du Parti communiste français, a provoqué un très important débat au sein du CPGB.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75433, notice GOLLAN John, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 7 janvier 2010.

ŒUVRES PRINCIPALES : Youth in British Industry (Les jeunes dans l’industrie britannique), Londres, 1937. — Scottish Prospect (L’avenir de l’Écosse), Glasgow, 1948. — The British Political System (Le système politique britannique), Londres, 1954. — The Case for Socialism in the Sixties (Le socialisme des années 1960), Londres, 1966.

BIBLIOGRAPHIE : The Economist, 19 mai 1956. — H. Pelling, The British Communist Party, Londres, 1958. — B. Lazitch, Biographical Dictionary of the Comintern, Stanford, Californie, 1973. — G. Journès, L’extrême-gauche en Grande-Bretagne, Paris, 1977. — Mornuig Star et Times, 6 septembre 1977.

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