FEATHER Victor Grayson Hardie

Né le 10 avril 1908 à Bradford, Yorkshire ; mort le 28 juillet 1976 à Londres ; leader syndicaliste.

Dès son plus jeune âge « Vic » Feather a baigné dans l’atmosphère héroïque du mouvement ouvrier. Son père, Harry Feather, vernisseur de son métier et secrétaire bénévole de sa section syndicale, avait donné comme prénoms à son fils les noms de (Keir) Hardie* et de Victor Grayson* (il appellera un autre fils Hyndman*). Par ailleurs Bradford, la ville natale de Feather, après avoir vu naître l’Independent Labour Party, a toujours été un foyer actif de socialisme.

Sans connaître la misère, la famille de Vic Feather était pauvre, et c’est seulement grâce à une bourse que le jeune garçon a pu rester à l’école jusqu’à l’âge de quinze ans. Il trouve alors son premier emploi dans une épicerie du mouvement coopérateur. En même temps, il participe aux manifestations des socialistes de Bradford. Il prend la parole aux réunions, donne des articles à l’hebdomadaire socialiste local, Bradford Pioneer, qu’édite Frank Betts, le père de Barbara Castle*. A dix-neuf ans, il devient agent électoral. En même temps, il milite au syndicat des Employés de commerce, le Shop, Distributive and Allied Workers’ Union où il acquiert une réputation d’organisateur capable et énergique.

A partir de 1937 la carrière syndicale de Feather, nommé organiser adjoint du TUC, prend une dimension nationale et il s’installe à Londres. Dix ans après, il devient secrétaire adjoint, c’est-à-dire le personnage n° 3 du TUC, derrière Vincent Tewson* et George Woodcock*. Lorsque Tewson abandonne ses fonctions en 1960, Feather est élevé au rang de secrétaire général adjoint, et enfin, en 1969, il accède au poste de secrétaire général du TUC. Pendant toute cette période, Feather s’est toujours montré un gestionnaire efficace et assuré. Déployant une activité considérable, il a fait partie d’un très grand nombre de comités, de congrès, de délégations officielles, etc. Et au cours des années 1950, il avait manifesté avec vigueur son hostilité au communisme (il était de ceux qui avaient contribué à déloger du syndicat des Electriciens les dirigeants communistes qui en avaient pris la direction par des moyens plus que discutables).

Toutefois, lorsque Feather accède au secrétariat général du TUC, sa tâche s’avère singulièrement délicate. Le Labour est alors au pouvoir depuis 1964, et lui-même connaît personnellement la plupart des membres du gouvernement. Mais c’est le moment où le cabinet Wilson* vient de décider d’introduire une nouvelle réglementation des relations industrielles, sous la forme d’un projet de loi établi par Barbara Castle (ce projet, basé sur le document intitulé In Place of Strife, « Pour mettre fin aux conflits », aboutissait à restreindre sévèrement le droit de grève). A la tête du TUC, Feather, appuyé par tout le mouvement syndical, proclame son opposition complète aux propositions gouvernementales et il organise la résistance des trade unions, A l’issue d’une série de manœuvres longues et complexes le gouvernement, qui doit faire face également à la résistance des députés travaillistes de la base, est contraint de céder : il retire son projet au printemps 1969, rendant ainsi aux trade unions leur liberté d’action. Mais les conservateurs, dès leur retour au pouvoir en juin 1970, s’avèrent bien décidés à imposer une réglementation des relations industrielles par voie législative, et Feather se retrouve à la tête d’une nouvelle campagne d’opposition des syndicats au gouvernement. En février 1971 une manifestation rassemble à Londres plus de 150 000 trade-unionistes. Le projet de loi conservateur n’en est pas moins voté sous le nom d’Industrial Relations Art. Cependant la résistance des syndicats ne faiblit point et lorsque Feather démissionne en 1973 de son poste, il laisse à son successeur Len Murray la tâche de poursuivre le combat jusqu’à l’abrogation de l’Industrial Relations Art (ce qui intervient en 1974).

En 1974, Feather est élevé à la pairie et il est nommé vice président de l’Office des voies navigables, le British Waterways Board. Il meurt deux ans plus tard.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75418, notice FEATHER Victor Grayson Hardie, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : How do the Communists work ? (La tactique des communistes), Londres, 1953. — Essence of Trade Unionism (L’essence du trade-unionisme), Londres, 1963.

BIBLIOGRAPHIE : Eric Silver, Victor Feather, TUC, Londres, 1973. — Who’s Who, 1976. — Times, 29 juillet 1976.

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