CAMPBELL John Ross

Né en 1894 à Paisley, Renfrewshire, Écosse ; mort le 18 septembre 1969 à Londres ; leader communiste.

À sa sortie de l’école primaire, « Johnny » Campbell commence à travailler comme vendeur. Il adhère au British Socialist Party, parti marxiste révolutionnaire, en 1912.

Pendant la Première guerre mondiale, il s’engage comme volontaire, combat en France et est grièvement blessé (sa bravoure est récompensée par la médaille militaire). De retour en Écosse, il milite au Comité des Tavailleurs écossais (Scottish Workers’ Committee) en 1919 et se lie avec William Gailacher*. Membre fondateur du parti communiste de Grande-Bretagne, il dirige à partir de 1922 le Worker, organe hedboma-daire du Comité des Travailleurs de la Clyde (Clyde Workers’ Committee) qui devient alors une publication communiste. En juillet 1924, ce journal (rebaptisé le Workers’ Weekly) publie un « Appel aux Soldats » les invitant à travailler au renversement du capitalisme. C’est alors l’époque du premier gouvernement travailliste de MacDonald*, et le Cabinet décide d’inculper Campbell pour incitation à la mutinerie en invoquant une loi de 1797 restée en vigueur. Devant l’ampleur des protestations, le gouvernement renonce aux poursuites judiciaires, mais se trouve confronté à une motion parlementaire exigeant la création d’une commission d’enquête sur l’affaire. Toutefois, le gouvernement ayant rejeté cette motion, il est mis en minorité et MacDonald doit démissionner. Pendant la campagne électorale qui s’ensuit, la propagande anti-Labour utilise abondamment l’argument de la « collusion » entre travaillistes et communistes.

Cependant, Campbell et d’autres leaders communistes sont finalement jugés en octobre 1925 en vertu de la loi sur la mutinerie (Mutiny Act) de 1797 : douze sont condamnés dont cinq à douze mois de prison et sept (y compris Campbell) à six mois. En 1929, Campbell, qui avait tardé à accepter la « nouvelle ligne » du Komintern, est exclu du bureau politique du PC. A partir de là sa position personnelle tend à décliner, tandis que s’élève celle de Palme Dutt* et celle de Harry Pollitt. Malgré tout il demeure une personnalité de premier plan du parti. Derechef en 1939, après le Pacte germano-soviétique, Campbell se rallie difficilement au mot d’ordre de la « guerre impérialiste » et il est affecté à un poste de responsabilité subalterne en Écosse. Il est cependant réhabilité de nouveau et en 1949 il est nommé rédacteur en chef du Daily Worker. Il reste dix ans à la tête du journal : c’est une période difficile qui voit un déclin général du parti communiste.

Campbell s’était présenté cinq fois sans succès aux élections.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75345, notice CAMPBELL John Ross, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 7 janvier 2010.

ŒUVRE : Plusieurs brochures et une étude plus longue, Soviet Policy and ils Critics (La politique soviétique et ses critiques), Londres, 1939.

BIBLIOGRAPHIE : H. Pelling, The Brilish Communist Party, Londres, 2e éd. 1975. — L.J. Macfarlane, The Brilish Communist Party : its origin and development until 1929, Londres, 1966. — Times, 20 septembre 1969. — Who was Who, 1961-1970.

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