BROWN George Alfred

Né le 2 septembre 1914 à Lambeth, Londres ; mort le 2 juin 1985 à Truro, Cornouailles ; député et ministre travailliste.

Fils d’un camionneur (qui par la suite abandonnera son métier pour devenir permanent syndical de la Transport and General Workers’ Union), George Brown a commencé à travailler à l’âge de quinze ans dès sa sortie de l’école primaire (il était jusque-là élève à l’école du quartier, la West Square Central School à Elephant and Castle). Après deux années passées comme petit employé de bureau, il entre à dix-sept ans comme vendeur dans un des grands magasins du West End, « John Lewis », au rayon des fourrures. En même temps, il suit des cours du soir à l’association de culture ouvrière, la Workers’ Educational Association. Il a déjà commencé à s’intéresser à la politique et à prendre part aux débats de rue. Brown quitte « John Lewis » au bout de cinq ans pour entrer au bureau de la section de Londres-Nord du TGWU. Là il se forme aux méthodes et à l’art de la négociation syndicale.

Sa participation au mouvement travailliste a débuté de très bonne heure. Alors qu’il avait à peine huit ans, il avait distribué, pendant la période électorale de 1922, des prospectus pour le candidat travailliste de Gravesend, George Isaacs* ; à dix-huit ans, il est vice-président d’une section de quartier du Labour Party (à Streatham) et il fait partie du Comité national de la Jeunesse travailliste (Labour League of Youth). Aux Jeunesses travaillistes, il rencontre Sophie Levene, fille d’un des pionniers du Labour Party londonien. Les deux jeunes gens se marient en 1937 et du mariage naîtront deux filles.

En 1938 George Brown tente sans succès d’être élu au conseil municipal de Barnet. À cette époque il est secrétaire de la section travailliste de Saint Albans, et sa réputation de propagandiste, que ce soit au service du Labour, du syndicalisme ou du mouvement coopérateur, est bien établie à la ronde. De 1940 à 1945, il fait partie du Comité exécutif pour l’agriculture en temps de guerre.

Brown débute dans la carrière parlementaire au lendemain des élections législatives de 1945. Élu député de Belper, circonscription ouvrière du Derbyshire, il va conserver ce siège jusqu’en 1970. Brown reçoit aussitôt un petit poste ministériel, celui de secrétaire parlementaire (PPS) du ministre du Travail, George Isaacs (été 1945-printemps 1947). Il occupera ensuite les mêmes fonctions pendant six mois auprès de Hugh Dalton*, chancelier de l’Echiquier. En octobre 1947, il devient sous-secrétaire (joint parliamentary secretary) du ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Il détient ce poste jusqu’en avril 1951, date à laquelle il est nommé ministre des Travaux publics et entre au Conseil privé.

Lorsque les travaillistes sont battus par les conservateurs en octobre 1951, Brown joue un rôle très actif dans l’opposition. Il prend la parole sur de nombreux sujets, intervenant notamment à propos des problèmes de défense. Pourtant, il hésite pour des raisons financières à poursuivre une carrière politique ; c’est alors que le magnat de la presse Cecil King, qui dirige l’International Publishing Corporation, lui assure au Daily Mirror des honoraires réguliers, ce qui lui permet de continuer sa vie d’homme politique.

Partisan convaincu de l’Europe, George Brown représente la Grande-Bretagne à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe, à Strasbourg, de 1951 à 1953. Pendant huit ans, de 1955 à 1964 (avec une interruption en 1958-1959), il fait partie du Shadow Cabinet travailliste. De 1960 à 1964, Brown représente à nouveau son pays au Conseil de l’Europe et participe à l’Assemblée de l’Union de l’Europe occidentale dont il est nommé vice-président.

En novembre 1960, Brown devient vice-président du groupe parlementaire travailliste et leader adjoint du parti. Mais quand à la mort de Gaitskell*, il se présente à la direction du parti contre Harold Wilson*, c’est un échec : c’est Wilson qui est élu leader. Les travaillistes étant revenus au pouvoir en 1964, George Brown est nommé ministre des Affaires économiques dans le Cabinet Wilson, poste de premier plan, avec de grandes responsabilités concernant la planification et l’expansion industrielle. Puis en août 1966, Brown passe au Foreign Office comme ministre des Affaires étrangères. Après de nombreux conflits avec Wilson, Brown quitte soudainement le gouvernement en mars 1968 ; ce geste de mauvaise humeur, très critiqué, contribue à isoler davantage Brown qui de surcroît perd son siège aux élections de juin 1970.

Cette même année toutefois il accepte d’être élevé à la pairie. Devenu Lord George-Brown de Jevington (Sussex) il retrouve une tribune où il peut exposer ses vues — devenues au fil des années de plus en plus modérées. En 1968 il avait été appelé par la Société Courtauld comme conseiller de production et il garde des fonctions jusqu’en 1973.

En 1971, Brown a publié une autobiographie In my Way (le titre est emprunté à une chanson popularisée par Frank Sinatra et adaptée d’une chanson française intitulée « Comme d’habitude »). Il quitte le Labour Party en 1976 après y avoir milité pendant quarante-cinq ans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75333, notice BROWN George Alfred, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : In my Way : The Political Memoirs of Lord George-Brown, Londres, 1971 ; traduction : « Lord George Brown, Mémoires de choc », introduction de Maurice Schumann, Paris, 1973.

BIBLIOGRAPHIE : « Cassandra » (W.N. Connor), George Brown : a Profile and Pictorial Biography, Londres, 1964. — Dod’s Parliamentary Companion, 1970. — H. Wilson, The Labour Government 1964-1970 : a personal record, Londres, 1971. — R.H.S. Crossman, The Diaries of a Cabinet Minister, 3 vol., Londres, 1975-1977. — Who’s Who.

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