BONDFIELD Margaret Grace

Née le 17 mars 1873 à Chard, Somerset ; morte le 16 juin 1953 à Sanderstead, Surrey ; syndicaliste, première femme ministre en Grande-Bretagne.

Avant-dernière d’une famille de onze enfants (son père, un ouvrier non-conformiste acquis aux idées radicales, exerçait le métier de dentellier) « Maggie » Bondfield commence à travailler à l’âge de treize ans comme élève-maîtresse dans la petite ville de Chard mais, au bout de deux ans, elle part pour Brighton où elle se place comme vendeuse. Elle continue ce métier pendant onze ans et en 1894, lorsqu’elle se fixe à Londres, elle adhère au syndicat des Employés de magasin, National Union of Shop Assistants. En 1896, Margaret Bondfield est la première femme déléguée à la conférence annuelle du syndicat et, trois ans plus tard, la première responsable féminine à représenter son syndicat au Trades Union Congress.

Pendant cette période Margaret Bondfield ne se limite pas à des activités syndicales. Elle noue des relations avec le ménage Dilke (Sir Charles Dilke est député libéral et ancien ministre) et collabore avec lady Dilke* à l’organisation des ouvrières d’industrie. Parallèlement Margaret Bondfield milite à la Ligue syndicaliste des femmes (Women’s Trade Union League) et à la Fédération nationale des travailleuses (National Federation of Women Workers), créée en 1906. C’est là qu’elle rencontre Mary Macarthur* dont l’amitié jouera un grand rôle dans sa vie.

À partir de 1898 et jusqu’en 1908, Margaret Bondfield, devenue permanente syndicale, occupe le poste de secrétaire adjointe de son trade union. Ayant adhéré à l’Independent Labour Party, elle est membre du comité exécutif du parti pendant quelque temps, mais ses convictions socialistes, assez tempérées, évoluent dans le sens du modérantisme. À la mort de Margaret Ethel MacDonald (voir J. Ramsay MacDonald*) en 1911, Margaret Bondfield la remplace comme secrétaire de la Women’s Labour League.

Lorsque la guerre éclate en 1914, Margaret Bondfield se range du côté des pacifistes, ce qui ne l’empêche pourtant pas d’accepter de participer à plusieurs organismes officiels, en particulier l’important comité national du Travail en temps de guerre (War Emergency Workers’ National Committee). En 1918, Margaret Bondfield fait partie de la délégation britannique à la conférence internationale de Berne et à partir de l’année suivante, elle assume les fonctions de conseillère au Bureau International du Travail. En même temps elle voyage, se rend en Russie et aux États-Unis où elle représente le TUC auprès de l’American Federation of Labor.

Le 1er janvier 1921, le syndicat national des travailleuses (National Federation of Women Workers) fusionne avec le syndicat général des travailleurs, le National Union of General Workers : Margaret Bondfield occupe dans le nouveau trade union le poste de principale responsable féminine, poste qu’elle gardera jusqu’à sa retraite en 1938. Elle assume également en 1918-1924 et en 1926-1929 des fonctions au conseil général du TUC, dont elle est la première présidente en 1923. C’est au cours de cette période que commence sa carrière parlementaire. Elue député travailliste de Northampton en 1923 Margaret Bondfield est nommée secrétaire parlementaire du ministre du Travail (Parliamentary Secretary to the Minister of Labour) dans le gouvernement MacDonald de 1924, mais elle perd son siège aux élections suivantes (décembre 1924). À l’occasion d’une élection partielle à Wallsend en 1926, elle revient au Parlement et garde son siège jusqu’à la débâcle travailliste d’octobre 1931. En 1929, dans le second gouvernement travailliste, elle devient ministre du Travail : Margaret Bondfield est ainsi la première femme ministre de Grande-Bretagne. Elle se présentera une dernière fois, mais sans succès, aux élections en 1935. Peu de temps après, en 1938, elle abandonne toutes ses responsabilités politiques et syndicales.

Ses mémoires, intitulés « Une vie de labeur », A Life’s Work, ont paru en 1949.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75324, notice BONDFIELD Margaret Grace, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 5 août 2016.

ŒUVRE : Socialism for Shop Assistants (Le socialisme pour les employés de commerce), Londres, 1909. — People’s Suffrage Federation Pamphlet : « Shop Workers and the Vote » (Les employés de commerce et le droit de suffrage), Londres, 1911. — The Meaning of Trade (Le commerce et sa signification), Londres, 1928. — A Life’s Work (Une vie de labeur), Londres, 1949.

BIBLIOGRAPHIE : M.A. Hamilton, Margaret Bondfield, Londres, 1924. — P.C. Hoffman, They also Serve : the story of the shop worker, Londres, 1949. — R.W. Lyman, The First Labour Government, 1924, Londres, 1957. — R. Bassett, Nineteen Thirty One : political crisis, Londres, 1958. — R. Skidelsky, Politicians and the Slump : the Labour Government of 1929-1931, Londres, 1967. — Dictionary of National Biography, 1951-1960. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. II.

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