BELL Richard

Né le 27 novembre 1859 à Penderyn, Breconshire, pays de Galles ; mort le 1er mai 1930 à Londres (Palmers Green) ; dirigeant syndicaliste.

Ouvrier carrier à Penderyn, le père de « Dick » Bell était venu s’installer à Merthyr-Tydfil, après la naissance de son fils, comme agent de police. Bell a commencé à travailler à treize ans et en 1876 il entre à la Compagnie de chemin de fer de l’Ouest, Great Western Railway Company. Quelques années plus tard, devenu militant syndicaliste actif, il est élu secrétaire de la section de Swansea du syndicat des employés des chemins de fer (Amalgamated Society of Railway Servants, ASRS) fondé en 1871. Les activités syndicales de Bell lui valent d’être mis à pied en 1891 et il est alors nommé permanent syndical. En 1898, il remplace Edwin Harford au poste de secrétaire général de l’ASRS, ce qui l’amène à quitter le pays de Galles pour s’établir à Londres.

Richard Bell s’affirme excellent gestionnaire : compétent, consciencieux et prudent. Hostile en politique à l’idée d’un parti ouvrier indépendant, il soutient l’alliance Lib-Lab. C’est toutefois pendant qu’il est secrétaire général du syndicat des cheminots que se situe la fameuse affaire de Taff Vale, qui après avoir opposé pendant des années la compagnie de chemin de fer de Taff Vale au syndicat local des employés de chemin de fer, devait jouer un rôle décisif dans la naissance du parti travailliste (sur l’affaire de Taff Vale, cf. J.H. Thomas* et Introduction p. 36). En octobre 1900, Bell entre au Parlement comme député de Derby. Il est élu sous l’étiquette du nouveau comité pour la représentation du travail (Labour Representation Committee), malgré son désaccord profond avec les buts et les objectifs du comité (en outre ses idées sont loin d’être socialistes). Il se verra d’ailleurs, dans les années qui suivent, très discuté en raison des liens étroits qu’il entretient avec le parti libéral. Bell en effet soutient la Ligue national-démocrate (National Democratic League), dont il est même pendant quelque temps vice-président. Or le but avoué de la ligue, c’est d’opérer un rassemblement des éléments radicaux à travers le pays afin de faire pièce au développement du mouvement socialiste, et plus particulièrement du Labour Representation Committee, parmi les ouvriers. En 1906, les élections législatives ayant amené pour la première fois aux Communes un nombre important de députés travaillistes, la position Lib-Lab de Bell devient très difficile. Au Parlement comme au sein de l’exécutif du syndicat, lui-même se voit de plus en plus contesté et la crise éclate au cours de l’été 1909. Bell doit démissionner de son poste de secrétaire général quelques mois plus tard et il annonce son intention de ne pas se représenter aux élections. C’est alors J.H. Thomas qui est élu à sa place à Derby en janvier 1910. Dès lors la carrière publique de Bell est terminée. À partir de là et jusqu’en 1920 il occupe un poste de fonctionnaire au ministère du Travail. Bell s’est aussi intéressé aux affaires locales. En 1897, il est choisi comme Justice of the Peace (juge de paix bénévole) pour le comté du Middlesex.

Pendant vingt-six ans, il a fait partie du comité directeur de la société coopérative d’imprimerie (Co-operative Printing Society).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75311, notice BELL Richard, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : The Taff Vale Case and ihe Injunction (L’affaire de Taff Vale et la loi), Londres, 1902. — Trade Unionism (Syndicalisme), Londres, 1907.

BIBLIOGRAPHIE : G.W. Alcock, Fifty years of Railway Trade Unionism, Londres, 1922. — F. Bealey et H. Pelling, Labour and Politics, 1900-1906, Londres, 1958. — P.S. Bagwell, The Railwaymen, Londres, 1963. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. II.

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