GUICHON Henri

Par Julian Mischi

Né le 10 juin 1921 à Noyant d’Allier (Allier), mort le 10 août 2002 à Désertines (Allier) ; ouvrier agricole, ouvrier métallurgiste, ouvrier du bâtiment puis permanent politique ; résistant, membre du secrétariat fédéral du PCF de l’Allier, conseiller général de Montluçon-ouest et président du conseil général, responsable national et départemental des élus communistes.

Henri Guichon naquit dans une famille d’ouvriers mineurs de Noyant d’Allier. Son père, qui eut huit enfants, adhéra au Parti communiste français à la Libération. À sa sortie de l’école en 1934 avec un certificat d’études primaires, Henri Guichon fut ouvrier agricole à Meillard (Allier). Au moment du Front populaire, en 1936, et sous l’impulsion de son frère, ouvrier agricole, il adhéra aux Jeunesses communistes. Il avait auparavant été séduit par Marcel Guyot* et Alexis Gaume* au cours d’une réunion politique qu’ils avaient tenu à Meillard alors qu’il avait moins de quinze ans.

Henri Guichon adhéra au PCF à la fin de l’année 1940. Il participa à la reconstitution du PC clandestin et contribua, en récupérant des armes abandonnées lors de la débâcle, qui par la suite serviront à armer le premier maquis de l’Allier, celui de Meillard. Il fut arrêté avec huit autres militants le 8 février 1942 au chantier de jeunesse où il effectuait son service civil. Jugé le 26 février 1942, il fut condamné par le tribunal militaire de la XIIIe Région basé à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) à trois années de prison pour activité communiste. Transféré au camp de Mauzac (Dordogne), ancienne prison du Cherche Midi, il fut libéré le 6 juin 1944 par le maquis. Il participa alors aux opérations de libération dans le sud-ouest (Bergerac, Libourne, Bordeaux) puis se battit sur le front de La Rochelle ; il était alors instructeur politique. Il refusa ensuite de poursuivre l’offensive et rentra dans le département de l’Allier en novembre 1945.

Henri Guichon reprit son travail d’ouvrier agricole puis fut embauché comme ouvrier aux usines Saint-Jacques, puis Dunlop où il fut de 1949 à 1955 confectionneur de pneus poids lourds. Il fut licencié de ces entreprises montluçonnaises en raison de ses activités militantes. Secrétaire de la section du PCF de Dunlop, il était membre du comité fédéral du PCF de l’Allier puis, en 1954, membre du bureau fédéral. Lors des élections cantonales de 1955, sa candidature ainsi que celles de Marcel Legoutière* et Georges Lelièvre* furent ratifiées par le comité central avec l’appui de Maurice Thorez* et Henri Védrines* contrairement à celle de Robert Gagne* qui fut refusée en raison de son métier de médecin. Parmi les trois candidatures ouvrières proposées, les sections montluçonnaises du PCF choisirent Henri Guichon pour représenter le Parti communiste dans le canton de Montluçon-ouest. Au premier tour, il ne lui manqua que 29 voix pour atteindre le quorum, soit le quart des inscrits, il fut donc élu au second tour. Six mois après son élection, il fut licencié de l’usine Dunlop et travailla alors dans le bâtiment comme maçon à la Compagnie Parisienne de Montluçon. Licencié à nouveau, il fut embauché par la fédération du PCF de l’Allier : entré au secrétariat fédéral en 1956, il devint permanent en 1957. Il vendait le journal paysan du PCF La Terre en parcourant les campagnes bourbonnaises en cyclomoteur. Il suivit les cours de deux écoles centrales du PCF, l’une d’un mois et l’autre de quatre mois.

Lors de la conférence fédérale de juin 1959, Henri Guichon fut retiré du secrétariat fédéral tout en restant au bureau. Après une période de chômage très dure où il pensa même quitter la région, le PCF l’embaucha en 1960 pour s’occuper au plan national de l’activité des élus communistes. Il parcourut ainsi la France et entra au bureau national de la Fédération des élus républicains. Secrétaire à l’organisation de l’association, il s’occupa de l’ensemble du pays avec une spécialisation pour les communes rurales. Sur le plan départemental, Henri Guichon était trésorier fédéral et président de l’amicale des élus républicains. Il quitta le bureau fédéral en 1965 mais resta au comité fédéral.

Henri Guichon fut constamment réélu conseiller général du canton de Montluçon-Ouest, toujours au premier tour. Il fut également candidat suppléant pour les élections sénatoriales de 1959 et 1962, ainsi que suppléant du député communiste sortant Henri Védrines lors du renouvellement législatif de 1968 qui vit sa réélection. Il fut à nouveau candidat aux sénatoriales de septembre 1971. En 1976, suite au décès du maire communiste de Domérat Albert Poncet*, il entra avec Jean Desgranges* au conseil municipal de cette commune de la banlieue montluçonnaise. Il fut l’adjoint aux finances et à l’aide sociale de Jean Desgranges élu maire. Lors de la création de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANACR), en 1977, il entra au bureau national de la nouvelle association et en fut le président départemental pour l’Allier. En 1979, le groupe communiste du conseil général étant majoritaire, Henri Guichon devint le premier président communiste de l’assemblée départementale de l’Allier. En 1980, il mena la liste du PCF pour les sénatoriales. Au scrutin cantonal de 1982, l’égalité du nombre de conseillers généraux de droite et de gauche suite à la perte du canton de Lurcy-Lévis (Allier) par le communiste Julien Dumont* permit l’élection au bénéfice de l’âge d’un président de droite. Pour les élections cantonales de 1985, Henri Guichon céda sa place à Jean Desgranges, le maire communiste de Domérat, élu depuis cette date dans le canton de Montluçon-ouest. Il resta conseiller municipal jusqu’en 1989.

Vice-président de l’Union départementale des délégués de l’Éducation nationale, Henri Guichon est engagé dans le mouvement des retraités. Lui-même à la retraite depuis ses soixante-cinq ans, il dirige la section départementale de l’Union nationale des retraités et personnes âgées (UNRPA), qui est devenue avec ses 45 000 adhérents l’une des plus importantes de France alors qu’elle ne comptait que quelques sections locales et 400 adhérents à son arrivée à la tête de l’organisation. Au sein du PCF, il est membre de la commission des retraités communistes pour le comité central.
Marié en juillet 1946 à Meilland (Allier) avec Suzanne Ozouf, Henri Guichon, qui a eu quatre enfants, vivait à Domérat avec son épouse.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75230, notice GUICHON Henri par Julian Mischi, version mise en ligne le 30 novembre 2009, dernière modification le 2 octobre 2010.

Par Julian Mischi

SOURCES : Archives de la fédération du PCF de l’Allier. — Arch. comité national du PCF. — Renseignements communiqués par l’intéressé. — Georges Rougeron, Le Conseil général, op. cit., et notes.

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