RIQUIER Michel, Amédée

Par Jean-Pierre Besse, Louis Botella

Né le 19 novembre 1915 à Abbeville (Somme), mort le 23 juillet 1989 à Longueau (Somme) ; employé SNCF ; syndicaliste FO dans la Somme ; secrétaire général de la section technique nationale Bureaux et Magasins (1948-1957) ; secrétaire général de l’Union Nord et secrétaire de la Fédération syndicaliste FO des cheminots (1957-1970) ; fondateur et secrétaire général de l’UD FO (1948-1983) ; membre de la commission exécutive nationale de la CGT-FO (1957-1981) ; membre du conseil économique et social de Picardie.

Fils d’un employé de la Compagnie des chemins de fer du Nord, Michel Riquier obtint son certificat d’études primaires, suivit des cours du soir puis effectua son service militaire en 1936 au 42e RAD à La Fère (Aisne). Mobilisé en 1939 comme sous officier d’artillerie au 3e DIM, Michel Riquier, après sa démobilisation, participa à la résistance au sein de Libé-Nord et de Résistance fer et commença sa vie de militant syndical en reconstituant la CGT clandestine parmi les cheminots.

En 1945, il organisa l’accueil en gare d’Amiens des prisonniers de guerre rapatriés d’Allemagne.

Domicilié à Longueau (Somme), chef de magasin au service des appareils, il fut élu secrétaire général adjoint des cheminots CGT d’Amiens-Longueau à la Libération. Michel Riquier se heurta à partir de 1946 à l’implantation communiste très forte dans ce secteur. Avec d’autres militants, dont notamment René Thellier et Alfred Bayard, il constitua au sein de la CGT une opposition à la mainmise politique sur le syndicat. Il assuma avec René Thellier la responsabilité des groupes socialistes d’entreprise (GSE) dans la région amiénoise. Ils publièrent un journal, Le Cheminot syndicaliste.

Après les grèves de novembre 1947, Michel Riquier participa, le 7 décembre 1947 à Paris, à la transformation du Comité d’action syndicaliste (CAS), fondé le 27 juillet de la même année, en Fédération syndicaliste des cheminots (FSC), au sein de laquelle il assuma la fonction de secrétaire de l’Union Nord. Il fut, toujours avec René Thellier et Alfred Bayard, un des fondateurs, au début de 1948, du syndicat FO d’Amiens-Longueau.

En mars 1948, lors de la création de la nouvelle fédération FO, il fut élu membre du conseil national et secrétaire de l’Union Nord. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en février 1957, date à laquelle il fut élu secrétaire général de cette union, en remplacement de Georges Wasselin, qui partait en retraite. En novembre 1970, Gaston Caudeville, de Paris-Nord, lui succéda.

Toujours en mars 1948, il fut proposé par le bureau fédéral pour assurer la fonction de secrétaire général de la Section technique nationale Bureaux et magasins. Son dynamisme laissa, pendant de très nombreuses années, une forte empreinte sur cette structure. Ne pouvant pas cumuler cette fonction avec celle de secrétaire général de l’Union Nord, il abandonna en mars 1957 son mandat de secrétaire général de la STN au profit de Marceau Viala, d’Arles. Pour peu de temps car, lors de la conférence nationale la STN, en novembre de la même année, ce fut Camille Pallordet qui assura la suite pendant plus de dix années.

Lors de la réunion du bureau fédéral du 21 avril 1951, il exprima avec trois autres collègues de l’Union Nord son opposition au cumul des fonctions de secrétaire fédéral et de représentant de Force ouvrière au sein du conseil d’administration de la SNCF. Ce cumul fut autorisé par 27 voix contre 4. Le bureau fédéral, réuni le 8 janvier 1954, le proposa pour siéger au sein de la commission confédérale des salaires et des conventions collectives.

Lors du congrès fédéral de mai 1954 à Toulouse, il défendit, au nom de son syndicat, une motion préconisant un assouplissement de l’opposition de FO à tout contact avec la CGT. Cette motion obtint 120 mandats contre 331 pour le texte défendu par André Lafond, qui maintenait le refus de toute relation avec cette organisation. Lors de la réunion du 10 juillet 1956 de l’instance fédérale, il manifesta son opposition à un éventuel départ de FO de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) en raison de ses prises de position en faveur des nationalistes algériens.

Au plan interprofessionnel, il assuma d’importantes fonctions. Élu secrétaire général de l’Union départementale Force ouvrière en 1948, Michel Riquier le demeura jusqu’en 1983.

Délégué au 2e congrès national de FO tenu à Paris les 25, 26, 27 et 28 octobre 1950, il était porteur des mandats de plusieurs syndicats départementaux. Il intervint à la tribune du congrès pour manifester son désaccord avec le rapport de la commission de réunification et défendre le principe d’une unité d’action à la base déclarant en particulier « Nous avons le devoir de faire un front commun devant le patronat privé, car dans les chantiers et dans les entreprises, les travailleurs veulent savoir exactement les motifs qui nous guident ».

À partir des années 1950, Michel Riquier accumula les responsabilités tant au plan local que régional et national. Élu membre de la commission exécutive confédérale en 1957, il le resta jusqu’en 1981. Il fut aussi secrétaire de l’Union régionale de Picardie de 1964 à 1988.

Lors du congrès confédéral d’octobre 1956, Michel Riquier vota en faveur de la motion minoritaire sur l’Algérie, qui réclama la libre détermination du peuple algérien à disposer de lui-même, un cessez-le-feu et des négociations rapides entre la France et les nationalistes algériens.

Michel Riquier fut délégué, au titre de FO, au congrès mondial de la CISL (Confédération internationale des syndicats libres) à Amsterdam (Pays-Bas) en juillet 1965.

Il fut aussi un des fondateurs de l’ASSEDIC (assurance chômage) dont il assura longtemps la vice présidence.

Membre de la CODER (Commission pour le développement économique régional) en 1967, Michel Riquier représenta la CGT-FO au conseil économique et social de Picardie de 1973 à 1989, assumant même la vice-présidence de cet organisme de 1986 à juin 1989.

Michel Riquier partit en retraite le 1er janvier 1971. Son dynamisme, sa gentillesse, son sens de l’amitié et ses larges connaissances firent de lui un instructeur fort apprécié du centre confédéral de formation syndicale (CFMS).

Il fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur en avril 1970.

Il s’était marié en juin 1939 à Maereuil-Caubert (Somme) avec Micheline Leroy. Ils eurent un fils (professeur d’histoire et de géographie),
Michel Riquier mourut le 23 juillet 1989 et eut des obsèques civiles dans la plus stricte intimité.

Après sa mort, un hommage lui fut rendu le 25 septembre 1989 à Amiens, en présence de Marc Blondel, secrétaire général de la confédération FO et d’André Bergeron, son prédécesseur.

Une salle de la Bourse du Travail d’Amiens porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75182, notice RIQUIER Michel, Amédée par Jean-Pierre Besse, Louis Botella, version mise en ligne le 12 novembre 2009, dernière modification le 15 mars 2013.

Par Jean-Pierre Besse, Louis Botella

SOURCES : Arch. Fédération FO des Cheminots. — Le Rail Syndicaliste, 1947-1966. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, puis FO Hebdo. — Comptes rendus des congrès confédéraux CGT-FO 1950-1969. — Artois-Picardie, organe mensuel de l’UD-FO Somme. — Le Courrier picard, 1945-1989. — Georges Ribeill, « Autour des grèves de 1947, les scissions de l’après-guerre au sein de la Fédération CGT (CAS, FO, FAC, FgMC) », Revue d’histoire des chemins de fer, n° 3, Mouvement social et syndicalisme cheminot, automne 1990, p. 95-113. — Renseignements fournis par son fils. — Témoignage de René Thellier. — Notes de Louis Botella, Marie-Louise Goergen, Noël Mazet et Georges Ribeill. — État civil.

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément