JEHENNE Georges, Marcel

Par Michèle Rault

Né le 25 août 1912 à Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; rectifieur domicilié à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; militant communiste ; résistant FTPF.

Fils d’un menuisier, Georges Jehenne vécut à Ivry-sur-Seine à partir de 1913 et fréquenta l’école d’Ivry-Centre. Embauché le 28 mai 1935 à la Société des Moteurs Gnome et Rhône (SMGR) comme rectifieur, il participa aux grèves dans cette usine en 1936. Il était domicilié 65 rue Denis Papin à Ivry puis 40, rue Parmentier dans une cité HBM. 
Mobilisé en septembre 1939, il fut « affecté spécial » à la SMGR. Il fut porté comme sorti de l’entreprise avec mention « Exode 30 juin 1940 ». Embauché à l’Usine Farman (rue Paul Bert à Billancourt), militant communiste clandestin, il distribua des tracts, colla des affichettes et avec ses camarades d’atelier de l’usine Farman présenta des cahiers de revendications. En septembre 1941, il quitta son domicile à la suite d’une perquisition par les Allemands et entra dans l’illégalité. Il participa le 1er mai 1942, sous les ordres du Capitaine Gautier, à la protection armée d’une manifestation organisée devant l’usine Gnome et Rhône. Il aurait contribué à plusieurs sabotages au sein de l’usine Farman. Le 11 juin 1942, au métro Maison Blanche (Paris 13e), il fut intercepté par la police qui avait découvert le rendez-vous sur un papier saisi sur un membre de son groupe qui venait d’être arrêté. Le 23 juin 1942, il fut arrêté par la police française et emprisonné à la prison de la Santé comme ses camarades Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Avec eux, il fut remis à la Sipo-SD, dans le cadre de l’action « Stadion » sans avoir été traduit devant un tribunal militaire et fut désigné comme otage en représailles à l’attentat du stade Jean-Bouin à Paris et à divers attentats qui provoquèrent trente et un morts allemands dans le même mois. Avec quarante-six otages dont René Guégan, de Villeneuve-Saint-Georges, son contact, il fut fusillé le 11 août 1942 au Mont-Valérien.
Georges Jehenne fut inhumé au cimetière Paris Saint Ouen (38e division, n°40). La mention « Mort pour la France » lui fut accordée le 23 juillet 1945. Le 27 juillet 1945, le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine attribua son nom à la rue Gosselin. Celui-ci figure sur le monument du Mont-Valérien, le monument aux morts d’Ivry-sur-Seine et au carré des fusillés du carré militaire du nouveau cimetière d’Ivry.

Georges Jehenne s’était marié le 20 avril 1935 à Ivry-sur-Seine avec Marie-Louise Poquet, apprêteuse en chaussures, née à Ivry-sur-Seine. Il était père d’une fille née le 20 juin 1938.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75023, notice JEHENNE Georges, Marcel par Michèle Rault, version mise en ligne le 4 janvier 2018, dernière modification le 8 septembre 2017.

Par Michèle Rault

SOURCES : Archiv. Safran Aircraft Engines (communiqué par l’IHS CGT de la Snecma). – Site Internet Genweb. – Serv. Historique Défense Vincennes GR 16 P 309083. – Arch. mun. Ivry-sur-Seine.

PHOTOGRAPHIE : du 24 juin 1942 Arch. PPo. GB 181.

Version imprimable Signaler un complément