GUILLOU Robert, Jean

Par Claude Pennetier, Gilles Morin

Né le 31 décembre 1892 à Paris (IVe arr.) ; fonctionnaire ; militant socialiste de la Seine puis accusé de collaborationnisme.

Fils d’Ernest Guillou, dessinateur, et de Eugénie Viney, institutrice, Robert Guillou s’était marié le 7 août 1919 à Paris (XIe arr.) avec Berthe Lefort. Il épousa en secondes noces Germaine Lambert le 16 mars 1932 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine). Il était père de deux enfants. Licencié ès Lettres, en histoire géographie, de la classe 1912, il a été exempté de service.

Se présentant comme représentant de commerce habitant à Saint-Maur-des-Fossés, 28 avenue Goublier, Robert Guillou fut candidat socialiste SFIO, aux élections municipales de 1935, puis aux élections législatives du 26 avril 1936 dans la quatrième circonscription de Sceaux (Bonneuil-sur-Marne, Créteil, Joinville-le-Pont, Saint-Maur). Il avait pour concurrent l’ancien candidat socialiste de mai 1932, Athanase Guillemin, devenu militant de l’Union socialiste républicaine. Guillou recueillit 2 153 voix sur 20 744 votants et 23 215 inscrits (9,2 %). Il se désista en faveur du communiste André Parsal qui fut élu.

Le compte rendu de la réunion de la section socialiste de Maisons-Alfort du 13 mars 1937 signale que Guillou, membre de la section de Saint-Maur, était venu défendre une motion de Saint-Maur demandant la convocation d’un conseil fédéral extraordinaire. Il " critique l’action du gouvernement en ce qui concerne l’épuration des cadres. Il fait ensuite une critique du Bureau fédéral et de la façon dont s’est tenu le conseil national ". Sa motion obtint huit voix contre trente-cinq et trois abstentions.

Robert Guillou était chef de service au ministère des Finances durant l’Occupation (chef de bureau de la régie des dépenses du commissariat à la lutte contre le chômage) et directeur des Établissements Pérez. Il adhéra au Groupe collaboration de 1942 à 1944, payant trois cotisations. Il l’aurait fait car appartenant à un groupe de militants socialistes résistants du Mouvement national révolutionnaire (MNR) pour lesquels il établit des rapports sur ce mouvement. Il aida, grâce à son poste au commissariat au chômage, des connaissances et des résistants à échapper au STO. Il bénéficia à la Libération d’attestations de Maurice Jacquier* pour le MNR, de Michel Joublin et de Denis René.
Son affaire fut classée en Cour de Justice le 12 juillet 1945, puis en chambre civique.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74718, notice GUILLOU Robert, Jean par Claude Pennetier, Gilles Morin, version mise en ligne le 27 octobre 2015, dernière modification le 27 octobre 2015.

Par Claude Pennetier, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., Z/6SN/75/26252. — Arch. Com. Créteil. — Georges Lachapelle, Les élections législatives, op. cit. — Procès verbaux de la section socialiste de Maisons-Alfort. — État civil en ligne cote V4E 8235, vue 2.

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