VERMOT-DESROCHES Roger, Joseph, Albert

Par Claude Cuenot, Claude Pennetier

Né le 24 septembre 1896 à La Grand-Combe-Châteleu (Doubs), mort le 26 mars 1978 à Argenteuil (Val-d’Oise) ; militant communiste ; maire de Seloncourt (Doubs) de 1925 à 1929 et de 1931 à 1935, maire de Villeneuve Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) de 1947 à 1957.

Fils d’un facteur, républicain, Roger Vermot-Desroches obtint son certificat d’études en 1910 puis fut employé de bureau à l’usine Peugeot d’Audincourt. Bien qu’admirant Jaurès, il n’était pas membre du Parti socialiste. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale dans l’artillerie, il devint vraiment hostile à la guerre pendant l’hiver 1917. Démobilisé en septembre 1919, il adhéra à la SFIO. Il apporta son soutien aux syndicalistes Eugène Hug* et Fernand Monnier*, les aida à rédiger leurs tracts. Devenu partisan de l’adhésion à la IIIe Internationale, il rejoignit le Parti communiste, comme la majorité de la Fédération socialiste.

Appelé par Flavien Mailluchet* à la rédaction du Semeur, il quitta Peugeot pour s’occuper du journal communiste de janvier à juin 1924. En raison des difficultés financières et d’une condamnation, le journal cessa de paraître. Roger Vermot-Desroches travailla ensuite à la coopérative « La Fraternelle » de Valentigney. Il fut élu maire communiste de Seloncourt le 17 mai 1925. Il engagea une série de travaux financés par une taxe imposée aux employeurs de domestiques. Avec le développement de la CGTU, la direction des usines Peugeot accrut ses pressions contre la municipalité : les conseillers travaillant à l’usine furent licenciés.

Condamné le 19 juillet 1929 à 25 F d’amende et 100 F de dommages et intérêts à la suite d’une grève chez Peugeot, il fut suspendu de ses fonctions par décision du 25 août 1929. A partir du 5 septembre 1931, il exerça à nouveau ses fonctions de maire. Candidat de principe présenté par le Bloc ouvrier et paysan aux élections législatives d’avril 1928, dans la circonscription de Gray (Haute-Saône), R. Vermot-Desroches obtint 139 voix sur 13 477 votants. A nouveau candidat du Parti communiste aux législatives de 1932 dans la circonscription de Montbéliard (Doubs), il recueillit au premier tour 1 916 voix et 752 au second sur 26 846 inscrits. En octobre 1931 et octobre 1934, il fut candidat malheureux au conseil d’arrondissement dans le canton d’Hérimoncourt.

Entré comme comptable à la coopérative « La Fraternelle » de Valentigney en 1924, et devenu chef du personnel, il se trouva en 1932 en conflit avec les communistes opposés à la ligne suivie par le PC (voir Louis Renard) qui devaient fonder la Fédération communiste indépendante de l’Est. Roger Vermot-Desroches conduisit la mise au pas. À Seloncourt seuls deux conseillers restèrent au PC avec lui ; après la crise, le PC n’eut pratiquement plus d’activité dans la région.
Roger Vermot-Desroches fut renvoyé de « La Fraternelle », et demeura trois ans sans emploi. Aux élections municipales de 1935, la liste d’unité antifasciste conduite par Vermot-Desroches obtint 436 voix et fut battue par la liste d’entente communale de Jean-Pierre Peugeot qui fut élu maire. Vermot écrivit un article titré « Fascistes », dans lequel il faisait état de pressions exercées sur les électeurs.

Battu et sans emploi, la direction du PC l’appela en région parisienne. Il assura le secrétariat du maire de Colombes, Élie Bruneau* de juillet 1935 à février 1938. Ensuite, le Franc-comtois Henri Janin lui proposa le poste de sous-directeur de l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise). Après la Seconde Guerre mondiale, il fut directeur de l’hôpital d’Argenteuil.

À la mort d’Henri Janin en juin 1946, Charles Benoist assura une transition pendant un an, mais aux élections du 21 octobre 1947, Roger Vermot-Desroches fut élu maire. Il occupa la première magistrature municipale jusqu’à l’annulation des élections du 20 février 1957. La liste d’Union ouvrière et démocratique qu’il avait dirigée pour les élections de 1953 fut accusée « d’excès de propagande électorale et de diverses fraudes » notamment par son rival socialiste Marius Faïsse. Vermot-Desroches écrivit à ce propos « Nous avons publié les textes et les documents du conseil de Préfecture d’Etat. L’injustice est flagrante ».

Tête de la liste communiste, il fut réélu comme simple conseiller municipal minoritaire en avril 1957. Vermot-Desroches ouvrit la séance du 12 avril 1957 (municipalité Marius Faïsse) au bénéfice de l’âge. Il fut de nouveau tête de liste communiste, sans succès, aux élections de 1959.

Marié en 1927, Roger Vermot-Desroches n’eut pas d’enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74599, notice VERMOT-DESROCHES Roger, Joseph, Albert par Claude Cuenot, Claude Pennetier, version mise en ligne le 11 octobre 2009, dernière modification le 17 mars 2016.

Par Claude Cuenot, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13115 et 13120. — Arch. Dép. Haute-Saône, 7 M 28. — Arch. Com. Montbéliard (interview de R. Vermot-Desroches). — Le Semeur, octobre 1931. — Arch. Com. Villeneuve-Saint-Georges. — Bulletin municipal de Villeneuve-saint-Georges, 1951. — La Renaissance de Seine-et-Oise, 1953-1957-1959. — Le Semeur ouvrier et paysan, 23 juillet 1932 et septembre-octobre 1934. — Témoignage de Madame Vermot-Desroches et M. R. Mortier. — Rens. mairie de Seloncourt. — Notes d’Emmanuel Hagen.

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