GUILLEMOT Raymond [GUILLEMOT Julien, Raymond]

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 15 janvier 1925 à Bubry (Morbihan), fusillé après condamnation à mort le 25 février 1944 à Vannes ; cultivateur ; résistant ; FTPF-FFI.

Raymond Guillemot
Raymond Guillemot
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance

Raymond Guillemot était le fils de Paul Guillemot, cultivateur, et de Nathalie Le Cunff, ménagère, domiciliés à Kerouarch-Trionnec en Bubry (Morbihan). Sur l’acte de décès de Raymond Guillemot, on le dit célibataire et cultivateur à à Kerouarch-Trionnec en Bubry, et son père y est déclaré ouvrier à l’Arsenal de Lorient (Morbihan), mais dans sa dernière lettre adressée à se parents, Raymond Guillemot déclare : « Mes derniers au revoir à tous nos voisins de Lanester ».

Le 10 décembre 1943, à la suite de plusieurs accrochages entre résistants et gendarmes dans le secteur de Guéméné-Pontivy (Morbihan), en particulier l’attaque le 30 novembre 1943 de la gendarmerie de Guéméné où des armes avaient été dérobées, le capitaine de gendarmerie de Pontivy, Gauffenic, fit arrêter huit jeunes cachés dans une bâtisse abandonnée dans la lande de Malguénac au retour d’une mission, et qui avaient été dénoncés par un paysan des environs. Il s’agissait de huit Frans-tireurs et partisans français (FTPF) appartenant au groupe Vaillant-Couturier fondé en octobre 1942 sous l’impulsion de René Jehanno dans le canton de Plouay (Morbihan) : Raymond Guillemot, Joseph Le Mouël, André Le Mouël, Jean Mahé, Ferdinand Malardé, Jean Robic, tous originaires de Bubry, ainsi qu’André Le Garrec et André Cojan originaires de Paris.
Ils furent livrés aux Allemands qui les transférèrent à la prison de Vannes (Morbihan), puis emmenèrent André Le Mouël le 13 décembre à Bubry pour lui faire désigner les domiciles des responsables FTPF Émile Le Carrer [Max] et René Jehanno [Jean]. L’opération tourna au fiasco pour les Allemands qui ne trouvèrent pas les deux responsables FTPF, laissèrent s’échapper André Le Mouël, mais arrêtèrent le père d’Émile Le Carrer comme otage.
Le 17 février 1944, Raymond Guillemot, Joseph Le Mouël, Jean Mahé, Ferdinand Malardé et Jean Robic furent condamnés à mort par le tribunal militaire allemand de Vannes FK 750 pour actes de sabotage sur les voies ferrées (7 déraillements). Ils ont été fusillés le 25 février dans la prison de Vannes, place Nazareth. Raymond Guillemot fut passé par les armes à dix heures treize avec son camarade Ferdinand Malardé.
Le Commissaire principal des Renseignements généraux du Morbihan au Directeur des Renseignements généraux à Vichy signale dans son rapport daté du 25 février 1944 qu’« en quittant la prison, le jeune Guillemot Raymond est parti menottes aux mains en criant " Vive la France " ».

Dernière lettre de Raymond Guillemot :
 
Vannes le 25 février 1944
 
Chers parents,
 
Je vous embrasse affectueusement pour la dernière fois. Reprenez courage, ne vous laissez pas abattre par le chagrin ; le temps qui s’écoulera effacera tout.
Je m’en vais le cœur calme avec la satisfaction d’avoir fait mon devoir. Effacez-moi de votre souvenir et vivez heureux. Embrassez pour moi toute la famille : oncles, tantes, cousins et cousines, mon petit filleul Raymond et mon petit neveu Jean-Paul.
Mes adieux à grand frère, à Rosa et Petit Jean-Paul. Mes derniers au revoir à tous nos voisins de Lanester.
je vous quitte tous et encore une fois courage.
L’avenir set à vous.
 
Raymond


Dès le 28 décembre 1943, deux FTP avaient exécuté le paysan qui avait signalé aux gendarmes la présence des jeunes résistants de Bubry installés à Malguénac.
André Cojan et André Le Garrec ont été déportés NN (Nuit et Brouillard) le 4 mai 1944 au camp du Struthof. Ils ont été libérés le 22 avril 1945 à Sachsenhausen, et sont rentrés.

La Feldkommandantur de Vannes (FK 750) fit paraître dans L’Ouest-Eclair, La Bretagne et La Dépêche de Brest deux « Avis » rédigés en ces termes :

« Avis de la Feldkommandantur
Le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur de Vannes, a condamné à mort et fait fusiller quatre habitants du pays qui s’étaient réunis pour piller dans les environs de Locminé. Ils avaient, en outre commis plusieurs attaques et vols avec effractions chez des habitants du pays. Ils étaient armés et masqués. »

« Avis de la Feldkommandantur
Les habitants de Bubry : Raymond Guillemot, Joseph Le Mouël, Jean Robic, Jean Mahé et Ferdinand Malardé, qui appartenaient à une bande organisée, ont été condamnés à mort par le tribunal militaire allemand pour actes de sabotage sur les voies ferrées et pour d’autres actes de violences. À la suite du jugement, les condamnés ont été fusillés le 25 février 1944 »

Raymond Guillemot a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI. Le titre d’Interné-résistant lui a été attribué en 1957.

Dans le Morbihan, le nom de Raymond Guillemot est inscrit sur le mémorial des fusillés de Saint-Avé (Morbihan).
À Bubry, il figure sur le monument aux morts et sur une stèle inaugurée en 1998 dans le cimetière communal portant l’inscription :
« À la mémoire des cinq patriotes de la résistance FTPF de Bubry, membres du groupe Vaillant-Couturier, fusillés par les nazis le 25 février 1944... »
Une rue de Lanester porte son nom depuis 1952.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74532, notice GUILLEMOT Raymond [GUILLEMOT Julien, Raymond] par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 6 octobre 2009, dernière modification le 4 septembre 2019.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Raymond Guillemot
Raymond Guillemot
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance
Dans <i>La Bretagne</i> du 3 mars 1944
Dans La Bretagne du 3 mars 1944
SOURCE : Archives départementales
du Morbihan, 2 W 11308
Sur le monument des fusillés</br>à Saint-Avé
Sur le monument des fusillés
à Saint-Avé
Dans le cimetière de Bubry
Dans le cimetière de Bubry
Sur le monument aux morts de Bubry
Sur le monument aux morts de Bubry
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, RG 16 P 278651. — Arch. Dép. Morbihan 2W 11308, exécutés par les Allemands . — Arch. Mun. Lanester, délibérations du conseil municipal du 26 juillet 1952. — Notes Jean-Pierre Besse. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013.— " Quelques lettres de fusillés-Ce qu’ils ont écrit avant de mourir face aux pelotons d’exécution nazis ", Ami entends-tu... Journal de la Résistance bretonne-ANACR, numéros 28-29, 1er semestre 1975. — État civil, Bubry (acte de naissance) ; Vannes (acte de décès).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément