HAZEMANN Robert

Par Yves Le Maner, Claude Pennetier

Né le 25 septembre 1872 à Fouday (Alsace occupée, Bas-Rhin), mort le 27 mars 1943 à Draveil ; médecin ; militant socialiste SFIO de la Somme et de la Seine ; conseiller municipal de Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) de 1919 à 1925.

Fils d’Henri Emmanuel, cocher, Robert Hazemann entreprit à Paris des études de médecine dans des conditions matérielles difficiles. Après avoir été interne des Asiles de la Seine, il soutint sa thèse de doctorat à l’âge de vingt-quatre ans et ouvrit, en 1897, un petit cabinet dans une commune rurale, à Combles (Somme).

Socialiste ardent, Robert Hazemann participa à la vie politique locale dès son installation. Il fut ainsi candidat « guesdiste » aux élections législatives de 1902 dans la seconde circonscription de la Somme et élu adjoint au maire de Combles en 1904. Il adhéra à la fédération socialiste SFIO de la Somme après l’unification de 1905.

En 1908, il s’établit à Albert où sa réputation était telle qu’il entra au conseil municipal la même année. L’année suivante, il obtint 26 voix aux élections sénatoriales et, en 1910, représenta la fédération départementale de la Somme au congrès national de Paris. Candidat également aux élections législatives dans l’arrondissement de Péronne, il totalisa 1 685 voix en 1910 et 3 170 en 1914.

Il semble qu’il se soit replié dans les environs d’Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis) au début des hostilités. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il fut à nouveau membre de la commission administrative de la Fédération socialiste de la Somme mais quitta ce département avant 1919.

Il habitait alors Vitry-sur-Seine et exerçait dans le quartier populaire du Port-à-l’Anglais. Il retrouva un siège le 7 décembre 1919 au conseil municipal où il constitua avec les autres élus du Port la minorité socialiste de l’assemblée par ailleurs radicale. On ignore son attitude politique après le congrès de Tours (décembre 1920) mais la préfecture de la Seine le qualifiait de « socialiste SFIO » à la veille des élections municipales de 1925 auxquelles il ne se représenta pas. Il avait d’ailleurs quitté la commune pour le XIIIe arr. de Paris où il résida provisoirement. En effet, sociétaire de la cité coopérative Paris-Jardins à Draveil (Seine-et-Oise, Essonne) depuis 1920 et membre de sa commission de contrôle, il vint y habiter et assura, à partir d’août 1924, la présidence de son conseil d’administration jusqu’à sa mort le 27 mars 1943.

Son fils, Robert-Henri Hazemann, médecin comme lui, prit, en novembre 1925, la direction du bureau d’hygiène de Vitry-sur-Seine entamant ainsi sa carrière d’hygiéniste de renom qui le conduisit à être, à l’époque du Front populaire, chef de cabinet d’Henri Sellier*, ministre de la Santé. Son fils cadet, Jean-Jacques Hazemann fut membre de la commission santé du PCF.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74509, notice HAZEMANN Robert par Yves Le Maner, Claude Pennetier, version mise en ligne le 6 octobre 2009, dernière modification le 5 février 2014.

Par Yves Le Maner, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Paris, DM3 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. — Arch. Dép. Somme, M 81 195. — Le Cri du Peuple, 6 février 1910. — Compte rendu du congrès socialiste de Paris. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, II, op. cit., pp. 635 et 639. — Lion Murard, Patrick Zylbermann, " Robert-Henri Hazemann, urbaniste social ", Urbi, X, 1987. — S. Bianchi et al., Histoire d’un domaine. Du château de Draveil à la cité coopérative Paris-Jardins, Association les Amis de l’histoire de Draveil et de la cité jardins, 1984, 350 p. — Renseignements recueillis par Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule. — État civil de Fouday. — Draveil, cent personnages au coeur de la cité Draveil, CLHD 2009 consacre une notice au docteur Hazemann décédé à Draveil le 27 mars 1943.

ICONOGRAPHIE : Histoire d’un domaine..., op. cit.

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