SAULNIER André, Léon, Jules

Par Paul Boulland, Claude Pennetier

Né le 22 juillet 1899 à Malakoff (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 10 novembre 1953 à Créteil (Seine, Val-de-Marne) ; métreur vérificateur ; militant communiste ; conseiller municipal (1945-1953) et maire (1945-1947) de Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne).

Fils d’un marchand de vins, décrit en 1946 comme communiste, et d’une couturière devenue institutrice, André Saulnier poursuivit sa scolarité jusqu’en deuxième année de cours complémentaire. Il exerça la profession de métreur-vérificateur. Appelé en 1917, il servit durant trois ans dans l’artillerie d’assaut, obtenant le grade de maréchal des logis. Il se maria à Paris (XIIe arr.), le 16 novembre 1920.

Syndiqué depuis 1921, André Saulnier adhéra à l’ARAC et au Parti communiste en 1928. Militant de Citry (Seine-et-Marne) où il fut trésorier de cellule, puis de la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) où il fut secrétaire de la section communiste en 1936-1938, il s’établit ensuite à Maisons-Alfort, où il devint secrétaire administratif de section jusqu’en août 1939. Il adhéra également au Secours rouge et à la FSGT.

Selon ses questionnaires biographiques, il fut arrêté le 30 août 1939 à Maisons-Alfort, alors qu’il préparait les premiers numéros de l’Humanité clandestine. Il fut interné à la prison de Fresnes jusqu’au 26 juin 1940. Dès sa libération, il reprit contact avec le parti clandestin et fut désigné comme responsable de l’organisation puis politique pour Charenton, Créteil et Bonneuil, sous le pseudonyme de Bargerot. En octobre 1942, il fut sanctionné pour avoir manqué aux règles de sécurité et renvoyé à la base. « Très affecté » par cette décision, qu’il jugeait injustifiée en 1946, il se réfugia en Seine-et-Marne où il continua d’aider à la reconstitution de l’organisation communiste. En février 1943, il fut réadmis dans l’organigramme clandestin et désigné responsable à l’organisation puis responsable politique pour la Seine-et-Marne. Il aida à la constitution de groupes FTP et participa à leurs actions (attentats, sabotages). En avril, il revint en banlieue comme adjoint de Robert Deloche à la région Paris-Est. En novembre 1943, à Maisons-Alfort, il mena une nouvelle tentative d’attentat contre l’ancien maire de la ville, Albert Vassart. Il fit feu sur lui à l’angle de l’avenue Gambetta et de la rue de Créteil, sans parvenir à l’atteindre. En août 1944, André Saulnier participa aux combats de la Libération.

Trésorier de la fédération Paris-Est en 1944-1945, il succéda à Jean-Marie Marceau qui n’est resté que très peu de temps, comme président du Comité local de Libération de Maisons-Alfort et conserva son siège au conseil municipal provisoire mit en place le 19 novembre 1944. Élu conseiller municipal communiste de la commune le 13 mai 1945 avec le plus grand nombre de voix, il obtint la première magistrature municipale le 17 mai 1945. Toutefois, en 1946, un responsable aux cadres du PCF le jugeait sévèrement. Tout en reconnaissant son courage dans la clandestinité, il évoquait une « tendance au travail personnel », une « déformation municipale » et proposait de le cantonner à des tâches pratiques. Aux élections municipales du 19 octobre 1947 et du 26 avril 1953, il fut élu comme simple conseiller municipal. Jean Maupas puis Arthur Hevette, du Rassemblement du peuple français (RPF), lui succédèrent aux fonctions de maire, suivis de René Nectoux.

André Saulnier mourut en cours de mandat. Il est enterré au cimetière de Maisons-Alfort.
Sa épouse Hélène, née en 1899, mourut en 1985.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74501, notice SAULNIER André, Léon, Jules par Paul Boulland, Claude Pennetier, version mise en ligne le 6 octobre 2009, dernière modification le 31 août 2018.

Par Paul Boulland, Claude Pennetier

Tombe d’André Saulnier au cimetière de Maisons-Alfort
Tombe d’André Saulnier au cimetière de Maisons-Alfort

SOURCES : Arch. de la fédération communiste du Val-de-Marne. — Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426. — G. Blanc-Césan, Les maires du Val-de-Marne, 1988. — État civil de Malakoff. — Notes d’Emmanuel Hagen. — Le fichier Wikipédia, après avoir déformé le nom de Vassart en Vassard, qualifie Saulnier de RPF (consulté le 10 décembre 2013).

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