JEAN Fernand, Paul

Par Jacques Girault

Né le 30 septembre 1901 à Dieulefit (Drôme), mort le 28 janvier 1994 à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) ; tailleur de pierre puis moniteur dans un centre de formation professionnelle ; militant communiste et syndicaliste CGTU puis CGT ; adjoint au maire de Gentilly (Seine, Val-de-Marne) de 1935 à 1939.

Fernand Jean était le fils d’un maçon devenu tailleur de pierre et d’une ouvrière dans une filature de soie. Son père, syndicaliste, à la suite de grèves en 1906 et en 1910 à Ancy-le-Franc (Yonne), dut aller travailler à Longueville (Seine-et-Marne ; restauration des remparts de Provins), puis, à partir de 1911, s’installa avec sa famille à Reims (Marne) où il participait aux travaux de restauration de la cathédrale. Fernand Jean, après s’être initié pendant les vacances scolaires aux côtés de son père, commença un apprentissage en 1914. Son père fut alors mobilisé ; Reims fut évacué et sa famille alla habiter la région parisienne. Il dut, pour gagner de l’argent, devenir aide-vendeur dans un magasin du XVIIe arr., puis, en 1915, aide-serrurier à l’hôpital américain de Neuilly.

Son père fut affecté spécial, en 1916, dans une usine d’armement à Rive-de-Giers (Loire). Fernand Jean reprit alors son apprentissage de tailleur de pierre, mais dut l’interrompre après la mort de son père, emporté par la grippe espagnole. Rentré à Paris, il travailla à nouveau comme vendeur, puis, la paix revenue, termina son apprentissage à Reims.

Affecté dans l’infanterie, Jean, comme sergent, participa au début de l’occupation de la Ruhr. Libéré en 1923, il travailla à Reims (Marne) à la reconstruction de la ville.

Marié en août 1924 à Reims, sa fille ne reçut aucun sacrement. Il vint alors en région parisienne et habita au début des années 1930 à Maisons-Laffitte.

Syndiqué dès 1925 à la CGTU, il adhéra l’année suivante au syndicat général des travailleurs de la pierre (automne) et milita avec la fraction communiste (Opposition syndicaliste révolutionnaire). Il adhéra au Parti communiste en septembre 1925 alors qu’il travaillait sur le chantier de la bibliothèque de Reims.

Fernand Jean habitait Villejuif à partir de 1932 dont le maire était Paul Vaillant-Couturier. Membre de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires et de la rédaction de Commune, il y publia plusieurs articles, ainsi, que plus tard, une contribution dans un ouvrage écrit par des ouvriers.

Membre du bureau du rayon communiste, Jean suivait la cellule de Gentilly. La municipalité dirigée par Gratien connaissait de graves difficultés. Les communistes s’efforçaient, en dépit de leurs faiblesses, de créer les conditions pour une éventuelle victoire municipale. Jean fut l’un des rédacteurs de la rubrique sur Gentilly de l’hebdomadaire Front rouge.

À la suite de démissions successives, des élections municipales partielles eurent lieu, les 26 novembre et 3 décembre 1933. Fernand Jean n’habitait pas Gentilly mais figurait parmi les candidats communistes qui furent élus. Ils ne votèrent pas le budget, mettant ainsi le préfet dans l’obligation de prononcer la dissolution du conseil, le 14 janvier 1934. Jean, qui allait habiter la commune, fut réélu, le 18 février sur la liste dirigée par Charles Frérot et Georges Beaugrand, que le Parti communiste venait d’envoyer pour aider les cadres locaux. À la suite de ce succès municipal, l’organisation communiste à Gentilly se renforça ; le nombre des cellules grandit ; Jean joua un rôle actif.

Aux élections générales des 5 et 12 mai 1935, les sortants furent réélus. Jean devint troisième adjoint et assuma très souvent les fonctions de maire en raison des absences de Georges Beaugrand. Il eut de nombreux accrochages avec celui-ci au sein du bureau municipal et du parti.

En 1937, Fernand Jean fut affecté au secrétariat particulier d’Aragon, alors directeur de Ce Soir. Deux mois plus tard, il devenait secrétaire administratif du groupe communiste à l’Assemblée nationale. En 1939, secrétaire de la Caisse des écoles de Villejuif, il était, depuis la décentralisation, l’année précédente, de la section communiste de Villejuif, secrétaire de la section communiste du Kremlin-Bicêtre.

Mobilisé en 1939 comme sergent au 460e régiment de pionniers, Jean fut fait prisonnier, le 10 juin 1940, au pied du Ballon d’Alsace. Interné pendant deux mois à Neuf-Brisach, il fut transféré au Stalag VI, puis dans un commando en Westphalie. Il travailla alors dans une usine de réparations de matériel ferroviaire et fut ainsi en contacts permanents avec la population allemande. Il participa à quelques sabotages et tenta de s’évader à trois reprises.

À l’arrivée des troupes américaines, Fernand Jean fut libéré et rejoignit sa famille à Reims, le 22 avril 1945. Revenu à Gentilly, il devint secrétaire du maire communiste de Cachan, Léon Juzaine*, jusqu’à sa défaite aux élections de 1947.

À partir de 1950, Jean fut le secrétaire de la section communiste de Gentilly. Il contribua notamment à isoler et à battre politiquement l’adjoint au maire.

En 1951, Jean devint moniteur tailleur de pierres à l’école de formation professionnelle des adultes de Limoges (Haute-Vienne). En poste jusqu’en 1955, il assura le secrétariat de la section syndicale CGT des personnels enseignants et administratifs de l’école.

Retiré dans la Sarthe à Parcé, en 1965, Jean, vétéran du Parti communiste, fut le secrétaire de la cellule communiste jusqu’en 1980.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74418, notice JEAN Fernand, Paul par Jacques Girault, version mise en ligne le 28 septembre 2009, dernière modification le 5 juillet 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : RGASPI, 495 270 8460. — Arch. Paris, DM3 ; versement 10451/76/1. — Arch. PPo 101. — Arch. Com. Gentily. — Renseignements communiqués par Claude Pennetier et par l’intéressé. — Sources orales.— Etat civil.

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