SANCHEZ-MANJON Julio puis SANCHEZ Jules

Par Daniel Grason

Né le 5 octobre 1918 à Cantalpino (Espagne) ; terrassier, ajusteur ; volontaire en Espagne républicaine ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; déporté.

Fils de Manuel et de Ana Maria, née Manjon, Julio Sanchez-Manjon arriva avec ses parents le 21 juillet 1926 en France. Ils résidèrent dans le département de l’Aisne à Montescour-Lizerolles, ils vinrent en région parisienne en 1932. La famille habita dans le XIIIe arr., puis à Ivry-sur-Seine 26 rue de Paris, 143 route de Choisy, enfin il demeura seul 10 bis rue Port-Arthur.

Manœuvre, il travailla aux établissements Lick et des brevets Paramount rue Mirabeau à Ivry-sur-Seine. Dès le début du putsch de Franco en Espagne il partit combattre dans les Brigades internationales. Blessé au cours des combats de Teruel (hiver 1937-1938) et amputé d’une jambe, il vivait à Ivry-sur-Seine après son retour, en 1938.

Dès juin 1940, titulaire d’un récipissé de demande de carte d’identité au titre de manœuvre valable jusqu’au 23 juillet 1942, il travailla comme terrassier chez Signoroni, Camp Français à Chartres (Eure-et-Loir), pour les Allemands. Il rentrait tous les quinze jours à Ivry-sur-Seine, emmenait lors de son retour des tracts édités par le parti communiste. Avec la complicité du chef de chantier, également espagnol, il glissait des exemplaires de l’Humanité clandestine, des tracts sur la guerre en Union soviétique, des papillons dans les vêtements de soldats et d’officiers allemands.

Imprudemment, il s’en vanta. Le commissaire d’Ivry-sur-Seine adressa le 10 août 1941 un rapport sur l’activité de Julio Sanchez-Manjon aux directeurs renseignements généraux et de la police judiciaire. Il fut arrêté par la police française à Chartres le 7 octobre 1941, détenu quarante-huit heures au commissariat de la ville, puis remis à la Gestapo.

Il fut probablement emprisonné, interné à des dates inconnues. Le 17 janvier 1944, il était dans un convoi à destination de Buchenwald (Allemagne), mille neuf cent quarante-trois prisonniers : mille cinq cent six français et quatre cent trente-sept étrangers, dont deux cent trente-deux Espagnols (et huit nés en Andorre), soixante-dix-sept Italiens, vingt-deux Polonais, dix-sept Néerlandais, quinze Belges et neuf apatrides. Ils arrivèrent au camp de concentration le 19 janvier, le parcours concentrationnaire de Julio Sanchez-Manjon resta inconnu.

Matricule 39458, il rentra en France le 5 mai 1945. Auditionné sur les circonstances de son arrestation, il déclara qu’il fut dénoncé comme « communiste et pour avoir glissé des tracts dans les vêtements de soldats et officiers allemands ». En juin 1945, il travaillait comme ajusteur à la société aéronautique Marcel Dassault à Saint-Cloud (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine), il vécut avec Suzanne Depper. En avril 1948, il était domicilié 71 rue des Tilleuls à Boulogne-Billancourt. Il obtint sa naturalisation le 11 août 1968, fut autorisé à s’appeler Jules Sanchez.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74167, notice SANCHEZ-MANJON Julio puis SANCHEZ Jules par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 mars 2012, dernière modification le 16 février 2012.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., RG77W 85. – Michèle Rault, Volontaires en Espagne républicaine. Notices biographiques des volontaires ivryens, Arch. Mun., Ivry-sur-Seine, 1986. – Rapport de police conservé au Musée de la Résistance, 10 août 1941. – Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Ed. Tirésias, 2004.

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