RIGAULT Marcel, Albert, Eugène

Par Jacques Girault

Né le 26 juillet 1890 à Beauvais (Oise), mort le 31 janvier 1974 à Montmagny (Val-d’Oise) ; horloger, employé communal, permanent d’organisations ; militant communiste de l’Oise et d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; conseiller municipal ; résistant.

Fils d’un horloger, Marcel Rigault obtint le certificat d’études primaires puis commença son apprentissage d’horloger à Noyon (Oise). Myope, il abandonna cette voie et vint travailler à Paris comme calicot. Il fréquenta alors les milieux anarchistes. Réformé, il adhéra au Parti socialiste au lendemain de l’assassinat de Jean Jaurès. Socialiste minoritaire, de tendance zimmerwaldienne, il fut arrêté en janvier 1919 pour avoir distribué des tracts de propagande bolcheviste aux soldats. Emprisonné à la Santé, il fut acquitté par le conseil de guerre. Il tenait l’horlogerie familiale avec sa mère puis avec son épouse, Renée Rigault*.

Rédacteur en chef du Franc-parleur de l’Oise, Marcel Rigault, selon le commissaire spécial de Beauvais, appartenait au « groupe révolutionnaire de l’Oise », considéré comme « un soviet rattaché à la fédération communiste ». Il signa, en tant que membre du Comité de la IIIe Internationale, la motion d’adhésion pour le congrès de Tours. Secrétaire adjoint (août 1921), puis secrétaire de la fédération communiste de l’Oise, il se prononça en faveur du Front unique à la conférence des secrétaires fédéraux, le 21 janvier 1922. Le congrès de la fédération de l’Oise, en janvier 1924, le délégua au congrès national de Lyon. En 1925, toujours secrétaire fédéral, domicilié à Beauvais, il fut candidat au conseil d’arrondissement.

Le 4 août 1925, le bureau d’organisation le désigna comme responsable de la section administrative. Devenu permanent dans l’appareil central du Parti communiste, collaborant au Bulletin hebdomadaire de la presse, Marcel Rigault habita Ivry (Seine, Val-de-Marne) (1925-1931), Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis) (1931-1933), enfin Montmagny. Il fut envoyé fin août 1926 à Rennes (Ille-et-Vilaine) par la direction du parti pour mener une enquête sur la situation dans la région. En 1927 et 1928, il séjourna auprès du comité exécutif de l’IC. À son retour en France, il travailla au comité central et à l’Humanité. En 1929, il représenta le bureau politique auprès de la rédaction du quotidien. En 1931, secrétaire du IVe rayon communiste, peu après, il devint secrétaire administratif de la CGTU et s’occupa tout particulièrement de la question des Assurances sociales. Malade de 1933 à 1936, il entra ensuite à la mairie d’Épinay-sur-Seine où sa femme, Renée Rigault, travaillait déjà.

Arrêté en novembre 1939, condamné à cinq ans de prison, il fut emprisonné à la Santé, à Angoulème, Poissy puis aux Tourelles (Paris), au camp de Rouillé (Vienne) et à celui de Voves d’où il s’évada avec Raymond Tournemaine. Arrêté de nouveau en août 1944, Marcel Rigault fut libéré huit jours plus tard par la police parisienne.

Membre du Comité local de Libération de Montmagny, il fut élu conseiller municipal le 29 avril 1945 sur la liste du Front de la rénovation nationale. Il ne se représenta pas en 1947. Il reprit pour peu de temps ses fonctions à la mairie d’Épinay puis travailla au siège du Front national. Devenu ensuite comptable à la librairie de la CGT, il occupa, comme dernier emploi, celui de documentaliste auprès du bureau confédéral.

Marcel Rigault et Renée Roger s’étaient mariés en 1914 à Saint-Just-des-Marais (Oise) et leur fille, Jacqueline Rigault*, fut également militante.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74138, notice RIGAULT Marcel, Albert, Eugène par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 septembre 2009, dernière modification le 1er octobre 2009.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F7/13091 et 13092. — Arch. Dép. 93, BMP, microfilms n° 76, 100, 166, 194. — Rens. de Jacqueline Rigault, A. Boullé et P. Delon. — Notes de G. Mader et É. Fruit.

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