RICHARD Gaston

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

Né le 27 février 1894 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 19 janvier 1974 à Joigny (Yonne) ; militant socialiste puis communiste ; maire adjoint d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; résistant dans l’Yonne.

Fils d’un journalier et d’une confectionneuse, Gaston Richard, petit-fils du Communard Briatte fusillé à la porte d’Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine), quitta l’école à l’âge de douze ans et demi pour faire son apprentissage d’ouvrier gainier. En 1913, il s’engagea dans la Marine pour trois ans qui se transformèrent en six à cause de la guerre. Ce fut à bord du Jean-Bart qu’il apprit que « les Bolcheviks prenaient le pouvoir et instauraient la République des ouvriers, paysans et soldats ». Chargé des écoutes radio, il avait capté « l’appel de Lénine aux armées impérialistes » qu’il fit connaître au lieu de le taire. Il fut débarqué « comme esprit démoralisant » et rejoignit en prison les autres marins de la mer Noire. Il allait appartenir, par la suite, au Comité de défense des marins de la mer Noire.

Libéré en octobre 1919, Gaston Richard vint à Ivry-sur-Seine où habitait sa sœur, Lucienne Richard. Il était venu la voir au cours d’une permission en 1916 et avait, sous son impulsion, adhéré aux Jeunesses socialistes. Il eut alors l’idée de fonder un club sportif, l’Union sportive du travail d’Ivry (« c’était un club créé par les socialistes pour les socialistes et leurs familles »), dont il devint le secrétaire et Lucienne Richard la trésorière. Ils étaient assistés de Gustave Lemaire, instituteur, et d’un professeur de gymnastique, M. Aimé.

Favorable à la IIIe Internationale, Gaston Richard rallia les rangs du Parti communiste au lendemain du congrès de Tours (décembre 1920). Il devint secrétaire de la section d’Ivry après la mort de Paul Caille, en 1922. Il était alors artisan gainier et gérant du journal, Germinal, organe communiste et syndicaliste des cantons d’Ivry et de Villejuif (Seine, Val-de-Marne), ce qui lui valut d’être poursuivi et condamné à payer des amendes. Le 10 mai 1925, il fut élu conseiller municipal communiste de la première section (centre) sur la liste conduite par Georges Marrane et désigné, quelques jours plus tard, comme premier adjoint. Il accepta d’être à nouveau candidat au scrutin de 1929 mais céda sa place à Marie Lefèvre qui fut élue bien qu’inéligible. Il continua néanmoins à militer activement à l’Union des travailleurs d’Ivry dont il était le secrétaire, au comité du 4e rayon de la Fédération communiste de la région parisienne et à l’aéroclub « Les Aiglons d’Ivry ».

Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, Gaston Richard revint à Ivry en 1940 et rejoignit la Résistance dans l’Yonne. Sa femme, Marguerite Richard, fut arrêtée le 16 juillet 1941 pour détention de tracts et détenue à La Roquette (Paris), aux Tourelles (Paris), à Gaillon (Eure), à Aincourt (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) et à Poitiers (Vienne) puis déportée. Gaston Richard fit partie de ceux qui reprirent la mairie d’Ivry à la Libération. Il vint vivre dans l’Yonne en 1948 et créa une cellule aux Ormes. Sa femme devint secrétaire de la Fédération nationale des internés, déportés, résistants et patriotes (FNIDRP).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74127, notice RICHARD Gaston par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 17 septembre 2009, dernière modification le 28 décembre 2018.

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

SOURCES : Arch. Paris, DM3 ; vers. 10451/76/1. — Notes autobiographiques — Témoignage de sa fille, Raymonde Mylord. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine.

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