ROUSSEAU René, Clément, Eugène, Jean

Par Claude Pennetier

Né le 21 août 1906 à Paris ; employé aux écritures, employé municipal ; militant communiste ; adjoint au maire de Bagneux (Seine, Hauts-de-Seine).

Fils de René, Eugène, Georges Rousseau, artiste et chauffeur de taxi, et d’une ménagère, René Rousseau fut élevé par ses grands-parents dans la Sarthe jusqu’à l’âge de douze ans. Il eut une éducation « bourgeoise et catholique ». Revenu à Arcueil (Seine, Val-de-Marne) en 1917, il vécut dans un milieu cultivé et socialiste. Après l’école primaire, il eut divers petits emplois dont celui d’employé aux écritures à la maison Chapoulet en 1926. Il donne une version légèrement différente dans l’autobiographie qu’il rédigea en 1938 : « J’ai été à l’école primaire d’Arcueil, puis au cours complémentaire de Montrouge. J’ai dû interrompre pour travailler. J’ai reçu mon éducation politique près de mon père, en m’instruisant par moi-même (…) Je connais l’anglais mais ne le pratique pas (…) Employé de bureau, aide-comptable depuis ma sortie de l’école. J’ai travaillé aux avions Voisin, à la biscuiterie Guilloret, à la (illisible) Vil Cy-de Launay (dans le Sentier), Editions Leduc rue Saint-Honoré, Bureau d’édition [du Parti communiste], mairie de Bagneux. (…) J’ai été membre de la FTOF à sa naissance et faisais partie de sa direction. Je suis membre du syndicat des communaux, sans poste responsable. J’ai été membre du syndicat des comptables depuis 1928, sans responsabilités. »

Il partit alors au service militaire et fut envoyé au Maroc, dans le Rif, où son régiment combattit Abd-el-Krim. Revenu à Arcueil en 1928, il donna son adhésion au Parti communiste, écrivit-il en 2002. Son autobiographie donne une chronologie légèrement différente : « Je suis entré au Parti d’abord en 1930, alors que j’étais au bureau d’éditions. Je suis parti quelque temps en province et j’ai adhéré de nouveau quand j’ai pu (région Seine-Inférieure et Eure) en mai 1936, à la section de Givors. J’ai été secrétaire adjoint et quand je suis parti en juin 1937, j’étais membre du comité départemental de l’Eure ». Il militait en même temps activement à la Fédération du théâtre ouvrier français. Recruté par concours comme employé de mairie à Bagneux, il fut secrétaire du maire communiste Albert Petit et siégea au bureau municipal. Il était responsable administratif de la section de Bagneux.

Lorsqu’il répondit en 1938 au questionnaire autobiographique de la commission des cadres, il fit un long développement à la question 40 concernant le trotskisme : « Je n’ai jamais fait partie d’aucune opposition dans le Parti, et j’ai toujours combattu le trotskisme. En 1928, toutefois, une de mes sœurs, Nelly, s’est trouvée liée, de même que moi-même, avec des camarades du Parti en qui nous avions confiance. Nous avons appris par la suite qu’ils étaient trotskistes. Seule, ma sœur continua ses relations avec eux, et se trouva entraînée jusqu’à devenir la compagne de Treint [Albert Treint]. J’ai rompu toutes relations avec elle depuis six ans, de même que toute ma famille et nous ignorons actuellement jusqu’à son existence. Je condamne toute opposition dans le Parti. Je considère les trotskistes comme ayant eu des positions fausses et néfastes au parti et méprise leur méthode de liaison, avec la terreur et l’espionnage fascistes ». La commission des cadres nota avec satisfaction cette rupture et le classa A1 (cadre à promouvoir et à orienter vers les écoles de formation).

Mobilisé le 2 septembre 1939, il fut fait prisonnier et ne revint d’Allemagne qu’en mai 1945. Il fut aussitôt élu premier adjoint de Bagneux et la resta jusqu’en 1949. Il reprit alors sa carrière professionnelle dans l’emploi communal jusqu’en 1970, tout en se passionnant pour l’histoire locale et l’histoire de la Commune de Paris. Il publia les archives de la société populaire de l’an II et les souvenirs de deux combattants de la Commune de Paris. Il fit don à divers musées, des œuvres d’art en possession de son père, dont un petit buste du poète Verlaine (anonyme) qui a été conservé les collections du musée d’Orsay et exposé. Son travail d’aide aux musées lui valut le titre de chevalier de l’ordre national des arts et lettres.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74123, notice ROUSSEAU René, Clément, Eugène, Jean par Claude Pennetier, version mise en ligne le 17 septembre 2009, dernière modification le 19 juillet 2010.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 2834, autobiographie de René Rousseau, 14 octobre 1938. — Arch. Com. Arcueil. — Lettre de René Rousseau, 7 septembre 2002.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément