QUINCEY Édouard, François

Par Michèle Rault

Né le 11 janvier 1880 à Paris (IXe arr.), mort le 6 juin 1960 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; ouvrier en fer ; syndicaliste et militant communiste ; conseiller municipal puis maire adjoint d’Ivry-sur-Seine (1929-1940, 1945-1948).

Fils d’un employé de commerce et d’une blanchisseuse, cadet d’une famille de cinq enfants, Édouard Quincey fréquenta l’école primaire laïque jusqu’à l’âge de douze ans et demi. Il travailla aux établissements Effel de Levallois (Seine, Hauts-de-Seine) jusqu’au service militaire en 1901 puis, à son retour, trouva à s’embaucher dans différents lavoirs de Paris et de banlieue. Syndiqué à partir de 1903-1904, il milita jusqu’en 1911 au syndicat des garçons de lavoir dont il fut le secrétaire. Malade, il dut quitter cette profession et entra chez Damoy, une entreprise de conserves alimentaires d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) jusqu’à la mobilisation, le 2 août 1914. La guerre finie, il travailla comme ouvrier en fer chez Vavasseur et Grandel à Paris (XIIIe arr.) puis aux forges Vedovelly à Ivry-sur-Seine. En 1919, ne trouvant plus à s’embaucher dans la métallurgie, il devint commis chez un mandataire aux Halles de Paris. Il contribua à créer le syndicat des travailleurs des Halles et en devint l’un des dirigeants.

En 1924, il rejoignit les rangs du Parti communiste. Il eut des responsabilités successives au sous-rayon puis au secrétariat de rayon d’Ivry-Vitry et enfin à la commission d’organisation de la région communiste. Bien que proposé comme candidat lors des élections municipales de 1925, il demanda à être retiré de la liste à cause de sa charge de travail syndical et, pour les mêmes raisons, quitta le Parti communiste en 1928. Néanmoins, il accepta de figurer sur la liste conduite par Georges Marrane lors du scrutin du 12 mai 1929 pour y représenter les organisations syndicales. Élu, il demanda à être réintégré dans les rangs du Parti communiste.

En 1930, il abandonna ses fonctions au syndicat des garçons de lavoir pour prendre des responsabilités au sein du comité intersyndical d’Ivry. La même année, Édouard Quincey cessa son travail aux Halles pour raisons de santé et fut embauché par la municipalité de Vitry-sur-Seine (Seine). Dans son autobiographie communiste d’institution de 1933, il disait consacrer peu de temps à la lecture et ne citait que des extraits de Lénine. Il fut réélu lors du scrutin de mai 1935 et suivit de nombreuses actions politiques et syndicales dans la commune d’Ivry. En 1939, il était secrétaire de l’Amicale des vieux travailleurs.

Déchu de son mandat le 9 février 1940, il fut interné administrativement le 5 mars suivant dans différents camps français. Il fut libéré pour maladie le 23 novembre 1943. Appelé le 10 octobre 1944 à siéger au Comité local de Libération comme représentant des Vieux travailleurs, Édouard Quincey fut désigné quelques jours plus tard comme adjoint au sein du conseil municipal provisoire. Réélu lors des élections municipales du 29 avril 1945, il devint cinquième adjoint au maire. Il fut encore plébiscité le 19 octobre 1947 mais démissionna de son mandat le 1er janvier 1948 pour s’occuper du foyer des Vieux travailleurs. Il animait alors l’Union des vieux travailleurs de France.
Edouard Quincey s’était marié le 10 mai 1927 avec Louise Sibille à Ivry-sur-Seine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74069, notice QUINCEY Édouard, François par Michèle Rault, version mise en ligne le 16 septembre 2009, dernière modification le 9 avril 2011.

Par Michèle Rault

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 8475, autobiographie, 1933, classé A (notes de Claude Pennetier). — Arch. Dép. Paris, DM3, vers. 10451/76/1. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Arch. PPo. 101. — J. Chaumeil, Venise Gosnat, Paris, 1975.

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