MICALEF Joseph

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

Né le 1er juillet 1893 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 28 juillet 1967 à Appoigny (Yonne) ; métallurgiste ; syndicaliste CGT et militant socialiste puis communiste ; conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) de 1922 à 1940 et de 1944 à 1965.

Joseph Micalef en 1929
Joseph Micalef en 1929
[Ach. Com. Ivry-sur-Seine]

Fils d’un cordonnier et d’une couturière, Joseph Micalef fut d’abord apprenti peintre puis acquit la qualification de mécanicien-ajusteur. Il se fixa à partir de 1912 à Ivry-sur-Seine. Syndiqué dès l’âge de seize ans, il rejoignit les Jeunesses socialistes. Après la Première Guerre mondiale, il entra à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), retrouva ses activités syndicales à la CGT, adhéra au Parti socialiste SFIO et milita en faveur de la IIIe Internationale. Il fut de ces premiers Ivryens qui rallièrent les rangs du Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920) et animèrent le sous-rayon local. Ayant organisé une grève en 1922 à la STCRP, il en fut révoqué. Joseph Micalef fut alors embauché à l’United Shoe, entreprise ivryenne spécialisée dans l’industrie métallique où il créa une section syndicale et fonda en 1925 une cellule communiste.

Joseph Micalef avait profité le 23 avril 1922 des élections municipales complémentaires dans le quartier du Port pour entrer au conseil municipal où il fit partie de la minorité communiste. Il fut réélu en mai 1925 sur la liste d’Eugène Westermeyer puis en mai 1929 sur la liste conduite par Georges Marrane lorsque le sectionnement de la commune disparut. Ayant conservé son siège en mai 1935, il devint adjoint au maire. Le conseil de préfecture le déchut le 9 février 1940 de son mandat pour appartenance au Parti communiste.

Mobilisé, puis démobilisé, Joseph Micalef fut arrêté en mai 1940 avec Louis Bertrand, Jean Mazet, Hippolyte Marquès et Venise Gosnat, interné au camp de Baillet à l’Île-d’Yeu (Vendée), à Riom-ès-Montagne (Cantal), puis déporté en Algérie au camp de Djelfa et à la prison Bossuet (Oran).

À la Libération, membre du conseil municipal provisoire, il retrouva ses fonctions de concierge de la cité Marat (Habitation à bon marché, HBM) qu’il occupait depuis 1937. Il fit à nouveau partie de l’assemblée municipale jusqu’au scrutin de 1965. Joseph Micalef fut membre de la commission administrative du bureau d’aide sociale, président de l’Union des vieux travailleurs d’Ivry-sur-Seine.

Son épouse, Marcelle Micalef, militante communiste depuis le congrès de Tours, avait été pendant la Seconde Guerre mondiale, internée au camp de Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73861, notice MICALEF Joseph par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 9 septembre 2009, dernière modification le 2 novembre 2009.

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

Joseph Micalef en 1929
Joseph Micalef en 1929
[Ach. Com. Ivry-sur-Seine]

SOURCES : Arch. Paris, DM3, versement 10451/76/1. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Bernard Chambaz, L’implantation du PCF pendant l’entre-deux-guerres, mémoire de maîtrise, Université de Paris I, 1971. — Jean Lojkine, Nathalie Viet-Depaule, Classe ouvrière, société locale et municipalités en région parisienne, CEMS, 1984. — Jean Chaumeil, Venise Gosnat, Paris, Éditions sociales, 1975. — Le Travailleur, 18 août 1967, 19 décembre 1969. — État civil.

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