MAIZIÈRES Marcel, Élie. Pseudonyme à l’ELI : DUBOIS (version DBK)

Par Claude Pennetier

Né le 2 mars 1894 à Reims (Marne), mort à une date non précisée sur son état civil ; ouvrier métallurgiste ; militant communiste puis socialiste, élève de l’École léniniste internationale de Moscou, collaborateur de Maurice Thorez ; rompt après le Pacte germano-soviétique ; conseiller municipal de Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne) de 1935 à 1940 et de 1953 à 1959.

Fils d’un mécanicien et d’une repasseuse-lingère, Marcel Maizières était ouvrier tourneur chez Voisin à Issy-les-Moulineaux lorsqu’il adhéra en 1919 au Parti socialiste. Communiste dès le congrès de Tours (décembre 1920), il constitua en 1924 la cellule 21 au sein de l’entreprise Voisin, dont il assura le secrétariat. Sa femme, qu’il avait épousée en 1913 dans sa ville natale, travaillait alors à l’ambassade de l’URSS comme dactylographe.

À partir de 1925, Marcel Maizières se consacra à la politique. Permanent du Parti communiste, secrétaire du 6e rayon, il fut élu à la direction de la Région parisienne. Délégué en juillet au congrès organisé par le Comité d’action contre la guerre qui se tint à Lille, condamné en octobre à un mois de prison pour son action contre la guerre du Maroc, il se rendit en novembre en Union soviétique pour suivre les cours de l’École léniniste internationale. Sa femme était, cette année-là, employée au pavillon soviétique de l’exposition des Arts décoratifs.

À l’issue de la conférence de la Région parisienne, en juin 1926, Maizières entra au comité régional de la fédération communiste. En 1928, réélu membre suppléant du bureau et de la commission mixte antimilitariste de la Région parisienne du PC, il fut candidat aux élections législatives dans la deuxième circonscription d’Albi (Tarn). Il habitait alors à Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne).

Élu en 1929 à Saint-Denis (IVe congrès du PC) membre du comité central et du bureau politique, secrétaire à l’agitation et à la propagande pour la Région parisienne, Maizières présenta lors d’une conférence d’information à la Bellevilloise un rapport d’organisation qui fixait les tâches qui incombaient au parti. Il conduisit sans succès la liste du BOP à Orly aux élections municipales de mai 1929 et se présenta quelques jours plus tard, également en vain, au conseil général dans la deuxième circonscription de Boulogne-Billancourt. Le 23 juillet suivant, il fut inculpé d’atteinte à la sûreté de l’État et écroué à la prison de la Santé, d’où il sortit en avril 1930.

À la fin de l’année 1930, Maizières proposa à Benoît Frachon* de disposer du premier étage du pavillon qu’il occupait à Choisy-le-Roi. Tous deux furent chargés de préparer la plate-forme communiste pour les élections cantonales de 1931 et les législatives de 1932 auxquelles Maizières se présenta à Verdun (Meuse).

Employé de bureau à la mairie d’Ivry-sur-Seine, secrétaire du rayon communiste, auteur de nombreux articles dans l’organe communiste du canton, Le Travailleur de la banlieue sud, un des secrétaires particuliers de Maurice Thorez, Maizières brigua un siège de conseiller municipal dans le quartier des Gondoles en mai 1935, deuxième section de Choisy-le-Roi. Il fut élu et fit partie de la minorité communiste (neuf édiles) de l’assemblée communale. Il était président du Groupe sportif ouvrier et de l’Union sportive ouvrière de Choisy.

Maizières démissionna de son mandat pour marquer son désaccord avec le Pacte germano-soviétique. Mobilisé, il écrivit au préfet le 11 janvier 1940 : « Je désavoue l’action de la IIIe Internationale et du Parti communiste français justifiant la signature du Pacte germano-soviétique, pacte de trahison envers notre pays. Je désavoue l’agression innommable contre la Finlande, pays qui veut rester libre. »

Durant l’Occupation, Maizières rejoignit le mouvement Libération-Nord et rallia les rangs du Parti socialiste. Il fut arrêté le 23 avril 1942, transféré à Compiègne et libéré sur l’intervention du maire de Choisy. A nouveau arrêté le 24 septembre, il fut interné à Pithiviers d’où il sortit le 27 octobre.

Maizières retrouva son fauteuil de conseiller de Choisy-le-Roi en 1953 en cinquième place de la liste d’Union socialiste et républicaine dirigée par Marcel David*. Il siégea adans la municipalité Henri Sergent jusqu’en 1959. Il était secrétaire à la propagande de la section locale du Parti socialiste. Il semble avoir quitté la commune à la fin de son mandat.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73762, notice MAIZIÈRES Marcel, Élie. Pseudonyme à l'ELI : DUBOIS (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 1er septembre 2009, dernière modification le 29 septembre 2010.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 3051. — Arch. Paris, DM3, versement 10451/76/1. — Arch. Com. Choisy-le-Roi. — Humbert-Droz, L’œil de Moscou, Paris, 1964, p. 264. — L’Humanité, 28 avril et 7 mai 1929. — Le Travailleur de la banlieue sud, 1934-1935. — Henri Barbé*, Souvenirs d’un militant, s.d., inédit, p. 62. — Jacques Girault, Benoît Frachon, communiste et syndicaliste, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 1989. — Claude Pennetier (sous la direction), Figures militantes en Val-de-Marne. Dictionnaire biographique Maitron : un siècle de militantisme sur le territoire de l’actuel Val-de-Marne, 1870-1970, Éditions de l’Atelier, 2009.

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