Né le 6 juin 1868 à Marchienne-au-Pont (Belgique) de parents français, mort à Ermont (Seine-et-Oise, Val d’Oise) le 26 février 1926 ; militant anarchiste adepte des « milieux libres », animateur des milieux libres de Vaux (Aisne), du quai de la Pie à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne) et de celui de Bascon (Aisne).

La colonie de Bascon.
Tony Legendre, op. cit.
Venant de Genève, Georges Butaud arriva à Vienne (Isère) vers 1899 où il travailla comme tailleur de pierre et fut gérant du Flambeau « organe des ennemis de l’autorité » paraissant à Vienne (n° 1, septembre 1901 — n° 13, 16 mars 1902). En 1901, il fut condamné à quinze jours de prison pour une apologie du crime contre tous les souverains d’Europe, parue dans Le Flambeau du 13 octobre 1901.
Georges Butaud estimait que les colonies anarchistes, milieux libres, essais communautaires, constituaient des tentatives à encourager, car « si un certain nombre de producteurs pouvaient actuellement se réunir et vivre, dans le milieu bourgeois, de la vie communautaire, en laissant à chacun toute l’initiative, toute la liberté dont il doit disposer, ils fourniraient à tous leurs concitoyens un exemple frappant » (G. Butaud, L’Ouvrier des Deux-Mondes, 1er avril 1898).
Georges Butaud lui-même tenta plusieurs essais et, en 1899, ce fut celui de la colonie de Saint-Symphorien-d’Ozon (Isère). Avec Zisly, Armand et d’autres, il fut à l’origine de la constitution d’une société « pour la création et le développement d’un milieu libre en France » dans le but de « tenter une expérience de communisme libre ». Puis il fut un des animateurs du Milieu libre de Vaux, petite commune du canton d’Essomes-sur-Marne (Aisne) près de Château-Thierry. L’essai dura de 1902 à 1906. Georges Butaud et sa compagne, Sophia Zaïkowska — il était marié à une autre Sophia (Kossowska ?) — s’y installèrent en mars 1903. Lucien Descaves l’a ainsi présenté à cette époque : garçon intarissable et joyeux, rouge de barbe et de cheveux, avec une « figure ardente de bon diable illuminateur », « l’homme qui ne croit pas aux miracles — et qui en fait ». On se reportera, pour l’historique de cet essai, au Mouvement anarchiste, op. cit.
Georges Butaud et sa compagne quittèrent la colonie en avril 1904, puis y revinrent à l’automne. L’affaire fut liquidée en février 1907, tuée, écrivit Zisly, « par l’incohérence, le parasitisme, parfois l’imbécilité, aussi par l’estampage de certains soi-disant camarades » (Le Libertaire, 24 février 1907).
Georges Butaud participa à un nouvel essai à Saint-Maur, 59 bis, quai de la Pie, où il s’installa en avril 1913. On s’y adonnait à l’élevage, à l’agriculture, et la colonie comprenait aussi quelques ateliers. On y pratiquait la polygamie, mais, écrivait Zisly, cela « ne va point sans causer quelques aléas » (l’Unique, n° 32, juillet-août 1948).
Après la guerre de 1914-1918, Georges Butaud pratiqua le végétalisme, collabora au Néo-naturien et participa à la colonie de Bascon près Château-Thierry (Aisne) (voir Rimbault* et Louis Radix).
Le Semeur contre tous les tyrans du 10 mars 1926 annonça que Georges Butaud venait de mourir âgé de 57 ans.

OEUVRE : Ce que j’entends par individualisme anarchiste, juin 1901, 27 p. — En collaboration avec S. Zaïkowska : Étude sur le travail, Bascon par Château-Thierry, 1912, 8 p. — L’Individualisme anarchiste et sa pratique, Saint-Maur, 16 p. — Seigneur de Château-Thierry, Nogent-l’Artaud et autres lieux, et croquant de Bascon, 1908.

SOURCES : Jean Maitron, Le Mouvement anarchiste en France..., op. cit. — Témoignage de Mme Delesalle. — Jean-Pierre Barthélemy, Les anarchistes dans le département de l’Isère de 1880 à 1914, mémoire de maîtrise, Grenoble, 1972. — Tony Legendre, Expériences de vie communautaire anarchiste en France. Le milieu libre de Vaux (Aisne) 1902-1907 et la colonie naturiste et végétalienne de Bascon (Aisne) 1911-1951, Les Éditions libertaires, 2006. – note de Marianne Enckell.

Jean Maitron

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