LEGUÉ Maurice, Nestor

Par Jean-Michel Brabant

Né le 26 mars 1912 à Paris (XVe arr.), mort le 25 janvier 1984 à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) ; militant socialiste puis trotskiste, syndicaliste CGT puis FO des PTT.

Issu d’une famille ouvrière (père plombier-couvreur, mère ouvrière à la Manufacture des Tabacs), Maurice Legué devint facteur des PTT après l’obtention de son certificat d’études primaires en 1924. Marqué par la condamnation de son grand-père communard et les récits de la Première Guerre mondiale, il fut attiré par les idées défendues par la LICP (Ligue internationale des combattants de la paix) et se lia d’amitié avec son animateur, Victor Méric*. Fondateur et animateur de la section du XVe arr. de la Ligue, il devint responsable des Jeunesses pacifistes jusqu’à son départ au service militaire, en 1933. Il avait participé, en 1931, au Ier congrès de la Ligue qui s’était tenu à Angers.

Demeurant chez ses parents, rue de Vaugirard (XVe arr.), Maurice Legué avait fait la connaissance de camarades socialistes et adhéra, en 1934, à la section SFIO du XVe arr. dont Marceau Pivert* était secrétaire. Il y retrouva Joannès Bardin*, postier comme lui, avec qui il avait milité à la LICP. De tendance bolchevik-léniniste, ce dernier l’incita à passer du pivertisme au trotskisme. Legué fut ainsi élu, en septembre 1935, au comité central du groupe bolchevik-léniniste. Après l’exclusion des trotskistes, il adhéra au Parti ouvrier internationaliste de Pierre Naville* et Jean Rous* et fit partie, de 1936 à 1938, de son Comité central. Il avait été partisan, en 1936, du rapprochement avec le groupe Molinier-Frank et avait écrit, dans ce sens, à Trotsky qui lui avait répondu le 8 janvier.

Maurice Legué militait également à la CGT depuis 1926. Il fut secrétaire de la section syndicale du central téléphonique (où il travaillait) de mars 1934 jusqu’à la déclaration de guerre en 1939. En mars 1935, il contribua à la mise en place de L’Avant-garde syndicale qui tenta un regroupement des minoritaires de la CGT et écrivit de nombreux articles dans Le Ralliement des PTT. En mai 1938, il représenta la minorité oppositionnelle au congrès de Vichy de la Fédération postale CGT et intervint contre le maintien systématique des dirigeants en place. Il participa à la grève générale du 30 novembre 1938 et fut sanctionné.

À la veille de la guerre, Legué rompit avec les trotskistes en refusant de les suivre dans leur adhésion au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert. Mobilisé puis libéré, il poursuivit ses activités syndicales, fut arrêté et envoyé au camp de Compiègne jusqu’en septembre 1942.

À la Libération, il reprit son action syndicale à Lyon (Rhône) et combattit, lors du congrès de Limoges de décembre 1945, l’influence du Parti communiste dans la Fédération postale. Collaborateur du Combat syndical des PTT, organe pour la défense de la démocratie et l’indépendance syndicale, il participa à la grande grève de juillet-août 1946 et fut élu au comité national de grève. Rejoignant Force ouvrière, il fut délégué à tous les congrès fédéraux et confédéraux. Membre du bureau national de la Fédération FO des PTT en 1953, chargé notamment de la propagande, il devint secrétaire administratif en 1957, puis détaché permanent jusqu’en 1963. Maurice Legué reprit alors son travail et l’exerça jusqu’à sa retraite administrative, en 1972, tout en demeurant au bureau de la Fédération. Il accepta alors la responsabilité de secrétaire adjoint de la section nationale des Retraités des PTT et fut encore réélu, au congrès de mai 1975, au bureau fédéral après quarante-cinq années de vie militante.

En 1966, il avait été cofondateur de l’Association des « Jumelages européens des PTT ».

Marié en 1942 à Lyon, divorcé, remarié en 1950 à Malakoff (Seine, Hauts-de-Seine), Legué se retira à Villiers-sur-Marne où il mourut en 1984.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73684, notice LEGUÉ Maurice, Nestor par Jean-Michel Brabant, version mise en ligne le 30 août 2009, dernière modification le 27 février 2013.

Par Jean-Michel Brabant

ŒUVRE : Collaboration au Ralliement des PTT, 1934-1939, au Combat syndical des PTT, 1946-1948, au PTT syndicaliste depuis 1953.

SOURCES : La Vérité, 10 mai 1935. — Arch. Trotsky, Harvard, documents d’exil, lettre de Ch. Magne sur l’activité menée au central téléphonique de Paris, 7 janvier 1936. — La Lutte ouvrière, 19 mai et 22 juillet 1938. — La crise de la section française de la LCI, Paris, 1936-1939. — S. Ketz, De la naissance du groupe bolchevik-léniniste à la crise de la section française de la LCI, mémoire de maîtrise, Paris I, 1974. — Notes de l’intéressé. — État civil de Paris (XVe arr.). — Comptes rendus des congrès confédéraux FO de 1954 à 1959 et de 1963 à 1969. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 8 décembre 1955, FO Hebdo, 25 juin 1969. — Notes de Louis Botella.

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