REBÉRIOUX Jean, Baptiste, Marie, Joseph

Par Claude Pennetier

Né le 18 mai 1903 à La Châtre (Indre), mort le 6 mai 1992 à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) ; répétiteur et surveillant général dans l’enseignement notamment à Saint-Maur ; militant communiste et syndicaliste SNES.

Fils de cultivateurs devenus cafetiers, Jean Rebérioux devint surveillant d’internat au lycée de Metz (Moselle) en octobre 1920. Membre du groupe « Clarté » d’Henri Barbusse, il adhéra au Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920) et milita avec les étudiants communistes de Nancy (Meurthe-et-Moselle). En 1923, il participa à la création du premier syndicat national des répétiteurs, syndicat dont le journal s’appelait Le Petit chose. Dans le même temps, il fonda en Alsace, un groupe syndical unique des répétiteurs des collèges et lycées. De juin 1923 à novembre 1925, il travailla comme répétiteur au lycée de Sarreguemines (Moselle). Puis l’armée l’envoya au Maroc pendant la guerre du Rif, de novembre 1925 à avril 1927.

Nommé répétiteur à Mulhouse en mai 1927, il était en 1934-1935 trésorier adjoint du syndicat des professeurs adjoints, répétiteurs et répétitrices des lycées et collèges (voir M. Délery). Son syndicat était affilié à la CGT mais lui-même adhérait à la CGTU à titre individuel. Il participa, en 1928, avec Ludovic Zoretti, Jean Bruhat et Émile Labrunie à une réunion qui posa les bases de la Fédération générale de l’enseignement. Il devint, en 1934, secrétaire pour le Haut-Rhin du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et l’année suivante du Comité d’action antifasciste de Strasbourg.

Mobilisé en 1939, Jean Rebérioux fut prisonnier de guerre de juin 1940 à juin 1941. Libéré pour raisons de santé, l’administration universitaire le nomma, en novembre 1941, professeur adjoint au lycée du Parc à Lyon (Rhône). Dans cette ville, fin 1942, il entra en contact avec le MNCR (Mouvement national contre le racisme), organisation de résistance qu’il représenta au Comité départemental de Libération du Rhône. À la même époque, il eut des contacts à Paris avec Maurice Janets et Marcel Bonin pour une relance de l’action syndicale dans l’enseignement. Il fut, de la Libération à 1950, un actif militant syndicaliste et communiste du Haut-Rhin.

Nommé surveillant général au lycée de Mulhouse en mai 1945, Jean Rebérioux épousa, le 10 août 1946, Madeleine Amoudruz (Madeleine Rebérioux*), née en 1920, professeur agrégée d’histoire qui devint professeur d’université, grande spécialiste de Jean Jaurès et présidente de la Ligue des droits de l’Homme (de 1991 à 1995). Ils eurent quatre enfants, trois garçons et une fille.

Nommé surveillant général au lycée d’Arsonval de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne) en octobre 1951, Jean Rebérioux se vit tout d’abord refuser la mutation communiste du Haut-Rhin vers la Seine et son épouse fut également tenue à l’écart des sections communistes de la Seine. Son ancien secrétaire fédéral écrit : « Il tenait souvent des propos hostiles au Parti et nous pensons que s’il n’y avait pas sa femme qui a une certaine influence sur lui il y a longtemps qu’il aurait quitté le Parti ». Jugement erroné, car Jean Rebérioux était très attaché au PCF et il le prouva en bataillant pendant un an pour être affecté à une cellule locale de Saint-Maur. En fait, on lui reprochait d’entretenir des relations amicales avec les militants syndicalistes de la Fédération des fonctionnaires, y compris des syndicalistes policiers, sans distinction de tendance. La commission des cadres admit finalement sa bonne foi.

Militant chaleureux, convivial, réfractaire au sectarisme, il milita activement en banlieue Seine-sud (Val-de-Marne) au SNES, au Parti communiste. Mais, dans une position de replis, tout en étant fidèle à son parti, c’est sans doute à l’Association des anciens prisonniers de guerre qu’il donna le meilleur de lui-même.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73651, notice REBÉRIOUX Jean, Baptiste, Marie, Joseph par Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 août 2009, dernière modification le 13 octobre 2015.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Témoignage de Jean Rebérioux. — Arch. comité national du PCF.

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