GIVORT Eugène, Frédéric

Par Claude Pennetier, Justinien Raymond

Né le 14 mars 1858 à Charbuy (Yonne) ; ouvrier cordonnier ; militant socialiste et coopérateur ; maire adjoint d’Arcueil-Cachan (Seine, Val-de-Marne), conseiller général (1919-1925).

Enfant naturel de Théophine Bonnetier, Eugène Givort fut reconnu et légitimé cinq ans plus tard par le mariage de sa mère avec Louis, Joseph Givort célébré en la mairie de la Butte Montmartre (XVIIIe arr.).

L’Annuaire du conseil général de 1921 présentait son père comme un « combattant de la Commune », aussi Eugène Givort fréquenta-t-il les survivants de la Commune dans le XIIIe arr. et il participa à la campagne en faveur de l’amnistie ; il rejoignit ensuite le mouvement socialiste.

Après son service militaire au 48e de ligne, il suivit le courant guesdiste. Ses qualités d’orateur lui permirent de faire des interventions écoutées dans les congrès nationaux. Il fut délégué aux congrès généraux des organisations socialistes à Paris, salles Japy (1899) et Wagram (1900). Il représenta la Seine au congrès de Lyon (mai 1901), le Cher, le Gard et la Guadeloupe au congrès du Parti socialiste français à Tours (mars 1902).

Aux élections législatives de 1898 et de 1902, il recueillit 3 408 et 2 755 voix dans la 2e circonscription du XIIIe arr. de Paris. Il en obtint 643 sur 4 737 votants, le 5 mai 1901, à l’élection municipale partielle dans le Ve arr. (Jardin des Plantes).

Élu adjoint au maire d’Arcueil-Cachan en 1912, Eugène Givort s’occupa des colonies de vacances. Il fut réélu comme socialiste en décembre 1919 et désigné comme adjoint par 16 voix sur 27 conseillers. La mésentente régna dans le conseil où les huit socialistes unifiés alliés à huit socialistes indépendants disposaient d’une faible majorité. Les élus ayant blâmé le maire — le socialiste indépendant Louis Veyssière — pour avoir distribué sans autorisation des secours aux familles des grévistes de mai 1920, Eugène Givort se solidarisa avec lui, et, en compagnie de l’autre adjoint, Paul Poensin, démissionna. Ils furent bientôt imités par onze élus. À l’élection partielle des 3 et 10 octobre 1920, la liste des socialistes unifiés conquit tous les sièges. L’élection du maire fit s’affronter Eugène Givort et André Roure, un socialiste favorable à la IIIe Internationale. Givort bénéficia de treize voix (dont semble-t-il celles des non socialistes) et Roure treize également. Il fallut trois tours pour que Roure l’emportât. Givort n’eut même pas un poste d’adjoint. Lors de la division en deux communes d’Arcueil et de Cachan, la préfecture nomma Eugène Givort président de la délégation spéciale, faisant fonction de maire, et le chargea d’organiser les élections des 18 et 25 février 1923 à Arcueil. La liste socialiste SFIO conduite par Givort obtint 365 voix contre 358 à celle du communiste Roure, 370 aux radicaux et 258 aux républicains socialistes. Le maintien de la liste communiste empêcha les socialistes de reprendre la municipalité. Les radicaux eurent dix-huit élus, les socialistes SFIO quatre, dont Givort, et les communistes un, André Marty, bientôt invalidé. Eugène Givort fut désigné comme premier adjoint.

La scission de Tours avait modifié les conditions de son activité locale. Selon l’Humanité du 17 janvier 1921, « À Arcueil 85 camarades restent, il y a 13 dissidents dont Givort, mais on a fait 17 adhésions nouvelles. » La division politique lui coûta son siège de conseiller général — conquis en 1919 — aux élections de juin 1925. Il n’obtint que 1 599 voix comme candidat socialiste SFIO contre 1 941 au républicain socialiste Gratien et 1 638 au communiste Marius Sidobre.

Militant coopérateur, Eugène Givort fut administrateur de « l’Unité sociale » du XIIIe arr. et fondateur de l’Office d’approvisionnement d’Arcueil.

Il s’était marié le 19 mai 1921 à Paris (XIVe arr.). Sa mort fut annoncée dans Le Populaire du 6 août 1926.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73646, notice GIVORT Eugène, Frédéric par Claude Pennetier, Justinien Raymond, version mise en ligne le 28 août 2009, dernière modification le 27 novembre 2019.

Par Claude Pennetier, Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Paris, DM3 et versement 10451/76/1. — Arch. Com. Arcueil, registre de délibération du conseil municipal. — L’Humanité, 1919-1921. — Bibl. Nat., Notes biographiques…, op. cit. — Comptes rendus des congrès socialistes. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes III, p. 142, 145, 180, 222. — Annuaires du conseil général. — État civil de Charbuy. — Note de J. Chuzeville. — Gilles Candar, Jean Longuet, un internationaliste à l’épreuve de l’histoire, Presses universitaires de Rennes, 2007.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, op. cit., p. 224 (nom orthographié Givors). — Le Conseil municipal. Nos édiles, 1921, op. cit., p. 303. — Le Populaire, 16 octobre 1927.

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