LAGAIZE Lucien, Jean, René

Par Michèle Rault, Marc Giovaninetti

Né le 18 mai 1914 à Calais (Pas-de-Calais), mort le 8 mai 1990 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ; ajusteur ; militant communiste d’Ivry-sur-Seine ; résistant FTP-FFI.

Né dans une famille très catholique de huit enfants, fils d’un maçon, Lucien Lagaize fut d’abord tenté par des études de séminariste. Apprenti peintre (1931), manœuvre (1935), il devint ouvrier ajusteur. En 1936, il s’engagea dans la grève et l’occupation des établissements Turquetil, une entreprise de papiers peints d’Ivry-sur-Seine (Seine). Communiste, licencié à l’issue de la grève, il travailla ensuite à la Compagnie des lampes de la même commune. Il habitait alors dans le quartier d’Ivry-Port. Il participa activement à la solidarité avec l’Espagne républicaine comme militant des Jeunesses communistes. Une lettre de l’Inspection divisionnaire du travail et de la main-d’œuvre de juin 1939 ainsi qu’un rapport de police du 9 avril 1941 le présentait comme un ancien des Brigades internationales, mais cette information n’est pas confirmée par ailleurs. En revanche, dès avant la guerre, il s’occupait d’encadrer les éclaireurs de la JC, sous la direction de Jean Compagnon Compagnonqui fut ensuite fusillé comme résistant. Du 18 juillet au 24 novembre 1939, il fut employé comme chauffeur auto par les colonies de vacance populaires enfantines d’Ivry puis par le centre d’évacuation des enfants de la commune.

Lucien Lagaize, qui se déclarait alors « chauffeur », se maria le 12 juillet 1941 à Orsay (Seine-et-Oise, Essonne) avec Andrée Beljambe, « prépareuse en couvre-pieds ». Elle était très croyante, et nullement militante communiste. Le couple eut quatre garçons et une fille, nés entre 1942 et 1954. Lorsque les policiers perquisitionnèrent le domicile familial, le 27 juillet 1942, ils allèrent jusqu’à fouiller le berceau du premier né, mais voyant des images pieuses, ils n’insistèrent pas. Pourtant Lagaize était effectivement résistant, FTP dès 1942, et il finit la guerre avec le grade de lieutenant FFI, affecté comme « artificier » au 3e groupe de combat de la 1re compagnie. Il était membre des Milices patriotiques à Ivry en octobre 1944. Lorsque la ville organisa une exposition sur la Résistance locale, elle exposa plusieurs photos et documents qui provenaient de ses archives familiales.

Après la guerre, Lucien Lagaize participa un temps à la direction des Jeunesses communistes devenues Union de la Jeunesse républicaine de France. Il fut chargé en août 1945 de participer à la fondation de l’Union des Vaillants et Vaillantes, l’organisation des enfants de 8 à 16 ans, placée sous la direction de René Roucaute et Inès Klein, lui étant désigné comme trésorier dans la déclaration de l’Association en janvier 1946. Il n’occupa pas ces fonctions durablement, puis ne semble pas être resté un militant très impliqué.

Il resta en tout cas au moins sympathisant du Parti communiste, et travailla jusqu’à sa retraite à l’usine SKF à Ivry.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73616, notice LAGAIZE Lucien, Jean, René par Michèle Rault, Marc Giovaninetti, version mise en ligne le 27 août 2009, dernière modification le 15 juillet 2011.

Par Michèle Rault, Marc Giovaninetti

SOURCES : État civil de Calais. — Musée de la Résistance, rapport de police. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Archives de la Préfecture de police, G7 53.112 (dossier Guyot Raymond). — Archives du PCF, fonds Raymond Guyot, 283 J 4. — Archives privées de la famille Lagaize. — Conversations avec Lucien (junior) et Jacques Lagaize, fils de Lucien ; avec Inès Klein-Kesteman, ancienne dirigeante des Vaillants, juin 2011.

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