LAGAISSE Jules, Pierre

Par Claude Pennetier

Né le 23 juin 1880 à Montataire (Oise), mort en déportation le 17 mars 1943 à Oranienburg (Allemagne) ; serrurier à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) puis Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; militant socialiste puis communiste ; conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine.

Fils d’un manouvrier, Jules Lagaisse se maria le 15 juillet 1915 à Ivry-sur-Seine où il habitait depuis 1908 dans le quartier du Petit-Ivry. Longtemps ouvrier ajusteur-mécanicien, il s’établit à son compte comme entrepreneur de serrurerie. Le Travailleur, journal communiste du canton d’Ivry-sur-Seine, lui attribuait un « long passé de militant syndical » en avril 1935, et un témoin le présentait comme « un vieux militant qui a été au Parti socialiste » avant de rejoindre le Parti communiste au lendemain du congrès de Tours (décembre 1920). Lagaisse était un ancien combattant de la Première Guerre mondiale.

Militant actif, il fut élu conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine – première section, quartier du centre – le 10 mai 1925, sur la liste conduite par Georges Marrane. Très présent aux séances du conseil municipal, il fit partie des commissions des travaux, de l’hygiène et salubrité, des adjudications, de l’école d’apprentissage et fut désigné comme délégué sénatorial en 1926. Puis il quitta la localité pour Vitry-sur-Seine, peut-être à la demande du Parti communiste qui voulait renforcer son potentiel militant et électoral dans cette commune voisine.

Il fut ainsi conseiller municipal communiste, le 12 mai 1929, sur la liste de Pierre Périé* et de Charles Rigaud*, conserva son siège au scrutin du 5 mai 1935 et s’occupa de la commission chargée de suivre les travaux. Son collègue Robert Saunier* raconte comment cet « ouvrier qualifié », ce « compagnon », se montrait exigeant envers les entrepreneurs.

Au début de la guerre, le conseil de la préfecture le déchut de son mandat le 29 février 1940, pour appartenance au Parti communiste. Saunier se souvient « l’avoir rencontré pendant l’Occupation [...]. Il me raconte qu’il travaille dans un chantier pour les Allemands mais qu’on veut leur faire faire plus de huit heures, et que sur ce plan-là ils seront intransigeants ; il dit : on nous foutra dans des camps de concentration mais on ne cèdera pas ». Arrêté, déporté, Jules Lagaisse mourut à Oranienburg (Allemagne).

Son fils Abel, né en 1905 à Paris (XIVe arr.) resta ivryen et fut secrétaire-président du groupe théâtral « Studio Germinal » et secrétaire de l’aéro-club les Aiglons d’Ivry. L’Humanité du 27 juin 1939 publia sa photographie avec Maurice Thorez en le présentant comme « président de la commission d’aviation légère de la FPSA ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73615, notice LAGAISSE Jules, Pierre par Claude Pennetier, version mise en ligne le 27 août 2009, dernière modification le 7 octobre 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Paris, DM3 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Le Travailleur, avril 1935. — L’Humanité, 27 juin 1939. — Les Révoltes logiques, n° 5, printemps-été 1977, interview de Robert Saunier, p. 101-102. — Jean Lojkine, Nathalie Viet-Depaule, Classe ouvrière, société locale et municipalités en région parisienne, CEMS, 1974. — État civil de Montataire et d’Ivry-sur-Seine.

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