LAFOND-PUJO Fernand, Édouard, Joseph

Par Claude Pennetier

Né le 3 octobre 1917 à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) ; magasinier puis journaliste à l’Humanité ; militant communiste ; maire adjoint de Gentilly (Seine, Val-de-Marne) de 1945 à 1959.

Fils d’un menuisier et d’une cuisinière, titulaire du certificat d’études primaires, Fernand Lafond-Pujo assura le secrétariat du groupe JOC de Bagnères-de-Bigorre en 1933 qu’il quitta l’année suivante au profit des Jeunesses communistes sous l’influence de Jacques Duclos. Secrétaire local du Mouvement Amsterdam-Pleyel en 1934, et enfin des Jeunesses communistes de cette ville en 1935, il adhéra au Parti communiste en 1937. Sur le plan syndical, il avait adhéré en 1934 à la CGTU Métaux et en 1935 à la CGT employés. Il siégea au bureau fédéral CGT des Hautes-Pyrénées en 1935-1936.

Marié en octobre 1937 à Bagnères-de-Bigorre avec Amalia Trigueros, installé à Gentilly, réformé, il fut un très jeune rédacteur à l’Humanité de novembre 1936 à septembre 1939 et connut Georges Cogniot, Marius Magnien et Henriette Carlier. Selon son témoignage de 1947, il approuva le pacte germano-soviétique : « Fidèle au Parti, j’étais à l’Huma lorsque la nouvelle parvint et je bénéficiais immédiatement des explications des camarades de la direction. Je n’ai par conséquent pas grand mérite. Mais, même si je n’avais pas bénéficié de ces circonstances, et en admettant que je n’ai pas immédiatement compris les raisons d’une telle attitude, j’aurai fait confiance à Staline en attendant de comprendre, car il ne pouvait faire de doute que le gouvernement soviétique ne pouvait agir que dans l’intérêt des peuples en définitive. »

Magasinier à la Compagnie des compteurs de Montrouge pendant la Seconde Guerre mondiale, dirigeant légal du syndicat, il organisa la résistance dans cette entreprise sous les noms de « Detpouen », « Lunettes », « Lucien », et fut agent de renseignements auprès du responsable militaire régional : fourniture de plans, transports d’armes. Il anima une grève dans son entreprise en décembre 1943 puis, sur dénonciation, fut arrêté à son domicile d’avant-guerre le 28 février 1944, interrogé par les Brigades spéciales ; menacé mais sans sévices, il nia tout, arguant de sa maladie des yeux qui nécessitait depuis 1940 des soins constants et énergiques. La police était en possession d’une bio anonyme (le nom était en blanc) datant de 1941 et trouvée sur un responsable national aux cadre. Aucune preuve ne put être retenue contre lui. Emprisonné à la Santé puis interné aux Tourelles, il fit partie du membre du triangle de direction. Il tenta de s’évader le 27 juin 1944 lors de son transfert de l’Hôpital de Tenon à Nanterre (Maison de répression de Nanterre, pavillon des agités). Dès sa libération 27 juillet 1944 pour raison de santé, il reprit contact avec les responsables Montrouge, fut envoyé à Gentilly où il participation à la préparation de l’insurrection et à l’organisation des Milices patriotiques.

Membre du Comité local de Libération, conseiller municipal provisoire, il devint maire adjoint de Gentilly au côté du maire, Charles Frérot, secrétaire de la section communiste locale et « permanent municipal ». Un rapport interne de décembre 1946 les présentait comme un « camarade très éduqué. Niveau politique élevé, très dévoué et attaché au Parti. »

Élu conseiller municipal communiste le 29 avril 1945, il avait obtenu 4 083 suffrages (la majorité absolue était de 3 913). Il fut réélu successivement le 19 octobre 1947, le 26 avril 1953, le 19 juin 1955, le 8 mars 1959.

Fernand Lafond-Pujo devint premier adjoint supplémentaire au maire Charles Frérot* le 12 mai 1945 (27 voix sur 27) et le 27 octobre 1947, puis premier adjoint le 6 mai 1953 (15 voix sur 27) et le 24 juin 1955. En 1955, il avait obtenu 16 voix sur 25.

Lors d’une conférence de section réunie les 16 et 17 juin 1956, une motion estimant insuffisante l’autocritique du Comité central à propos du « culte de Staline et ses répercussions sur la vie intérieure du parti » fut adoptée par 57 voix contre 7 (« La conférence estime que le projet de thèse peut, dans son ensemble, être adopté, mention étant faite que l’autocritique du comité central lui paraît incomplète et par conséquent insuffisante en ce qui concerne les manquements aux principes marxistes-léninistes : culte de Staline en France et répercussions sur la vie intérieure du Parti, erreurs d’appréciations et ingérances inadmissibles dans la vie du Parti communiste yougoslave (points 40 et 41). ». Il fut chargé d’exprimer ces critiques à la conférence fédérale de Seine-Sud convoquée à Ivry-sur-Seine les 7 et 8 juillet 1956. Éliminé du nouveau comité de section, il resta néanmoins en troisième position sur la liste communiste aux élections municipales de 1959. Il recueillit le plus grand nombre de voix mais, quelques semaines plus tard, rompit avec la nouvelle municipalité. Il semble avoir gagné sa vie comme représentant de commerce.

En 1964, Fernand Lafond-Pujo était membre du comité d’honneur national pour la réhabilitation d’André Marty et des victimes de la calomnie.

Il s’était marié à Bagnères en 1937 avec Amélie Alcaïna, coiffeuse.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73613, notice LAFOND-PUJO Fernand, Édouard, Joseph par Claude Pennetier, version mise en ligne le 27 août 2009, dernière modification le 27 août 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. PPo. 83. — Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426 . — Arch. Fédération communiste du Val-de-Marne, questionnaires biographiques de 1947 et 1955, notes de Paul Boulland. — Arch. Com. Gentilly, séries : K1 172 CB (liste électorale 1950), 174 AE (Emmanuel Hagen). — Le Débat communiste, 1962-1964. — État civil de Bagnères-de-Bigorre. — Notes de Jean Maitron.

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