LACROIX Antoine

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

Né le 9 mai 1901 à Saint-Hilaire (Allier), mort le 12 avril 1983 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ; médecin ; militant et élu socialiste SFIO ; maire du Kremlin-Bicêtre, conseiller général, député (1958-1962).

[Assemblée nationale, Notices et portraits]

Fils d’un ouvrier mineur, portant aussi le nom d’Antoine Lacroix et de Anne Marchand, sans profession, Antoine Lacroix avait quatre frères et sœurs. Il fréquenta l’école primaire de Saint-Hilaire, commune du bocage bourbonnais dont sa famille était originaire, puis l’école primaire supérieure de Moulins avant d’entrer à l’École normale de cette ville. Il passa son brevet supérieur, son certificat d’études normales et le baccalauréat de 1917 à 1920, puis la faculté des sciences de Clermont-Ferrand en 1920-1921. Sorti de l’EN en 1921, il s’orienta vers la médecine et fit ses études à Clermont-Ferrand puis Paris. Il fut interne à l’asile des convalescents de Saint-Maurice (Seine, Val-de-Marne) de 1923 à 1924 puis interne en chirurgie à l’hospice Paul Brousse de Villejuif (1924-1927) et chirurgien à la maison de santé Paris-Sud à partir de 1930. Il exerça jusqu’en 1972, année où il prit sa retraite pour raison de santé.

Militant socialiste SFIO, Antoine Lacroix, installé à Villejuif dès avant le milieu des années 1920, fut tête de liste socialiste à Villejuif (municipalité conquise par le Parti communiste en 1925) pour les élections municipales de mai 1935. Ses résultats, les meilleurs de la liste (843 voix sur 5 393 suffrages exprimés), ne lui permirent cependant pas d’entrer au conseil municipal.

Sa participation à la Seconde Guerre mondiale et à la Résistance, (il appartenait à Libération-Nord et au MLN) lui valut la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance. Il avait été chirurgien des Corps-francs-nationaux.

La SFIO le présenta aux élections législatives de novembre 1946 et 1956. Pour les élections municipales d’octobre 1947, Lacroix quitta Villejuif pour Le Kremlin-Bicêtre — où il avait une clinique — dont il devint maire et le resta jusqu’à sa mort. Au moment de la formation du RPF, il hésita entre la SFIO et le Rassemblement et correspondait directement avec le général de Gaulle. Il demeura à la SFIO et forma une majorité avec le RPF, en ne s’appuyant que sur 2 ou 3 élus socialistes, jouant la carte de l’anticommunisme et fut donc élu maire du Kremlin-Bicêtre le 26 octobre 1947. Lors du dernier scrutin municipal, en 1977, il fut élu avec 54,9 % des suffrages exprimés avec l’étiquette UDF-PSD.

Antoine Lacroix avait appelé à voter « oui » au référendum constitutionnel d’octobre 1958 et, candidat aux élections législatives dans la 52e circonscription de la Seine, il invita ses concitoyens à libérer la banlieue “de la tyrannie stalinienne” et battit Marie-Claude Vaillant-Couturier en étant élu député socialiste de 1958 à 1962. Mais il fut battu à cette dernière date, puis connu de nouveau l’échec à l’élection complémentaire de juin 1963, il n’eut pas plus de succès dans la troisième circonscription de l’Allier en 1967.

Lacroix participait peu à la vie intérieure de la SFIO. On le trouve exceptionnellement membre de la commission d’études doctrinales des Journées nationales d’études des 7 au 10 mai 1959. À la fin des années 1960, il entra en conflit avec Charles Pot*, permanent du parti, membre de la section de Villejuif qui tenta de lui succéder dans ses mandats locaux. Secrétaire de la nouvelle fédération du Val-de-Marne issue du découpage de la région parisienne, Pot se présenta aux législatives du secteur, alors que Antoine Lacroix tentait sa chance dans son département natal. La question du désistement pour les communistes entraîna la rupture. Lacroix, juste avant le renouvellement des élections municipales de mars 1958, abandonna le Parti socialiste. Il fut plus tard membre du Parti de la Démocratie socialiste, en février 1971. Puis, il milita au PSD d’Émile Mullet en 1973. Il fut candidat contre Georges Marchais dans le Val-de-Marne et devança le candidat socialiste Patrice Hernu (17,8 % contre 12,2 %), puis le Mouvement démocrate socialiste de France créé en décembre 1973 et dont il présida la Fédération du Val-de-Marne.

Président de la World friendship association (l’Amitié mondiale), fondateur de l’association Unir et Bâtir, il avait élaboré la doctrine « optimaliste ».

Propriétaire à Saint-Hilaire (Allier), Antoine Lacroix exploitait également une carrière de barytine dans cette région. Il était officier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73611, notice LACROIX Antoine par Gilles Morin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 27 août 2009, dernière modification le 9 septembre 2011.

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

[Assemblée nationale, Notices et portraits]

ŒUVRE : Nombreux ouvrages ou plaquettes sur des thèmes médicaux, historiques ou théoriques, citons : Le Sauvetage de la femme, 1934. — Qu’est-ce que l’optimalisme ? (essai sociologique). — François Quesnay, médecin de Mme de Pompadour, fondateur de l’économie politique moderne, 1960. — Le Napoléon et les drames de la Monnaie française.

SOURCES : Arch. Paris, DM3 : versement 10451/76/1. — Arch. Com. Villejuif. — G. Rougeron, Le Personnel politique bourbonnais, op. cit.Who’s who in France, Laffite, 1979-1980. — Pierre-Marie Dioudonnat et Sabine Bragadir, Dictionnaire des 10 000 dirigeants politiques français, Sedopols, 1977-1976. — Renseignements communiqués par l’intéressé.

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