LACOMBE Lucien

Par Michel Dreyfus, Claude Pennetier

Né le 9 mai 1897 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), mort le 14 janvier 1975 à Saint-Junien (Haute-Vienne) ; employé municipal ; syndicaliste CGTU, militant du Parti communiste, du Parti ouvrier paysan puis du Parti d’unité prolétarienne.

Fils d’un fossoyeur et d’une couturière, Lucien Lacombe fut nommé employé de bureau à la mairie d’Ivry-sur-Seine, à titre provisoire, le 16 mars 1915. Il se maria à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) le 25 novembre 1920 avec Madeleine, Victorine Rivet et, dans les années qui suivirent, milita au Parti communiste et à la CGTU. Le 26 mai 1925 après la victoire de la liste communiste de Georges Marrane aux élections municipales, il fut nommé commis principal. Lucien Lacombe était alors un des responsables du travail municipal du Parti communiste, car en 1926, il fit, pour la direction nationale, un compte rendu d’une réunion des fractions municipales communistes du Languedoc (Bibli. marxiste de Paris, microfilm 185). Jusqu’en 1928, il fit partie du secrétariat particulier du maire mais il en démissionna à cette date. Il démissionna également du secrétariat général des vacances populaires enfantines. Dans un article qu’il écrivit dans Ça ira, le journal du Parti ouvrier paysan (n° 18, 14 juin 1930), il faisait état des dissensions qui, dès cette époque, existaient entre la municipalité communiste et le personnel communal.

En 1930, Lucien Lacombe rejoignit les rangs du Parti ouvrier paysan (POP) mais selon Le Travailleur, organe du Parti communiste à Ivry-sur-Seine (28 octobre 1933) : « À la suite d’accusations reconnues mensongères par une commission de contrôle du Parti contre un de ses camarades de travail, pour éviter les sanctions encourues, il démissionna du PC puis il essaya au sein du syndicat unitaire de dresser une opposition systématique contre la municipalité. Il fut chassé du syndicat unitaire pour indiscipline ». Dans une lettre à Georges Marrane, maire d’Ivry, envoyée le 8 octobre 1930 et publiée dans Ça ira (n° 28, 8 novembre 1930), il rappelait qu’il avait été élu secrétaire de la section syndicale unitaire du personnel par 113 voix contre 13 et demandait que la Commission de contrôle qui, au sein du Parti communiste, devait statuer sur son sort se réunisse enfin pour préciser s’il avait démissionné du parti ou s’il en avait été exclu. À partir de 1930 et peut-être avant, Lucien Lacombe fut secrétaire de la section d’Ivry du Parti ouvrier paysan (POP) et c’est sans doute vers cette période qu’il adhéra à la CGT. En juillet 1930, il devint secrétaire de la Fédération de la Seine du POP.

Quand, en décembre 1930, le POP fusionna avec le Parti socialiste communiste pour former le Parti d’unité prolétarienne (PUP), Lucien Lacombe adhéra au nouveau parti, fut secrétaire de la section du PUP d’Ivry et secrétaire de la Fédération de la Seine de ce parti avec Marcel Perussy*. À partir de 1931, il fut membre du Comité central du PUP et allait en faire partie pendant quelques années, du moins jusqu’en 1936.

En octobre 1933, la municipalité d’Ivry lui attribua un nouveau poste qu’il refusa semble-t-il « sous le prétexte qu’il ne reconnaissait pas les raisons de son changement de service ». Il fut suspendu de ses fonctions le 14 octobre 1933 et traduit en conseil de discipline le 21 décembre 1933. Le 8 janvier 1934, il fut rétrogradé du titre de commis principal à celui de commis de mairie ce qui provoqua une protestation de la sous-section confédérée d’Ivry qui lui affirma sa pleine solidarité. Par arrêté municipal son traitement de commis de mairie lui fut fixé le 8 janvier 1935. Le 4 février 1936, il fut à nouveau traduit en conseil de discipline mais fut maintenu dans ses fonctions de commis principal le 22 octobre 1937 conformément à la loi sur l’amnistie du 12 juillet 1937. Il s’était remarié à Ivry, le 22 juin 1937, avec Marie-Jeanne Collignon.

En raison de ses activités militantes, Lucien Lacombe fut de 1933 à 1937 plusieurs fois en butte à de violentes attaques dans Le Travailleur. En janvier 1935, Émile Zellner, secrétaire du rayon communiste fut critiqué par Maurice Thorez pour avoir accepté un réunion publique d’un « comité d’action » avec des orateurs pupistes et sous la présidence de Lucien Lacombe. Les socialistes y auraient même vendu des œuvres de Trotsky. Maurice Thorez avait tenu à participer en personne au comité de rayon du 3 janvier 1935 et à une réunion du 11 janvier, il s’exclama : « Le front unique avec les pupistes C’est un grand scandale qui fait rougir. Rechercher les causes profondes […] pas de liste unique [...] au 1er tour. » (notes manuscrites de Maurice Thorez, arch. section communiste d’Ivry).

Aux élections municipales de mai 1935, il conduisit une liste d’unité ouvrière (présentée en fait par le PUP). Il habitait alors toujours 80 route de Choisy à Ivry. En janvier 1936, il était aussi administrateur de L’Unité, l’organe central du PUP, dont A. Brice* était trésorier.

Par arrêté municipal du 1er septembre 1944, Lucien Lacombe, accusé « d’intelligence avec l’ennemi », fut suspendu de ses fonctions.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73588, notice LACOMBE Lucien par Michel Dreyfus, Claude Pennetier, version mise en ligne le 26 août 2009, dernière modification le 27 octobre 2009.

Par Michel Dreyfus, Claude Pennetier

ŒUVRE : Collaboration à Ça ira, organe du POP (1930-1931) puis à L’Unité, organe du PUP (1932-1937).

SOURCES : « Le cas Lacombe », Bulletin municipal d’Ivry-sur-Seine, avril 1934, p. 4-5. — Le Travailleur, 28 octobre, 25 novembre, 16 décembre 1933, 23 juin 1934. — Ça ira, n° 14 (17 mai 1930), 21 (2 juillet 1930), 24 (26 juillet 1930), 26 (8 novembre 1930). — L’Unité ouvrière, organe du PUP, n° 137 (1er juillet 1931). — L’Unité, n° 65 (28 octobre 1933), n° 87 (6 octobre 1934), n° 126 (4 janvier 1936). — Renseignements et recherches faites par Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule.

ICONOGRAPHIE : Ça ira, n° 24, 26 juillet 1930.

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