BRENOT Lucien, Joseph

Par Claude Pennetier

Né le 28 mars 1858 à Charenton-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) ; employé chimiste puis propriétaire ; militant socialiste ; maire d’Alfortville (Seine, Val-de-Marne) de 1922 à 1929.

Fils de Pierre Brenot (pas de profession connue) et d’une lingère, Lucien Brenot (dit parfois Joseph Brenot) était employé chimiste en 1912, mais vers 1920, les rapports préfectoraux le présentaient comme propriétaire ; il semblait se consacrer surtout à la gestion de ses immeubles situés à Alfortville et Charenton-le-Pont. Son épouse était couturière.

Lucien Brenot fut élu conseiller municipal socialiste d’Alfortville en 1908 et en mai 1912. La préfecture de la Seine annula son élection et celle de quinze autres socialistes en 1913. Il eut cependant un rôle actif dans la vie de la commune pendant la Première Guerre mondiale. Son absence de la liste socialiste élue le 30 novembre 1919 surprend. Était-il en désaccord avec le maire Jules Cuillerier ?

Il revint au conseil municipal le 9 juillet 1922 après la mort de ce dernier. La liste socialiste qu’il animait obtint les cinq sièges avec 1 101 voix de moyenne contre 1 051 à la liste communiste et 1 045 à l’Union républicaine. Les nouveaux élus étaient Eugène Théron, Jean Adam, Eugène Lemarchand et Alphonse Maubant. Lucien Brenot fut désigné comme maire. Il obtint cependant un des plus mauvais scores de sa liste lors des élections municipales générales de mai 1925 : 2 940 voix sur 6 159 inscrits contre 2 985 voix au mieux placé, Pierre Bondit. Il resta maire, entouré de Pierre Bondit (premier adjoint), Marcel Plissier (deuxième adjoint), Victor Roques (adjoint) et les conseillers Louis Vellier, Jean Adam, Paul Chamalet, Jean Orliac, Émile Maimbourg, Jean Tischen, Auguste Clerbout, Lucien Limousin, Jean-Baptiste Radeault, Henri Pourriot, Henri Bérard, Adolphe Barrier, Louis Martin, Pierre Malick, Jules Morand, Albert Coumas, Jean Rabot, Alfred Terrade, Eugène Lemarchand, Julien Hugonnet, Georges Trinquier, Alphonse Come et Jean Leproux. Lucien Brenot entra au conseil général le 2 juin 1925 avec 48,49 % des suffrages exprimés au premier tour et 78,19 % au second (1re circonscription de Charenton). Il appartint à la 2e commission « routes et chemins », à la commission départementale des eaux et de l’assainissement et à la commission mixte des transports en commun.

Lors des élections municipales de mai 1929, Lucien Brenot fut l’objet d’une très vive campagne des journaux de droite qui dénonçaient la « terreur des locataires » et « la dureté étonnante » du propriétaire socialiste. Le Parti communiste qui se renforçait à Alfortville s’empara de la municipalité. Seuls neuf socialistes entrèrent au conseil le 12 mai. Lucien Brenot lui-même était battu. Le premier tour des élections au conseil général, le 26 mai 1929, confirma la défaite socialiste. Lucien Brenot n’obtenait que 24 % des suffrages exprimés contre 46,8 % au nouveau maire communiste Marcel Capron. Malgré l’avis de sa section, il se désista pour le candidat radical mais Marcel Capron gagna le siège au second tour avec 57,3 % des suffrages exprimés. Cette indiscipline provoqua son exclusion du Parti socialiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73553, notice BRENOT Lucien, Joseph par Claude Pennetier, version mise en ligne le 26 août 2009, dernière modification le 26 octobre 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Paris, DM3 et Versement 10451/76/1. — Louis Comby, Alfortville commune de banlieue, thèse de IIIe cycle, 1966, inédite. — Le Conseil municipal : Nos édiles, 1926, p. 273-274.

ICONOGRAPHIE : Le conseil municipal : Nos édiles, op. cit.

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