KOCHMAN Henri

Par Annie Pennetier

Né le 8 mars 1941 à Lyon (Rhône) ; employé à l’EDF puis coupeur de cuir, comédien, directeur du théâtre de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) de 1978 à 1982 puis du Théâtre de Villejuif (Val-de-Marne) de 1984 à 2001 ; militant communiste, syndicaliste CGT de l’EDF puis co-fondateur du syndicat national des directeurs de théâtres publics ; conseiller municipal de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) de 1974 à 1989 puis de Villejuif de 1989 à 2001.

Henri Kochman lors d’une lecture
Henri Kochman lors d’une lecture
Cliché fourni par Henri Kochman

Henri Kochman, fils de Rafal et Regla Kochman, naquit à Lyon où ses parents, juifs polonais s’étaient réfugiés. Il fréquentait avec sa sœur l’école communale de la rue de la Prairie à Paris XXe arr., non loin de l’atelier familial de confection pour dames de la rue d’Avron. La culture juive ashkénaze était très présente à la maison : langue yiddish, nourriture. Son père, « anti-rabbin » était engagé dans un mouvement juif proche du Parti communiste. Henri entra à l’âge de quatorze ans à l’Hachomer hatzaïr, organisation scoute se réclamant du socialisme et du sionisme. Après des études dans une école commerciale, il devint coursier à l’âge de quinze ans puis, l’année suivante, il partit vivre six mois dans un kibboutz. À son retour, il entra à l’EDF comme employé au service des archives.

En 1958, il se syndiqua à la CGT et adhéra au Parti communiste. Jeune marié, il fut mobilisé en janvier 1961, d’abord en métropole puis en Algérie où il participa au mouvement d’opposition aux putchistes en cessant les activités du service mécanographique où il était affecté. De retour en décembre 1962, il travailla comme coupeur de cuir dans l’atelier de confection de son beau-père, jusqu’en 1967, date de son divorce, puis cinq ans encore dans d’autres ateliers ; il suivait le Cours Simon le soir car il avait décidé de devenir comédien. Il fut embauché par le directeur du Théâtre de Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne), Dominique Serrault, en 1967, où il joua dans Poèmes pédagogiques de Makarenko. En mai-juin 1968, les comédiens réalisèrent des montages poétiques donnés dans les usines en grève autour de Choisy. En 1969, le directeur du Théâtre Romain-Rolland de Villejuif, Raymond Gerbal, le recruta ; Henri Kochman joua en outre dans Boulevard Durand (voir Jules Durand*, docker du Havre condamné à la peine de mort en 1910 pour participation à une grève, innocenté en 1918) d’Armand Salacrou*, Les précieuses ridicules de Molière, L’exception et la règle de Brecht dans les ateliers de l’usine Renault en grève. En 1972, il créa la section syndicale CGT du Théâtre Romain-Rolland qui comptait dix salariés ; en 1973, il devint membre de la commission exécutive de la Fédération CGT du Spectacle. L’année suivante, en avril, dans la perspective des élections présidentielles, il reprit sa carte du Parti communiste qu’il n’avait pas sollicitée depuis son retour d’Algérie. Il suivit le cursus des écoles du parti communiste, école élémentaire en juin 1974, école fédérale en juin 1976 et école centrale d’un mois en octobre 1977 et fut sélectionné pour une école centrale de quatre mois qu’il ne suivit pas.

Élu en mars 1977, il occupa la fonction de conseiller municipal de Vitry-sur-Seine, le maire étant Marcel Rosette puis Paul Mercieca, jusqu’en 1989 date à laquelle il fut élu conseiller municipal de Villejuif, sous la mandature de Pierre-Yves Cosnier, jusqu’en 2001.

Devenu directeur du Théâtre de Villeneuve-Saint-Georges en 1978, il fut un des fondateurs du syndicat national des directeurs des théâtres publics, la CGT refusant les directeurs de théâtre en raison de leur qualité d’employeur. De 1982 à 1984, il fut directeur de « Formation et démocratie », chargé de la formation des directeurs de théâtre et des personnels de la culture. Henri Kochman succéda à Raymond Gerbal à la direction du Théâtre Romain-Rolland en 1984, après un intermède assuré pendant un an par Marcel Tavé, avec le projet d’accueillir en résidence une troupe alors que le théâtre de Villeneuve n’en possédait pas. La troupe de La Jacquerie, dirigée par Alain Mollot, s’installa en 1985 et développa des ateliers de pratiques théâtrales, multiplia les interventions auprès de la jeunesse scolarisée, présenta des extraits de ses créations dans les appartements fidélisant ainsi un vaste public varié. En 1989, lors du bicentenaire de la Révolution française, Alain Mollot mit en scène une pièce de Romain Rolland Robespierre - composée de trente comédiens - qui n’avait jamais été jouée. Un autre moment fort fut la venue de Nelson Mandela en 1994, prononçant son discours devant neuf cents personnes pleurant d’émotion. Un travail préparatoire avait été effectué avec les enfants de Soweto. En juin 2001, Henri Kochman prit sa retraite et redevint comédien pour sa soirée d’adieux : il joua Improbable rencontre, deux autobiographies croisées, la sienne et celle de Yola Buszko, comédienne de la Jacquerie qui avait fui le régime communiste polonais, mis en scène par Alain Mollot. Une aventure commençait - cette pièce fut jouée deux cent cinquante fois - elle s’arrêta en mai 2008.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73475, notice KOCHMAN Henri par Annie Pennetier, version mise en ligne le 23 août 2009, dernière modification le 11 septembre 2013.

Par Annie Pennetier

Henri Kochman lors d’une lecture
Henri Kochman lors d’une lecture
Cliché fourni par Henri Kochman
Henri Kochman et Yola Buszko jouant <em>Improbable rencontre</em>
Henri Kochman et Yola Buszko jouant Improbable rencontre
Cliché fourni par H. Kochman

SOURCES : Arch. Com. Villejuif. — Arch. comité national du PCF. — Entretien avec Henri Kochman, 2009.

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