GIRAUD Paul, Marius, Baptistin. Pseudonyme : Thomas

Par Antoine Olivesi

Né le 18 juin 1909 à Toulon (Var) mort le 19 février 2002 à Soves (Hautes-Pyrénées) ; instituteur ; syndicaliste SMEL puis SNI et militant communiste des Bouches-du-Rhône.

Paul Giraud était le fils d’un brigadier des douanes. Il enseigna comme instituteur à Marseille et dès 1929, appartint au syndicat des membres de l’enseignement laïque (SMEL) et était délégué aux Pupilles de la Nation. Puis il milita au sein du SNI (tendance École Émancipée), des groupes de la Libre Pensée, des AIL et de la Franc-maçonnerie. « Mes dispositions d’esprit étaient les suivantes ; mépris pour tous les partis politiques, sympathie pour les idées anarchistes, et en particulier pour la non-violence. J’estimais alors qu’il y avait beaucoup de courage dans l’objection de conscience... Avec Félicien Challaye*, un philosophe français, j’estimais que l’occupation était préférable à la guerre. » Cette citation, extraite de Libération de Marseille, p. 159, et écrite par Paul Giraud en 1948, recoupe ses déclarations ultérieures faites en réponse à une enquête sur le Front populaire à Marseille : « Partisan du Front populaire (il vota pour les candidats SFIO) j’étais aussi militant pacifiste, secrétaire de la LICP (Ligue internationale des combattants de la Paix) pour les Bouches-du-Rhône... Je suivais des hommes comme Bertrand Russel, Victor Méric*, René Gérin*, Léon Émery*, Gaston Bergery, Jacques Duboin*, Sébastien Faure*... À ce moment, je trouvais explicable pour ne pas dire excusable, le comportement d’un Hitler et pensais que l’Allemagne ne tournerait pas ses armes contre la France. On n’est jamais pacifiste ou belliciste à 100 % : je déplorais la faiblesse de Blum qui par sa non intervention, a facilité l’étranglement de la République espagnole. »

En 1939, Paul Giraud était classé parmi les militants communistes mobilisés au mois de décembre ; il servit dans les chasseurs alpins sur le front Italien. « La débâcle provoqua en moi une révision de beaucoup de notions et graduellement, j’en vins rapidement à penser que l’ennemi numéro 1 était l’occupant et que mon antimilitarisme de toujours se conciliait miraculeusement avec la lutte contre l’armée allemande. » C’est pourquoi Paul Giraud rejoignit beaucoup de ses collègues de l’École émancipée dans le réseau « Combat ». Il fut arrêté par la Gestapo le 7 avril 1943, à la suite d’une dénonciation et interné à la prison Saint-Pierre à Marseille. Libéré le 28 juin, il reprit ses activités clandestines dans les MUR avec le commandant Richemont, dans la cadre des ROP (Recrutement, organisation, propagande) et des NAP (noyautage des administrations publiques). Il était le chef du 7e arrondissement ROP de Marseille.

Directeur d’école publique à Marseille après la guerre, Paul Giraud devint le correspondant du comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale pour les Bouches-du-Rhône et collabora étroitement avec Henri Michel dans le rassemblement et la mise en œuvre des documents de cette époque.

Il se maria à Marseille le 28 juillet 1962 avec Marie-Fernande Capaldi.

Retraité, il séjournait dans les Pyrénées.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73277, notice GIRAUD Paul, Marius, Baptistin. Pseudonyme : Thomas par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 13 août 2009, dernière modification le 26 juin 2010.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/11246, rapport du 14 décembre 1939. — Arch. Communales de Marseille, listes électorales de 1937, 1939, 1947. — L’Émancipation, octobre 1929. — Témoignages de militants publiés dans Pierre Guiral, Libération de Marseille... op. cit., pp. 159 à 162, et dans Le Front populaire à Marseille d’après un sondage d’opinion, article de Antoine Olivesi, Provence historique, janvier-mars et juillet-septembre 1967. — B. Bouisson, L’anticléricalisme à Marseille, op. cit..— Etat civil.

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