GIRARD Francisque

Par Louis Bonnel, Claude Pennetier

Né le 13 août 1887 à Lyon (IIIe arr.), mort le 1er mai 1955 à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine) ; artisan cordonnier ; militant socialiste ; franc-maçon ; maire adjoint de Colombes.

Aîné d’une famille de cinq enfants dont le père était ouvrier à la Compagnie du Gaz de Clichy et la mère couturière, Francisque Girard dut renoncer à poursuivre des études au-delà du certificat d’études. Il travailla dans diverses fabriques d’articles en caoutchouc où il occupa le plus souvent des emplois à responsabilité, sans se désintéresser pour autant de la condition ouvrière. La section socialiste de Clichy avait reçu son adhésion avant la Première Guerre mondiale.

Démobilisé en 1919, Francisque Girard décida l’année suivante de s’installer artisan cordonnier à Colombes et milita à la section socialiste dont il fut entre les deux guerres mondiales l’un des principaux dirigeants. En cette qualité, sa participation aux congrès de la Fédération de la Seine fut fréquente.

Le Parti socialiste le présenta aux élections du conseil général, en juin 1929, dans la 1re circonscription de Colombes. Il recueillit 438 voix sur 11 601 inscrits. Candidat socialiste aux élections municipales du 5 mai 1935, il fut élu le 12 mai, au second tour, en onzième position (sur 34) d’une liste dirigée par le communiste Élie Bruneau* et comprenant des représentants du Parti communiste, du Parti socialiste, du Parti radical valoisien, du Parti radical Camille Pelletan et de Jeune République.

L’assemblée municipale le désigna comme cinquième adjoint. Ne pouvant mener à la fois son activité d’artisan et ses fonctions municipales, il fut engagé en juillet 1935 à la mairie de Nanterre comme employé aux écritures puis à celle de Colombes en janvier 1939.

L’entente ne dura pas entre élus socialistes et communistes qui s’affrontèrent violemment au conseil et dans leur presse respective, Le maire communiste annonça en plein conseil, le 11 mars 1938, sa démission du Parti communiste et confirma les accusations des socialistes sur des problèmes de gestion. L’assemblée municipale, dont une légère majorité restait favorable au Parti communiste, fut suspendue par la préfecture à l’automne 1939.

Le préfet désigna le 4 octobre 1939 une délégation spéciale de trois membres – dont Girard – présidée par le socialiste Émile Boyer*. En juin 1941, Girard fut maire adjoint du conseil désigné par le gouvernement de Vichy. Il fut confirmé comme simple conseiller le 20 février 1942 puis évincé le 25 février 1943. Les rapports préfectoraux le disaient alors « chef de fabrication ».Un témoin signalait qu’il avait utilisé ses fonction pour intervenir en faveur d’un ancien communiste inquiété.

Quelque temps après, il obtint un emploi dans une teinturerie industrielle à Courbevoie puis à la Société Thomson d’Asnières.

Francisque Girard s’était marié le 25 mai 1907 à Clichy (il était alors « émailleur ») avec Henriette Lair, brocheuse. Il vécut ensuite avec Marguerite Brignon.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73249, notice GIRARD Francisque par Louis Bonnel, Claude Pennetier, version mise en ligne le 12 août 2009, dernière modification le 31 mars 2017.

Par Louis Bonnel, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/75/1, versement 10441/64/2 n° 31 et n° 37 ; listes électorales et nominatives. — Presse locale. — Souvenirs et document fournis par sa compagne à Louis Bonnel. — État civil de Lyon, Clichy et Colombes. — Renseignements recueillis par Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule.

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