GIPOLO Henri

Par André Balent

Né le 8 mai 1912 à Prades (Pyrénées-Orientales) ; mort le 22 avril 1990 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; employé des PTT ; militant syndicaliste ; militant socialiste SFIO puis communiste ; Résistant des Pyrénées-Orientales et de l’Ariège ; conseiller municipal de Prades (1944-1947), maire de Prades (1977-1983).

Les parents d’Henri Gipolo étaient issus de milieux modestes. Son père, Martin Gipolo, âgé de vingt ans en 1912, était alors journalier. Il travailla aux établissements Chefdebien dont le siège était à Perpignan (Pyrénées-Orientales) mais qui possédaient à Prades une usine de fabrique de poudre de talc ; militant syndicaliste, il fut mobilisé en 1914 et tué à Verdun en 1916. Henri Gipolo fut « adopté par la Nation », par un jugement du tribunal de première instance de Prades (19 septembre 1918). La mère d’Henri Gipolo, Eugénie Tarrène, était âgée de 22 ans en 1912.

Adolescent, le jeune Gipolo adhéra, au sortir de l’École supérieure de Prades, à la « Jeune garde », groupe local des Jeunesses socialistes SFIO de Prades. Il fut également un militant du groupe « unitaire » pradéen « L’Avant-Garde » (voir Boix Michel, Rous Jean, Rous Joseph). Le service militaire, puis son départ pour la région parisienne où il se rendit pour travailler au central téléphonique des PTT à Montrouge (1933), interrompirent son militantisme au sein de la SFIO. En 1935, il quitta Paris pour la Vendée où il s’occupa des installations téléphoniques. Il se maria à la Roche-sur-Yon (Vendée) le 12 octobre 1935 avec Germaine, Marie-Madeleine Baussand. Il quitta peu après la Vendée pour l’Ariège. En 1938 il obtint sa mutation pour Prades, sa ville natale et il adhéra à nouveau à la section de Prades de la SFIO. En entrant aux PTT, Henri Gipolo avait adhéré à la CGT.

Lors qu’éclata la Seconde Guerre mondiale, Henri Gipolo fut mobilisé au 24e Régiment de Tirailleurs sénégalais dont la garnison, en temps de paix, était à Perpignan. Il participa aux combats de mai-juin 1940 avec le grade de sergent-chef et fut fait prisonnier à Laneville-Roy (Oise).

Détenu à Osnabrück, il fit une tentative d’évasion en 1941 qui se solda par un échec. Sa seconde évasion, en 1943, réussit : le 1er avril 1943 il était à Paris d’où il réussit à gagner Perpignan. Dans cette ville, il prit contact avec le directeur départemental des PTT qui lui fit comprendre qu’il était indésirable. Il se rendit alors dans le département voisin de l’Ariège où il avait déjà travaillé avant la guerre. Il fut réintégré dans l’administration des PTT à Foix.

Dès son retour de captivité, Henri Gipolo, décidé à entrer dans la Résistance prit contact avec les FTP. Ayant intégré cette organisation d’abord à Prades puis à Foix, où il participa aux activités d’un de ses groupes. Pendant l’été 1944, il participa à la libération de Foix. Grâce à une conversation téléphonique avec les Allemands, il permit notamment la prise par la Résistance du lycée de cette ville. Il revint peu après à Prades où il prit le commandement d’un groupe de FTPF.

À la Libération, Henri Gipolo adhéra formellement au PCF dont il avait épousé les points de vue pendant son activité clandestine dans les rangs des FTP. Le 6 novembre 1944, il fut nommé membre du conseil municipal provisoire de Prades où siégeait également Jean Font : le maire désigné à cette date, Pierre Palau, était, comme Henri Gipolo, un militant qui s’était révélé pendant la clandestinité. Henri Gipolo fut élu conseiller municipal de Prades le 19 mai 1945 : à l’occasion de ce scrutin, la liste conduite par Pierre Palau triompha aisément de la droite. En octobre 1947, par contre, la gauche pradéenne fut battue aux élections municipales. Henri Gipolo fut candidat à tous les scrutins municipaux, soit dans le cadre de listes communistes homogènes, soit dans celui de listes d’union de la gauche. En mars 1977, il était prévu dans le cadre des accords locaux entre le Parti socialiste et le PCF que le maire de Prades, en cas de succès de la liste d’« Union de la gauche » aux élections municipales, serait communiste. Henri Gipolo était candidat, mais le maire « pressenti » qui conduisait la liste d’union de la gauche était un cheminot communiste, Roland Monells. À l’issue des deux tours de scrutin, la droite emportait 11 sièges et l’union de la gauche, 12, dont 10 revenaient au Parti socialiste et deux seulement au PCF. Henri Gipolo était l’un des deux élus communistes (Roland Monells avait été battu). En dépit d’un rapport de forces défavorable à son parti, le Parti socialiste appliqua à la lettre les accords préélectoraux. Le maire serait donc communiste. Le choix de la « gauche unie » se porta sur Henri Gipolo qui fut élu maire de Prades le 27 mars 1977. En dépit de la rupture ultérieure de l’union de la gauche et de la polémique entre le PCF et le PS qui se prolongea jusqu’en mai 1981, l’accord municipal entre les deux partis fut respecté et la municipalité de Prades conserva toute sa cohésion. Henri Gipolo ne sollicita pas en mars 1983, le renouvellement de son mandat.

À partir de 1944, Henri Gipolo poursuivit jusqu’en 1957, date de son départ à la retraite, sa carrière professionnelle à Prades. Il la termina dans le service des installations téléphoniques avec le grade de chef de section.

Entre 1944 et 1982, Henri Gipolo exerça diverses fonctions de responsabilité au sein du PCF. Il fut secrétaire à l’organisation de la section de Prades et trésorier de cette section. Il suivit les cours de l’école fédérale du Parti communiste à Perpignan.

À partir de 1945 (ou 1946 ?) et jusqu’en 1957, il fut secrétaire du syndicat CGT des PTT de Prades.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73243, notice GIPOLO Henri par André Balent, version mise en ligne le 12 août 2009, dernière modification le 12 mars 2015.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Com. de Prades (registre des délibérations du conseil municipal ; état civil). — Presse locale (notamment, L’Indépendant et Le Travailleur Catalan, publiés à Perpignan pour la période 1977-1983). — Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b : de la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 478, 523, 841. — Entretien avec Henri Gipolo (23 août 1982).

ICONOGRAPHIE : Ramon Gual, Jean Larrieu, op. cit., p. 478 (avec d’anciens élèves de l’EPS de Perpignan), p. 841 (festivités après la Libération de Prades).