HERSSENS Samuel, dit Sam. Pseudonymes : LEGRAND Samuel, FORTIN.

Par José Gotovitch

Né le 8 mars 1905 à Bruxelles, mort le 2 juillet 1972 à Souvret (Hainaut) ; ouvrier typographe ; élève de l’École léniniste internationale (1929-1931) ; pratiquant de la section organisation de l’IC (1931-1932) ; dirigeant fédéral, membre du bureau politique du Parti communiste belge, député.

Fils naturel d’une ouvrière fourreuse et d’un père employé de commerce ; orphelin à treize ans, Sam Herssens termina le 4e degré, puis fut apprenti typographe. Sous l’influence de Georges Van den Boom, il adhéra à la JC en 1925 au cours d’une grève des typographes. Il milita au Syndicat des typographes (socialiste). En 1926, il rejoignit le PC comme secrétaire de rayon. Au moment de la scission trotskyste, Herssens choisit le camp de Jacquemotte*, parce que les « scissionnistes étaient contre l’IC ». Il ne comprit que plus tard, à Moscou, la « véritable nature du trotskysme ». Il entra au comité fédéral en 1928 pour y diriger le travail syndical. Dans ses biographies, il fit état de ses faiblesses théoriques.

De janvier 1929 à mai 1931, il participa à l’ELI sous le nom de Samuel Legrand. À l’école, membre du VKP (b) depuis mars 1929, il fut au sein de la cellule du Parti, secrétaire du groupe franco-belge, puis du groupe belge, enfin membre du bureau. La direction de l’école souligna qu’il luttait correctement contre les déviations et défendait la ligne juste. Il suivit également, lui qui avait été réformé de l’armée belge, un mois de préparation militaire. Herssens anima ensuite divers groupes de travail de l’école. En décembre 1931, il fut désigné comme « pratiquant » à la section d’organisation du CEIC (Secrétariat romain, avec Gerö et Willems) où il remplit différentes tâches, notamment la liaison avec des délégations étrangères en URSS mais aussi des fonctions au sein du Comité international du Livre auprès du Profintern. Il y demeura jusqu’en octobre 1932. Il se lia à Lucienne Lesaint, une ouvrière métallurgiste française rencontrée à l’ELI. Elle le suivit en Belgique, ils eurent un enfant en 1933 et se marièrent en 1934. Elle fut alors militante du PCB.

À nouveau membre du comité fédéral de Bruxelles, il fut rédacteur avec Jacquemotte de l’hebdomadaire du Parti, Le Drapeau Rouge. Après la conférence nationale de Charleroi (1935), il devint directeur de l’École centrale et membre du conseil d’administration de l’Université Ouvrière de Bruxelles. En 1936, il fut élu à la fois conseiller provincial et député suppléant. Il siégea au Parlement d’avril 1937 à 1939 en remplacement de Jean Berlemont, décédé. En 1937, il fut condamné à 10 mois de prison pour avoir organisé le sabotage d’un meeting de Degrelle en fabriquant des faux billets d’entrée. Militant « efficace et jouissant d’une grande autorité » selon les dires du secrétaire général, Xavier Relecom devant la commission des cadres de l’IC en 1937, il ne fut élu au comité central qu’en 1939, l’IC s’étant opposé à sa promotion avant cette date pour des raisons peu explicites.

Le 10 mai 1940, il fut arrêté et déporté au Vernet. Revenu en août, il fit partie du triangle de direction fédéral bruxellois. Après le 22 juin 1941, illégal, Herssens dirigea la Fédération de Charleroi, reprenant le pseudonyme « Legrand ». En juillet 1942, il devint secrétaire politique de la fédération liégeoise sous le pseudonyme de « Fortin ». Il fut arrêté le 23 juillet 1943 à Huy, fédération qu’il dirigeait depuis un mois. Déporté à Buchenwald, il rentra en avril 1945 et dirigea à nouveau l’École centrale (1945-1947) à Rixensart avec Léona Motquin qu’il épousa en 1951. Réélu au CC jusqu’en 1954, membre du bureau politique de 1946 à 1954, député de 1945 à 1951, il fut secrétaire de la Fédération du Brabant jusqu’en août 1951. Il fut ensuite rédacteur au Drapeau Rouge jusqu’en 1964.

À cette date il quitta le PCB avec Jacques Grippa et suivit, sans y occuper de fonctions, le parti d’inspiration maoïste créé par ce dernier. Militant ouvrier, formé par et dans le Parti, devenu responsable de l’éducation, exemple type de l’intellectuel organique, Sam Herssens rompit cependant avec ce qui fut sa vie quotidienne pendant près de trente-cinq ans, vraisemblablement en raison de ce qui lui parut constituer la fidélité aux engagements révolutionnaires de son adhésion.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73239, notice HERSSENS Samuel, dit Sam. Pseudonymes : LEGRAND Samuel, FORTIN. par José Gotovitch, version mise en ligne le 12 août 2009, dernière modification le 8 août 2010.

Par José Gotovitch

SOURCES : RGASPI 495 193 17, 495 10a 153. — Entretiens avec l’auteur, mars-avril 1972. — Notice biographique dans J. Gotovitch, Du Rouge au Tricolore. Les Communistes belges de 1939 à 1944, Bruxelles, Labor, 1992, p. 510-512.

Version imprimable Signaler un complément