SIDOBRE Marius, Armand

Par Claude Pennetier

Né le 14 octobre 1882 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 27 avril 1964 à Paris (XIIe arr.) ; ouvrier mécanicien ; militant communiste ; maire d’Arcueil (Seine, Val-de-Marne) de 1935 à 1939 puis de 1944 à 1964.

Marius Sidobre
Marius Sidobre
Arch. Mun. Arcueil, non coté, photographie Studio Chevojon, s.d. Tous droits réservés.

Fils d’un employé d’octroi et d’une lingère, Marius Sidobre après avoir été télégraphiste aux PTT puis apprenti serrurier, vint habiter Arcueil-Cachan en 1905. l’Humanité le qualifia au moment de son décès d’ » ajusteur-outilleur hautement qualifié ». Membre du syndicat CGT des Métaux depuis cette date, il adhéra au Parti socialiste en 1908.
Après la Première Guerre mondiale pendant laquelle il avait été mobilisé (dans les années cinquante, il fera figurer dans ses professions de foi la mention ancien combattant 1914-1918), fondateur de la section ARAC d’Arcueil, il se présenta aux élections municipales dans la section d’Arcueil et fut élu le 7 décembre 1919. La municipalité d’Arcueil-Cachan comprenait alors une majorité formée par les édiles d’Arcueil (huit socialistes unifiés et huit socialistes indépendants) et une minorité de onze radicaux élus à Cachan. Louis Veyssière*, maire socialiste indépendant et ses adjoints socialistes furent blâmés par le conseil pour avoir donné sans autorisation une aide aux familles des grévistes de mai 1920. Treize élus dont Marius Sidobre démissionnèrent et la liste socialiste gagna tous les sièges vacants lors des élections complémentaires des 3 et 10 octobre 1920. André Roure* , partisan de la IIIe Internationale, fut désigné à la première magistrature municipale.

Marius Sidobre adhéra au Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920) et siégea à la commission exécutive de la Fédération de la Seine en 1921. Cependant, contrairement à un passage de sa notice nécrologique publiée par Le Travailleur, il ne participa pas au congrès de Tours. Lorsque la commune d’Arcueil-Cachan se scinda en deux communes, il brigua à nouveau un mandat, le 18 février 1923, sur la liste du BOP conduite par André Roure. Battu, Sidobre devint alors le principal dirigeant communiste local. Sa liste devança celle des socialistes lors des élections municipales de mai 1925 mais fut battue au second tour. Il renforça ses positions aux élections des 5 et 12 mai 1929.

Secrétaire du rayon communiste, Marius Sidobre retrouva un siège au conseil municipal avec Paul Rivière*, à l’occasion des élections partielles des 12 et 19 juin 1932. Cette victoire préfigurait celle de l’ensemble de la liste communiste les 5 et 12 mai 1935. Sidobre devint maire, secondé par Jean Ambrogelly*, Paul Rivière, Paul Poensin* et René Marolle*. Sa commune abrita, à partir de 1936, la deuxième école du Parti communiste (complétant celle de Bobigny).
La municipalité fut dissoute en octobre 1939 et Marius Sidobre, qui avait refusé de désavouer le Pacte germano-soviétique, fut déchu de son mandat le 9 février 1940. Placé en séjour surveillé le 2 juin 1940, interné administrativement en zone libre, il fut déporté en Afrique du Nord. Dans son carnet de note des réunions du Komintern à Moscou, André Marty notait favorablement le 25 mai 1940 : « Sidobre, maire d’Arcueil, vieux révolutionnaire » (Arch. comité national, dossiers Marty).

Rentré d’Algérie le 25 octobre 1944, il présida la délégation spéciale d’Arcueil qui compta sept conseillers parmi les vingt-sept élus en mai 1935. Ce fut avec une équipe presque entièrement renouvelée que Sidobre fut réélu maire communiste les 12 mai 1945, 3 novembre 1947, 3 mai 1953 et le 25 mars 1959. En 1951, il avait été suspendu pour trois mois, pour soutien à une « manifestation de caractère politique ». Il mourut en cours de mandat à quatre-vingt un ans, en 1964.

Le Parti communiste désigna pour lui succéder Marcel Trigon qui avait été pendant deux ans le secrétaire de Marius Sidobre. Il laissa, dans un livre de souvenirs, un portrait chaleureux de son prédécesseur : « Marius Sidobre était un homme d’une grande bonté et d’une grande rigueur. C’était un homme attachant. Il engueulait souvent ses visiteurs, mais son âge, sa chaleur et l’accent rocailleux de Toulouse aidant, ses interlocuteurs — du moins la majorité d’entre eux — ressortaient satisfaits de son bureau, comme si l’autorité de leur grand-père les avait réconfortés. La même rigueur lui faisait refuser sèchement tout cadeau, fut-il le plus modeste. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73174, notice SIDOBRE Marius, Armand par Claude Pennetier, version mise en ligne le 7 août 2009, dernière modification le 3 décembre 2009.

Par Claude Pennetier

Marius Sidobre
Marius Sidobre
Arch. Mun. Arcueil, non coté, photographie Studio Chevojon, s.d. Tous droits réservés.

SOURCES : Arch. Dép. Paris, DM3 ; vers. 10451/76/1. — Arch. Com. Arcueil. — Arch. PPo. 101. — L’Humanité, 29 janvier 1921. — Le Monde, 30 avril 1964. — Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez, 2e trim. 1974. — Le Monde, 30 avril 1964. — Le Travailleur, 8 1964. — L’Humanité, 29 avril 1964. — Michel Winock, « Arcueil la rouge », L’Histoire, n° 195, janvier 1996. — Marcel Trigon, Retour aux sources. Lettre à mon fils, Le Temps des Cerises, 1994, p. 74-75.

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