PÉRIÉ Pierre, Marie, Louis

Par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

Né le 13 juin 1891 à Cahors (Lot), mort le 9 janvier 1983 à Cahors ; pharmacien ; militant communiste ; maire de Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) de 1925 à 1929.

Fils d’un négociant, Pierre Périé milita d’abord aux Étudiants socialistes révolutionnaires (ESR) puis rejoignit les rangs du Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920). Établi comme pharmacien à Vitry-sur-Seine, il conduisit dans le quartier du Port-à-l’Anglais (2e section) la liste du Bloc ouvrier et paysan (BOP) aux élections municipales du 3 mai 1925. Entre les deux tours, socialistes et communistes formèrent une liste d’union ouvrière qui enleva le 10 mai suivant la municipalité. Quelques jours plus tard, l’assemblée municipale choisissait Pierre Périé comme maire.

En mai 1929, il fut à la tête d’une liste composée cette fois entièrement de candidats communistes, et retrouva ses fonctions de maire à l’issue du scrutin. Mais, malade, il dut les abandonner quelques mois plus tard à Charles Rigaud. D’après le témoignage de Robert Saunier, un des adjoints de Pierre Périé en 1929, le premier maire communiste de la commune aurait eu pour défaut de ne pas être un prolétaire et de ne pas appliquer les directives du parti comme la direction du sous-rayon aurait aimé qu’il le fît : « Nous, dans le sous-rayon, nous avions une conception différente de la gestion municipale. Il y avait donc lutte entre sa tendance et notre tendance anti-municipale. Quand est venue sur le tapis la question de la loi Paul-Boncour (loi organisant la préparation et le service militaire en 1928), on a décidé de fixer sur le bâtiment même de la mairie une pancarte invitant les prolétaires à protester par des listes... Périé était en hostilité sur ce point. Il disait : “Je comprends votre tactique mais ne le faites pas sur la mairie, faites-le à côté parce que le préfet va être obligé d’intervenir et vous allez perdre la mairie.” Mais nous, nous disions : “Si nous avons une mairie, c’est pour nous en servir ; naturellement on se heurte au préfet mais ça c’est toute notre ligne de nous heurter à l’ordre établi.” »

Pierre Périé ne se représenta pas aux élections de mai 1935. Il fut sollicité par le président de la délégation spéciale, mise en place par le gouvernement de Vichy, pour sa compétence municipale mais déclina cette offre.

Il resta militant communiste jusqu’à sa mort survenue en 1983 à Cahors.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73173, notice PÉRIÉ Pierre, Marie, Louis par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 7 août 2009, dernière modification le 23 octobre 2009.

Par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

SOURCES : Arch. Paris, DM3 , vers. 10451/76/1 et 10441/64/2. — Les Révoltes logiques, n° 5, 1977.

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