HERVÉ Gaston, dit LELIÈVRE

Par Louis Botella, Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 16 juin 1906 à Tours (Indre-et-Loire), mort le 17 septembre 1969 à Tours ; dessinateur industriel ; militant de la Fédération des techniciens CGT puis de FO.

Gaston Hervé, dit Lelièvre (du nom de jeune fille de sa mère, fit son apprentissage de dessinateur industriel à Tours avant d’effectuer son service militaire à la base d’Avord (Cher) comme mécanicien d’avions. Il semble qu’il adhéra à l’USTICA (Union syndicale des techniciens de l’industrie, du commerce et de l’agriculture) dès son retour à la vie professionnelle, avant de rejoindre la Fédération des techniciens CGT à la fusion syndicale. C’est chez Brandt à Châtillon-sous-Bagneux (Seine) qu’il vécut les occupations de juin 1936. On lui avait confié la responsabilité de la GILDE de Montrouge (syndicat des techniciens agents de maîtrise, employés et assimilés de la métallurgie de la région parisienne). L’usine Brandt nationalisée à Pâques 1937 devint les Ateliers de construction de Châtillon. Hervé militait alors au Cercle syndicaliste « Lutte de classes ».

Mobilisé le 2 septembre 1939 à la base de Tours-Parcay Meslay, Gaston Hervé fit partie d’une unité militaire affectée à des travaux en usine de guerre, ainsi en octobre à la SNCAO de Bougenais (Loire-Inférieure). L’armée le détacha, comme affecté spécial, au Chantier de Bretagne à Nantes, au début de l’année 1940. Là, il prit contact avec le syndicat des techniciens CGT. Revenu à Paris et employé à l’usine de construction d’avions Fieseler, le Bureau confédéral clandestin de la CGT lui demanda, en mars 1944, de reconstituer les syndicats de la Fédération des techniciens.

Mais, prenant prétexte de la « turbulence » de l’ancienne Fédération qualifiée parfois de « gauchiste », et constatant que la politique de la nouvelle FDT n’était pas conforme à la ligne confédérale, le Comité confédéral national d’avril 1945 prononça sa dissolution. Les adhérents devaient se répartir dans les différentes Fédérations et syndicats. Gaston Hervé cessa donc d’être secrétaire permanent de la FDT le 31 mai 1945 et s’occupa de la prospection du journal Résistance ouvrière, bientôt remplacé par Force ouvrière dont il fut gérant du 20 décembre 1945 au 31 mars 1948. Le lendemain, il accéda aux fonctions de secrétaire permanent de la Fédération FO des Métaux comme représentant de la branche des techniciens.

C’est sous le nom de Lelièvre que les activités de Gaston Hervé au sein de la confédération FO furent relatées.

Il prit part, en avril 1948, au congrès constitutif de la confédération FO. Il fut désigné comme membre de la commission des statuts. Il fut également le rapporteur du texte de la minorité au sein de cette commission, minorité qui proposa un texte alternatif sur le préambule, les structures, le titre de l’organisation (refus de l’appellation Force Ouvrière) et l’affiliation de FO à la FSM (Fédération syndicale mondiale).

Le 15 du même mois, il publia, dans l’hebdomadaire confédéral "Force Ouvrière" une tribune libre intitulée "Pour prendre date" dans laquelle il manifesta une certaine déception quant aux résultats des travaux du congrès constitutif.

Le 1er mai 1948, il représenta la confédération lors de la manifestation du Premier mai à Bourges (Cher).

Toujours en mai 1948, il participa à la tentative de regroupement des syndicalistes révolutionnaires (texte publié dans Le Libertaire, 28 mai 1948) et fut signataire du « manifeste d’Angers ». Le manifeste fut signé de Albert Périer (secrétaire des techniciens du Bâtiment FO de Maine-et-Loire) d’Alexandre Hébert (secrétaire de l’UD-FO de Loire-Atlantique), de Jacques Hervé (secrétaire de l’UD-FO d’Indre-et-Loire, appelée Union départementale syndicaliste confédérée et frère de Gaston Lelièvre), de Camille Lacueille (secrétaire de l’UD-FO du Cher), de Raymond Patoux (secrétaire de l’UD-FO du Maine-de-Loire) et de Gabriel Thareau (secrétaire de la CNT du Maine-et-Loire et futur militant de la Fédération FO de la Métallurgie).

À la suite d’un désaccord avec l’orientation préconisée par Léon Chevalme, secrétaire général de la Fédération, les techniciens quittèrent la CGT-Force ouvrière et constituèrent la Fédération des techniciens, ingénieurs cadres et agents de maîtrise (FTICAM) qui resta proche de FO. En 1951-1952, la FTICAM tenta de constituer un « Cartel de l’automobile » regroupant FO, les Indépendants, les Autonomes et elle-même. Gaston Hervé quitta son poste de permanent le 31 août 1953, pour raison de santé. Il entra à l’Institut national de sécurité en février 1958 puis, en décembre de la même année, à la Caisse régionale de Sécurité sociale de Paris, où il fut chargé des problèmes relatifs à l’information et à la formation dans le domaine de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73156, notice HERVÉ Gaston, dit LELIÈVRE par Louis Botella, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 5 août 2009, dernière modification le 24 mai 2011.

Par Louis Botella, Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Documents communiqués par Jacques Hervé, frère de Gaston Hervé. — Lettre de Jacques Hervé, 15 septembre 1981. — Compte rendu du congrès confédéral de Force Ouvrière en avril 1948. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 8, 15 et 22 avril 1948.

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